Taboubi: “La légitimité électorale ne peut pas justifier l’injustifiable”

A l’occasion de la célébration de la journée internationale du Travail, l’Union générale tunisienne du travail a rappelé qu’elle ne restera pas les bras croisés devant la crise actuelle sociale et économique dans laquelle se débat le pays.
“Tous les indices démontrent que la Tunisie vit au bord du précipice. Nous devons tous conjuguer les efforts pour la sauver, et c’est là le seul moyen pour s’en sortir, a souligné le secrétaire général Noureddine Taboubi qui a donné lecture de la déclaration de l’UGTT. Nous avons vu que le président de la République reste le premier garant de ce dialogue auquel nous avons appelé malgré certaines parties qui veulent prolonger la crise, et ce au nom de la légitimité électorale. Nous leur rappelons que cette légitimité-là ne peut pas justifier l’injustifiable, soit l’instrumentalisation des organes de l’Etat pour intimider les gens, mater les protestations et faire taire toute expression libre. Le remaniement ministériel et les dernières nominations à des postes sensibles de l’Etat, sans oublier la crise de la naissance de la cour constitutionnelle ont creusé un peu plus la crise. La fermeture de nombreuses petites et moyennes entreprises en raison d’une concurrence déloyale conduit au chômage de pans entiers des travailleurs. La corruption fait florès. Nous avons longtemps appelé à un modèle de développement équitable. Malheureusement, le pouvoir d’achat a été affligé par les réseaux de distribution et de trafic qui font la loi”.
*”Un député est passé maitre dans les attaques gratuites et le dénigrement du chef de l’Etat”
Le SG de l’UGTT a observé qu’il y a aujourd’hui paralysie institutionnelle et un laisser aller sans précédent, ce qui a eu pour conséquence la recrudescence de la violence, du trafic, de l’immigration clandestine et l’anarchie.
“La confiance a pris un sale coup, déplore-t-il. Le discours terroriste a été nourri par la ceinture politique qui domine la scène. Nous voudrions à cet égard dénoncer le nouvel acte terroriste commis par un Tunisien et dont a été victime une maman française innocente. Entre les différentes institutions de l’Etat, il n’y a a plus de dialogue. Le pouvoir est devenu entre les mains de lobbies mafieux de l’argent. Nous dénonçons l’attitude de certains hommes d’affaire qui frappent les droits des travailleurs sur fond de crise latente due aux retombées du coronavirus. Il y a vraiment le feu à la maison. Le gouvernement doit frapper d’une main de fer les trafiquants et ceux qui cherchent à échapper à leurs obligations fiscales. En tout cas, la centrale syndicale reste fidèle à ses engagements nationaux afin de sauvegarder le caractère civil de l’Etat tunisien et défendre les intérêts sociaux des travailleurs et les valeurs de liberté, d’égalité et d’indépendance dont se soucie le peuple”.
Enfin, Taboubi a fermement fustigé “l’attitude d’un député passé maitre dans les attaques gratuites et le dénigrement du chef de l’Etat”, appelant l’assemblée des représentants du peuple à abandonner la politique des deux poids deux mesures selon que l’on appartient à la ceinture politique au pouvoir ou non.
H.A.
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