Un peuple fatigué, un peuple dégouté 

 La Tunisie vit les pires moments de son histoire, aujourd’hui le peuple est totalement désespéré et ne voit plus le bout du tunnel, sa déception ne provient pas seulement des conditions de vie difficiles mais surtout de l’ambiguïté qui règne sur le paysage politique.
Sans vision et sans projet, aujourd’hui tous les indicateurs économiques sont au rouge, crise des finances publiques, taux d’endettement et bien d’autres torts, alors que la guerre au sommet de l’Etat se poursuit, depuis un mois.
Notre bateau prend de l’eau de toutes parts et l’équipage se bat pour le gouvernail, c’est l’image qui vient à l’esprit quand on pense à la situation dans mon pays.

La bataille des Présidents en public
Le président de la République Kaïs Saïed refuse le remaniement ministériel validé par le parlement le 26 janvier et selon lui 4 ministres seraient poursuivis pour des faits de corruption, il refuse alors d’être témoin d’un parjure.
Le chef du gouvernement Hichem Mechichi lui, encouragé par Ghannouchi, est braqué dans sa position et refuse de limoger les ministres suspectés.
Enfin le président de l’ARP, Rached Ghannouchi, lui, attend le sort de la motion de censure lancée à son encontre et qui se prépare depuis quelques semaines au parlement, mais en attendant  il tente d’isoler le président de la République.
Jusqu’à quand nous devons supporter ce triste spectacle qui dure depuis un mois.
Aujourd’hui, il n’y a plus de mots qui décrivent les sentiments de rage et de colère que nous éprouvons devant tant d’insultes et de mépris, il n’y a plus d’adjectifs qui reflètent toute notre rancœur et notre haine envers tant de bêtises et d’ignorance.
J’ai honte Messieurs les Présidents face à toute cette jeunesse, J’ai honte face à ces familles qui hurlent leur faim, J’ai honte face à ces jeunes qui désespèrent mais continuent durement à se battre et qui essaient d’y croire encore et pour tout vous dire, aujourd’hui j’ai honte de dire que vous êtes les Présidents de ma République.
Si j’ai un conseil à vous donner, écoutez une fois, une seule fois « ce que veut le peuple » écoutez les cris des tunisiens, entendez le désespoir de cette jeunesse, répondez à leurs réclamations ou partez. Vous n’avez pas le droit de détruire tout ce qu’on a construit, agissez avant qu’il ne soit trop tard parce qu’un peuple ne pardonne jamais à celui qui l’a trahi et l’histoire ne retiendra que l’échec de ce mandat que vous avez tant espéré.
Si je porte un jour la casquette de conseiller spécial et personnel du Chef de l’Etat pour lui rapporter avec toute la considération, ce que l’écrasante majorité de ses compatriotes disent de sa gouvernance, je transmettrai fidèlement a ces présidents l’état de frustration sociale lors de ces cinq cent jours de gestion, je le ferai mieux que tous les conseillers qui n’osent pas leur dire la vérité, de peur de perdre leurs privilèges.
Il est insupportable de voir la Tunisie glisser hors de l’histoire et perdre la maîtrise de son destin. Pourtant elle dispose de tous les atouts pour jouer un rôle majeur.
Chers présidents, j’ai peur que vous continuiez à diriger ce pays”. J’ai très peur que ce peuple recoure à la violence pour être pris au sérieux par ceux que nous croyions capables de bien gouverner notre pays, écoutez votre peuple, c’est lui qui vous a élu, il avait confiance en vous mais c’est vous qui avez brisé cette confiance.

Le pays est dans l’impasse !
C’est également l’augmentation inquiétante de la prise de médicaments anxiolytiques et antidépresseurs et de la consommation des produits licites et illicites.
Le suicide aussi ne cesse de prendre de l’ampleur, selon le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux, la Tunisie a enregistré 235 suicides en 2020 dont 69 cas concernent la catégorie des 26/35 ans et la consommation de drogues a connu un pic inquiétant chez les jeunes, ce qui aggrave la démoralisation et le désespoir ambiants.
Pourtant le pays dispose de très bonnes ressources dans les domaines économique, culturel et politique. D’ailleurs notre système d’enseignement était l’un des meilleurs d’Afrique et du monde arabe.
Aujourd’hui nous ne sommes plus fatigués nous sommes tannés ce qui n’est pas la même chose. Tannés d’être pris pour des imbéciles, tannés du discours vide de ces gens qui promettent tout sans en avoir les moyens, tannés que d’une élection à l’autre, ce soit du pareil au même, tannés de constater que rien ne change et c’est toujours la faute des autres, tannés du cynisme, tannés du comportement enfantin de ceux qui se disent dignes de nous gouverner, tannés d’être méprisés
Non mais, jusqu’à quand le tunisien va rester dégoûté à en mourir de la chose  politique et ne voit pas le bout du tunnel.

*M.K Architecte

 

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