Tebboune: le dossier de la mémoire nationale “ne saurait faire l’objet de renonciation”

Lors d’une interview télévisée, dimanche, le président algérien a notamment déclaré que l’ouverture des archives de la période coloniale était “une partie intégrante de la mémoire nationale”.
Défendre le travail de mémoire, à l’approche du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. La mémoire nationale “ne saurait faire l’objet de renonciation ni de marchandage dans le cadre des relations entre l’Algérie et la France”, a déclaré le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, lors d’une interview télévisée, dimanche 4 avril.
Le dirigeant a également estimé que l’ouverture des archives de la période coloniale (1830-1962) était “une partie intégrante de la mémoire nationale”, précisant que la France devait restituer à l’Algérie celles concernant “la période ottomane” et “les insurrections populaires” durant la colonisation.
Le président français, Emmanuel Macron, a engagé ces derniers mois une série d'”actes symboliques” afin de “réconcilier les mémoires” entre Français et Algériens.
*Des gestes pour la réconciliation mémorielle
En juillet, la France a remis à Alger 24 crânes de combattants algériens tués au début de la colonisation, qui étaient entreposés à Paris. Emmanuel Macron a également reconnu, “au nom de la France”, que l’avocat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel avait été “torturé et assassiné” par l’armée française pendant la bataille d’Alger en 1957. Un assassinat maquillé à l’époque en suicide.
Enfin, le président français a décidé de faciliter l’accès aux archives classifiées de plus de 50 ans, notamment celles sur la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962).
Ces gestes étaient recommandés dans le rapport de l’historien Benjamin Stora sur la réconciliation mémorielle franco-algérienne, remis en janvier à l’Elysée. Ses propositions ont été diversement accueillies, certains lui reprochant de ne pas avoir préconisé des excuses de la France. “C’est un rapport franco-français. Il ne nous a pas été transmis de manière officielle pour que l’on soit dans l’obligation, au moins morale, de répondre sur son contenu”, avait réagi l’historien algérien Abdelmadjid Chikhi, directeur général des Archives nationales, lors d’une interview diffusée fin mars sur la chaîne qatarie Al-Jazeera.
(Franceinfo, avec AFP)
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