Sommes-nous pris en otage ?

« Résister, c’est rêver qu’un autre monde est possible et contribuer à le bâtir. »

Ignacio Ramonet

On a tout essayé, on l’a aimé, on l’a adoré, quand on part il nous manque à mourir… mais on n’y peut rien, ils ne veulent plus de nous, ils nous ont simplement laissé tomber.

Notre pays nous a quittés
Nous n’avons jamais quitté notre pays mais aujourd’hui c’est lui qui nous a quittés parce que nous n’avons pas pu supporter la corruption qui le dévore, parce que nous avons toujours voté pour ceux qui, au lieu de faire du pays un lieu à vivre, l’ont transformé en un endroit où il leur devient de plus en plus facile de se remplir les poches tout en  appauvrissant le peuple.
Aujourd’hui c’est mon pays qui nous a quittés parce que nous n’avons pas accepté qu’ils nous imposent leur système.
Aujourd’hui nous vivons une situation de blocage qui prévaut depuis plusieurs mois, mais cette fois-ci tout laisse à penser que ma Tunisie est finie.
Il faut dire que j’ai rêvé ! J’ai rêvé éveillé, debout, assis en marchant, en m’endormant… Mon rêve était palpable, il frôlait le réel, il se matérialisait ! Mais maintenant j’ai bien compris que la Tunisie, mon pays, se meurt pour de bon et ses enfants se retrouvent aujourd’hui pris en otage.
Moi, jamais je ne quitterai ce pays, et d’ailleurs je n’ai pas la force de m’inventer une autre vie, Je mourrai ici même s’ils nous étranglent petit à petit.
Je n’ai jamais vu mon pays aussi mal, rien ne marche et pire, mon pays est complétement paralysé, sans espoir il est abattu et personne n’a l’air de s’en soucier ! Certains espèrent toujours bâtir un pays qui leur ressemble, mais les réformes se font attendre et la pandémie n’arrange rien, ils nous ont bien appris qu’on s’habitue à leur manque de respect.
Mais pour tous ceux qui sont là, même avec des nouveau-nés dans les bras, qu’ils aient la force de construire autre chose que ce qu’ils avaient initialement prévu, pour que leur regard ne porte pas la lumière de la défaite mais quelque chose de vif, d’irrésistible, comme la volonté humaine.
Mes compatriotes, nous avons tous honte, honte de cet Etat qui mène un paradis à la ruine, honte de ses dirigeants, honte au nom de ces femmes, de ces enfants, de ces vieillards, « Les responsables devront absolument tôt ou tard rendre des comptes. »
Mon pays se meurt et ses enfants se retrouvent pris en otage, paralysés par le malheur.
Tous les jours la nuit tombe et le ministère de la Santé publie le nombre de morts par la Covid mais derrière ces chiffres, ce sont des femmes et des hommes avec leur histoire, leur force et leur faiblesse, ce sont nos frères et nos sœurs qui se battent, pour manger, pour être soignés, et la famine les guette.
Ce désastre est le résultat d’une décennie de mauvaise gestion et de la bonne corruption.
On a tout pris au citoyen, ses larmes, ses rires, sa dignité, aujourd’hui tout un peuple est à genoux.
Il faut d’abord qu’il se redresse, qu’il devine la lumière au bout de son obscur quotidien pour empêcher le pire d’arriver, aujourd’hui le pays s’effondre face à la crise économique et politique, la monnaie nationale s’est effondrée, l’inflation explose, et les Tunisiens n’arrivent plus à s’en sortir, plongeant pour la majorité dans la misère, la colère et le désespoir se fait sentir.
Les présidents et le chef du gouvernement continuent de s’accuser mutuellement de la situation, cela fait cinq mois qu’on n’arrive même pas a constituer un  gouvernement.
La dégradation rapide de la situation, couplée à l’absence de tout espoir de solution, poussent ceux qui le peuvent à émigrer malgré que quitter le pays n’a jamais été une décision facile à prendre parce que nous avons tous l’idée en tête d’avoir délaissé notre pays au moment où on aurait dû être là pour le reconstruire.

Tunisie: un État sous forte tension
Pris à la gorge par une crise économique sans précédent, un blocage des institutions, la corruption des élites, l’explosion de la pauvreté, l’éclatement de la crise du coronavirus la Tunisie est sous forte tension.
Je ne sais plus ce qu’il nous reste comme pays mais nous devons réagir et crier notre ras-le-bol de ce diktat des élus et des non-élus et de l’inertie d’une classe dirigeante corrompue trop occupée à compter ses liasses de billets.

*M.K Architecte

 

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