Le Maroc réagit sur le front du gaz avec une société britannique

Un mois après la décision d’Alger de ne pas reconduire le contrat du gazoduc desservant l’Espagne via le royaume, le Maroc signe un accord de fourniture de gaz.
C’est depuis un gisement qu’elle exploite dans l’est du Maroc qu’une société britannique entend fournir au royaume chérifien une partie du gaz dont il a besoin. Cela s’est concrétisé à la suite d’un accord de fourniture signé ce mardi par Sound Energy avec l’établissement public marocain ONEE (Office national de l’électricité et de l’eau potable). « Est concernée la concession de Tendrara à l’est du Maroc », indique un communiqué de la firme spécialisée dans l’exploration gazière et pétrolière. L’annonce de cet accord survient un mois après la décision d’Alger de mettre fin au contrat du Gazoduc Maghreb Europe (GME) desservant l’Espagne via le Maroc.
*Ce qu’il y a dans l’accord entre Sound Energy et le Maroc
Aux termes du nouveau contrat, Sound Energy, dont le siège est situé au Royaume-Uni, s’engage à produire et à livrer à l’ONEE jusqu’à 350 millions de mètres cubes de gaz naturel liquéfié par an, sur une durée de 10 ans. Le gaz transitera par la partie marocaine du Gazoduc Maghreb Europe, ce qui devrait permettre le redémarrage de ce gazoduc traversant le Maroc et qui livrait le gaz algérien à la péninsule ibérique avant qu’Alger ne mette fin à son contrat, fin octobre, sur fond de rivalités régionales entre les deux voisins du Maghreb.
*Ce qui a été touché dans le statu quo
Depuis 1996, l’Algérie expédiait vers l’Espagne et le Portugal environ 10 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an via le GME. En contrepartie du transit du gazoduc, Rabat recevait annuellement près d’un milliard de mètres cubes de gaz naturel, soit 97 % de ses besoins. En 2020, la redevance pour le transit du gaz algérien avait rapporté au Maroc environ 50 millions de dollars (43,2 millions d’euros), selon un expert marocain. Les livraisons de gaz algérien à l’Espagne se feront désormais exclusivement via le gazoduc sous-marin Medgaz lancé en 2011. Au lendemain du non-renouvellement du contrat du GME par Alger, l’ONEE avait assuré que la décision algérienne « n’aurait dans l’immédiat qu’un impact insignifiant sur la performance du système électrique national ».
*La cause : les tensions autour du Sahara
Les tensions se sont récemment accrues, culminant avec la rupture par Alger de ses relations diplomatiques avec Rabat le 24 août. Leur voisinage est historiquement difficile en raison, notamment, de l’épineux dossier du Sahara occidental. Cette ancienne colonie espagnole, considérée comme un « territoire non autonome » par l’ONU en l’absence d’un règlement définitif, oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario soutenus par l’Algérie.
(Le Point)
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