(Vidéo) Vaccin COVID-19 : conditions de conservation, arrivée en Tunisie, études… Hechmi Louzir nous dit tout

La nouvelle, tant elle était attendue, a fait le tour du monde depuis le 9 novembre 2020 : les laboratoires Pfizer et Biontech ont réussi à mettre au point un vaccin contre le nouveau coronavirus (SARS-CoV-2 ou COVID), efficace, selon ces laboratoires, à 90%.
Il faut savoir que ces vaccins ne constituent pas la solution définitive. De fait, ils sont encore à la 3ème phase des tests cliniques avancés, incluant un grand nombre de volontaires. Pour le cas de la Tunisie, selon les autorités officielles, le vaccin devrait débarquer vers juin 2021. Or, plusieurs questions doivent être posées avant d’envisager une quelconque livraison en Tunisie. La date fournie par les autorités est-elle précise compte tenu des défis logistiques et cliniques imposés par le produit ? A quel prix sera-t-il accessible en Tunisie ? Et que dire, à la fin, du scepticisme de nos concitoyens concernant ce vaccin ? Tant de questions qui ont été abordées avec Hechmi Louzir, Directeur Général de l’Institut Pasteur de Tunis, qui s’est exprimé dans un entretien accordé à Réalités Online vendredi 13 novembre 2020.

Les vaccins dans le monde : ce qu’il en est et disponibilité en Tunisie

Hechmi Louzir rappelle que non 1 mais 11 vaccins sont actuellement en phase clinique des tests avancés – 3ème phase -. Il s’agit d’en évaluer l’efficacité sur un grand nombre de volontaire. Les premiers résultats préliminaires, rappelle-t-il, tablent sur une efficacité de 90%. « C’est très bien », a-t-il soutenu.
Une autre compagnie, poursuit le Directeur Général, s’est investie dans la conception d’un autre vaccin basé sur l’ARN. « Les résultats sont intéressants », a-t-il déclaré. Pour l’heure, la Tunisie suit de près les initiatives internationales, notamment l’initiative COVAX de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). La Tunisie a adhéré à cette initiative dont l’objectif est de permettre d’accéder au vaccin, notamment les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Concernant l’arrivée du vaccin en Tunisie, Hechmi Louzir rappelle, tout à d’abord, qu’aucun vaccin n’a encore obtenu une autorisation pour une large utilisation. On compte 38 vaccins en phase 1, 14 en phase 2 et 11 en phase 3, et c’est sans compter les 6 vaccins autorisés pour une utilisation limitée (Chine et Russie). Autrement dit, aucun vaccin n’est encore approuvé pour un large déploiement, puisque les compagnies doivent obtenir, entre-autres, une AMM (autorisation de mise sur le marché). « On estime que l’on pourrait disposer d’un premier lot du vaccin contre le COVID-19 au milieu de l’année prochaine, voire avant », a précisé le Directeur Général de l’Institut Pasteur.

Conservation : le défi que la Tunisie doit relever

Il existe, par ailleurs, une problématique de taille et elle porte sur la conservation du vaccin contre le COVID-19. De fait, selon les données scientifiques, il requiert une température variant entre -80 et -70 degrés Celsius. La Tunisie sera-t-elle capable de le conserver ? Hechmi Louzir considère qu’il est « faisable » de le conserver, ce qui nécessite une logistique, une bonne organisation et un investissement dans le système du froid. « Le vaccin arrivera en Tunisie à -70 degrés, et ceci relève de la responsabilité de la compagnie concernée. Pour notre part, nous pouvons le maintenir à -80 degrés, sachant que les tests ont prouvé que le nouveau vaccin peut se conserver pendant 5 jours à une température de +4 degrés. Il peut, dans ce contexte, être administré. Autrement dit, s’il est difficile de garder le produit à une température de -80 ou de -70 degrés, il sera possible de l’utiliser pendant les 5 jours et dans ce cas il sera conservé à 4 degrés. Passé ce délai, il ne devient pas dangereux, mais il perd de son efficacité. Les ARN sont, en effet, fragiles. Tous ces points ont été testés par les fabricants. Après 5 jours et avec une température de 4 degrés, l’efficacité du produit est restée intacte à plus de 90% », a encore expliqué Hechmi Louzir.

Prix, scepticisme des Tunisiens vis-à-vis du vaccin contre le COVID-19

Le Docteur, comme nous l’avons souligné, est revenu sur d’autres questions cruciales au sujet du nouveau vaccin contre le COVID-19, notamment le prix et le scepticisme de nos concitoyens. « Il faut rappeler un fait important : s’il y a quelque chose qui a permis à la médecine de progresser, ce sont bien les vaccins. Grâce à eux, nous avons éradiqué des maladies », a-t-il conclu au sujet du scepticisme. Retrouvez l’intégralité de l’entretien avec le Directeur Général de l’Institut Pasteur dans la vidéo ci-dessous.

  • Travail journalistique : Fakhri Khlissa
  • Réalisation et montage : Riadh Sahli

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