Financer les accords d’El Kamour et les autres avec les caisses vides de l’État : le drôle de pari

Les députés de l’ARP (Assemblée des Représentants du Peuple) débattent actuellement, ce vendredi 27 novembre 2020, du projet de loi de Finances complémentaires au titre de l’année 2020… alors qu’il reste à peine 6 semaines avant la fin de l’année ! De quoi souligner les difficultés que traversent actuellement les caisses de l’État.
Inutile de revenir sur les détails qui ont suscité la polémique au sujet du texte. Nous en avions, en effet, parlés à maintes reprises. Pour résumer, le gouvernement cherche encore des solutions pour pouvoir financer son déficit. Il ne pourra pas compter sur la BCT (Banque Centrale de Tunisie) pour ce faire. Toutefois, il semble qu’un accord de principe aurait été trouvé entre le Chef du gouvernement, Hichem Mechichi, et le Gouverneur de la BCT, Marouane Al Abassi, sur le financement du déficit.
Dans tous les cas, la situation reste difficile. La question qui se pose : comment le gouvernement compte-t-il financer les accords qu’il a récemment conclus avec la coordination d’El Kamour à Tataouine ? Comment parviendra-t-il à financer les accords conclus au profit du gouvernorat de Gafsa ? D’une part, on affirme que les caisses de l’État sont presque à sec. D’autre part, on distribue les emplois et les promesses à tout-va, mais visiblement pour faire taire les ardeurs.
Il est clair que la gestion actuelle des crises du pays laissent à désirer. D’ailleurs, le député et président de la commission parlementaire des finances, Heykel Mekki, l’a souligné dans son passage dans La Matinale de Shems FM ce vendredi 27 novembre 2020. Il a, d’ailleurs, appelé à l’activation de l’article 80 de la Constitution. Celui-ci autorise le Chef de l’État à prendre les mesures adéquates pour rétablir le fonctionnement des services publics en cas de « péril imminent ». Une procédure qui se fait en concertations avec le président de l’ARP, le Chef du gouvernement et la Cour Constitutionnelle – que nous n’avons pas en Tunisie -. Bref, tant de constats alarmants. Dans l’attente du discours de Hichem Mechichi du samedi 28 novembre 2020 devant les députés, à l’occasion de la présentation de la loi de Finances 2021.

F. K

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