Une planète hors du système solaire pourrait avoir des traces de vie

Une étude révèle la découverte d’une exoplanète qui pourrait permettre de progresser dans la quête de traces de vie au-delà de notre système solaire.
Chercher des traces de vie sur Mars, comme le fait actuellement la Nasa, est une chose, mais les scientifiques voient désormais plus loin et se demandent s’il serait possible d’en trouver en dehors de notre système solaire. Une étude, parue dans la prestigieuse revue Science jeudi 4 mars, révèle la découverte d’une nouvelle exoplanète qui semble être une candidate idéale pour y chercher une atmosphère et, in fine, des traces de vie autour d’une autre étoile que notre Soleil.
« Le but, c’est de trouver des marqueurs biologiques, des biosignatures, dans les atmosphères d’exoplanètes, c’est-à-dire des signes de vie sur des planètes habitables similaires à la Terre », explique à l’Agence France Presse José A. Caballero, astronome au Centro de Astrobiologia en Espagne. Il est l’un des coauteurs de l’étude, à laquelle ont contribué des chercheurs de cinq continents.
Alors qu’environ 4 000 exoplanètes ont été découvertes lors des 25 dernières années, certaines ont déjà révélé avoir une atmosphère. Mais celles-ci étaient « de grandes planètes gazeuses ou glacées », explique José A. Caballero. Avec la découverte de cette exoplanète, les chercheurs ont aujourd’hui ouvert la possibilité d’en étudier une « de nature rocheuse comme la Terre », qui pourrait avoir une atmosphère « qui ressemble à la nôtre ». « Nous pensons qu’elle en a probablement une », affirme le scientifique.
*Une distance de 26 années-lumière avec la Terre
Cette exoplanète, prénommée Gliese 486 b, est environ 30 % plus grosse que la Terre, 2,8 fois plus lourde et se trouve dans ce qui est appelé la zone habitable autour d’une étoile. Elle se situe à « seulement » 26 années-lumière, ce qui en fait la troisième plus proche exoplanète connue en transit, c’est-à-dire sur une trajectoire où on la voit passer devant son étoile.
Pour l’identifier, les chercheurs ont utilisé deux techniques différentes : l’observation du changement de la lumière émise par l’étoile lorsque la planète passe devant elle et la vitesse radiale, qui mesure les « oscillations » de l’étoile sous l’influence de la gravité de la planète. Comme Gliese 486 b est très proche de son étoile, elle ne met qu’un peu moins de 1,5 jour à accomplir son orbite autour d’elle. De plus, elle est très brillante et ces deux facteurs ont donc rendu possible l’acquisition de beaucoup de données, pour l’étudier avec tant de précision.
« Nous avons passé en revue 350 étoiles naines rouges en cherchant des signes de petites planètes », souligne auprès de l’Agence France-Presse Trifon Trifonov, chercheur au Max Planck Institute for Astronomy, et auteur principal de l’étude.
*« Une découverte exceptionnelle »
La proximité de cette exoplanète avec son étoile la rend aussi, de ce fait, très chaude, avec une température moyenne estimée à 430 °C. Elle est « parsemée de volcans et de rivières de lave », décrit Trifon Trifonov, qui explique qu’elle n’est donc « pas habitable ». Toutefois, si cette planète « a une atmosphère, alors, toutes les planètes plus éloignées [de l’étoile] avec des caractéristiques similaires auront une atmosphère », et plus de chances d’être habitables, explique José A. Caballero.
« Gliese 486 b est une découverte exceptionnelle, qui va probablement devenir la pierre de Rosette des recherches atmosphériques des exoplanètes rocheuses », résume Trifon Trifonov. Il attend avec impatience le déploiement du très attendu télescope spatial James Webb, qui doit être lancé cette année. Grâce à lui, il serait possible, dans au mieux environ trois ans, de dire si oui ou non cette exoplanète a une atmosphère et de donner sa composition. Puis, peut-être, « dans une ou deux décennies », de détecter des traces de vie sur l’une de ses jumelles, rêve José A. Caballero.
(Le Point)
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