Cyclisme : les Mondiaux 2025 au Rwanda, une première en Afrique

Tout un symbole pour ceux qui ont décidé de faire du cyclisme le sport national rwandais par excellence, autant qu’une vitrine à l’étranger.
Après la Flandre en 2021, Wollongong en Australie en 2022, Glasgow en 2023, et Zurich en 2024, c’est bien en terre africaine, à Kigali, que devraient se dérouler les championnats du monde de cyclisme sur route. La Fédération rwandaise de cyclisme en a fait l’annonce ce jeudi 23 septembre, avant l’officialisation demain par le congrès de l’Union cycliste internationale (UCI), qui se tient à Louvain en Belgique. Cette décision marque un tournant important qui place d’un coup le Rwanda au cœur de la carte du cyclisme mondial. En tout cas, le président Paul Kagame en rêvait. « Le cyclisme est un sport très important pour notre pays. […] nous serons peut-être le premier pays africain à accueillir cette compétition mondiale », confiait-il au Point en février 2020.
*Le cyclisme, sport national par excellence
Deux candidatures, le Rwanda (Kigali) et le Maroc (Tanger), étaient en lice pour ces premiers championnats du monde de cyclisme organisés en Afrique. Le comité directeur de l’UCI a opté sans surprise pour la candidature de Kigali qui partait grande favorite. Le président de l’UCI, le Français David Lappartient, avait annoncé dès le début de son premier mandat en 2017 sa volonté d’organiser les Mondiaux route, l’événement phare de l’UCI, en Afrique. Tous les autres continents ont déjà accueilli les championnats du monde route.
Mieux, en mai dernier, David Lappartient se rend sur le Tour du Rwanda, créé en 1989 et intégré depuis 2009 à l’UCI Africa Tour, véritable vitrine du cyclisme rwandais, le relief du Rwanda y aidant. Aujourd’hui, il est classé dans la catégorie « 2.1 » de l’Union cycliste internationale, tout comme la Tropicale Amissa Bongo, l’autre tour phare du continent africain.
Globalement, de plus en plus nombreux dans les courses internationales, les cyclistes africains progressent, même si leur percée se fait de façon inégale, avec une Afrique de l’Est qui s’affirme, tandis que la partie ouest reste en queue du peloton.
Mais les Rwandais ne se sont pas entichés de vélo du jour au lendemain ni par hasard. Comme Paul Kagame le racontait, toujours en 2020, à Kigali, le sport en général, et le cyclisme en particulier, a été un important vecteur de réconciliation et de reconstruction pour la nation meurtrie par le génocide des Tutsis en 1994. L’engouement pour ce sport se confirme dans les années 2000, les populations se mobilisent toujours plus à chaque tour, et la fédération s’engage pour traduire en véritable pratique professionnelle, et faire du cyclisme la « spécialité » du pays.
L’impulsion viendra de Jonathan Boyer, premier Américain à avoir couru le Tour de France, en 1981, qui en devenant en 2006 entraîneur de la première équipe rwandaise, la Team Rwanda, a posé la première pierre. Avant le grand tournant des années 2014-2015. Et l’ouverture d’un centre d’entraînement national à Musanze, dans le nord du pays, dont l’objectif est d’améliorer les moyens mis à la disposition des coureurs locaux et faire du Rwanda une étape incontournable du circuit cycliste en Afrique.
(Le Point)
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