La décentralisation en Tunisie dépend de la volonté politique

Dans le cadre de la consultation nationale sur la Décentralisation, une rencontre a eu lieu mercredi 23 juin 2021 entre le ministère des Affaires locales et les représentants de la société civile.
L’attention a été portée essentiellement aux dysfonctionnements financiers et logistiques qui entravent le travail des communes. Mais la problématique centrale débattue était : « Y’a-t-il vraiment de volonté politique pour instaurer la Décentralisation » ?
Ayant contribué à la mise en place du processus décentralisé, les acteurs de la société civile ont pointé du doigt les principaux défis de la décentralisation en Tunisie. Certains ont proposé la fusion entre les petites et les moyennes communes en vue d’assurer la performance de leur travail, d’autres ont évoqué la question de la formation des agents municipaux et la promotion du taux d’encadrement.
Wissem Zarrouk, président de l’association « Bizerte Cleaner » s’est interrogé sur la réaffectation des agents municipaux et le recrutement des travailleurs des chantiers dans les municipalités, et ce après l’adoption d’une loi régularisant ce secteur précaire.
Hayet Hamida, de l’association « Femmes élues » a revendiqué quant à elle la régularisation des problèmes fonciers, pour faciliter les investissements et déterminer les domaines des communes.
Les représentants des associations ont également contesté la lenteur du rythme de la mise en place du processus.
« Y-a-t-il vraiment volonté politique pour instaurer la décentralisation ? » a lancé Youssef Abid, représentant de l’association Al Bawsala. Pour lui, il n’y a pas de vraie prospection par rapport à la poursuite de l’instauration du processus.
Farès Ben Tarzi, de Jasmine Foundation, a revendiqué pour sa part plus de transparence au niveau du travail communal afin de booster davantage la communication au niveau des communes.
Les autres recommandations ont porté essentiellement sur la révision du code des collectivités locales et l’amendement de la loi électorale pour simplifier les modalités d’élection des présidents et présidentes des conseils municipaux et assurer leur stabilité. Le conflit de compétences entre le pouvoir décentralisé et les communes a été fréquemment relevé, notamment à travers les plans d’aménagement urbain. Ils estiment que le décret n°926 qui réglemente la question menace le principe de libre administration.
A rappeler que ce débat s’insère dans le cadre de la consultation nationale sur la décentralisation lancée par le ministère des Affaires locales. Le prochain atelier se tiendra le 2 juillet 2021 avec les représentants des instances nationales.
La plateforme numérique estichara.tn est mise à la disposition des utilisateurs pour donner leurs avis par rapport à la décentralisation et le déroulement des ateliers de la consultation.
(Communiqué)
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