Avis de tempête sur le football tunisien

A l'image de Taha Yassine Khenissi, tout le team sang et or a beaucoup à se faire pardonner

Dans la lignée de ses dernières saisons nettement en retrait, le football tunisien mange son pain noir sur la scène continentale.
Après la sortie surprenante et précoce d’un spécialiste, l’Etoile Sportive du Sahel dès la phase des poules de la coupe de la Confédération dans un groupe nettement taillé sur mesure et largement à la portée, les deux survivants tunisiens sur la scène continentale risquent de quitter à leur tour la Ligue des champions et la coupe de la CAF, ce week-end à la faveur des manches retour.
Dominée par la grinta et la fraicheur physique de Chabab Ryadhi de Belouizdad, l’Espérance Sportive de Tunis est confrontée à une mission fort délicate: réussir à Radès une remontada après la déconvenue (2-0), soit marquer trois buts sans en prendre un seul.
En fait, seule une équipe au top, physiquement et mentalement, peut sauver sa peau et en même temps celle de son entraineur Mouine Chaâbani, fort contesté ces derniers temps.
Le CRB ne possède certainement pas l’expérience et le vécu de la haute compétition qui distingue son adversaire du jour. De surcroit, il a sans doute laissé passer sa chance en ratant le troisième but à la dernière minute du temps additionnel. La balle qui était allée s’écraser sur le poteau gauche de Ben Cherifia pourrait se révéler un clin d’oeil du destin à l’adresse du quadruple vainqueur de la compétition continentale reine. Seulement, tout reste à faire.
A la sortie d’une saison “massacrante” par l’effet de la succession inhumaine des rencontres, et harassante par l’effet du marathon imposé par une programmation prétentieuse de la FTF que même la Premier League aurait reniée, l’équipe sang et or était parue à plat, samedi dernier en terre algérienne. L’agressivité était aux abonnés absents. De plus, comme si son jeu ne dépendait que du rendement du Libyen Hamdou El Houni, le staff technique s’est hâté de l’aligner 90 minutes durant alors que le bonhomme manquait de compétition, et qu’à peine quelques jours plus tôt, l’attaquant de couloir poursuivait sa rééducation à la piscine. D’ailleurs, au match aller, il parut nettement loin de son niveau habituel.
Que dire alors des erreurs de casting, d’une campagne de recrutement qui amena au Parc “B” un attaquant très moyen, Khalid Abdelbassit qui gâcha à Alger lamentablement une occasion immanquable, celle d’un possible (1-1) et qui n’apporta rien depuis son débarquement au Parc Hassène Belkhodja l’hiver dernier, au même titre d’ailleurs que William Togui ou Nassim Ben Khelifa, par exemple.
Quel gâchis !
Bref, Chaâbani joue gros contre Zoran Manojlovic, l’entraineur du CRB qui coûta il y a trois saisons sa place à Khaled Ben Yahia lorsque le technicien serbe de 58 ans conduisait les Angolais de Primeiro Agosto.
On se rappelle que le limogeage de Ben Yahia avait ouvert la porte devant Mouine Chaâbani et sa réussite insolente.

Firas Chawat illustre la mauvaise passe du CSS

*Les Sudistes plombés par la crise
La mission du Club Sportif Sfaxien dimanche 23 mai ne sera pas moins ardue d’autant plus que les Sudistes vont aller se produire sur le sol algérien contre la Jeunesse Sportive de Kabylie.Battus à domicile (1-0), avec un penalty raté par Firas Chawat, les Noir et Blanc veulent certes y croire encore. Mais Hamadi Daou, battu donc pour son premier match depuis son come-back dans son club d’origine, sait que le CSS de cette fin de saison est largement fragilisé par ses carences techniques et mentales, et par les graves problèmes financiers.Ce n’est pas vraiment la joie pour nos représentants africains qui peuvent mesurer à quel point les coupes continentales deviennent difficiles. D’autant plus que la compétition nationale perd de plus en plus son crédit et sa qualité dont certains se gargarisaient jusqu’à peu de temps.

H.A

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