Économie – Tunisie : dette publique à 89% du PIB, dont 71% en devises

Les derniers constats dressés par Fitch Rating sur la conjoncture économique de la Tunisie sont sans appels. La situation, selon l’agence de notation, est jugée très difficile. Tout d’abord, elle est revenue sur l’explosion de la dette publique tunisienne qui devrait atteindre 89% du PIB en 2021.
Fitch Rating remarque que le taux a temporairement baissé en 2019, mais pour repartir à la hausse. Les 89% du PIB se situent, en fait, bien au-dessus de la médiane « B » fixée par l’agence. Celle-ci, dans ce même contexte, considère que la trajectoire de la dette est très sensible aux variations des taux de change. De fait, les dettes en devises constituent une part importante de la dette totale : jusqu’en septembre 2020, 71% de la dette tunisienne étaient en devises selon l’agence de notation. Dans ce contexte, si la dépréciation du dinar se creusait de 10% supplémentaires, la dette publique augmenterait en 2021.

Dette des entreprises publiques : 15% du PIB

Autre élément qui a aggravé la situation de la dette selon Fitch Rating : la situation des entreprises publiques en Tunisie. « Les dettes de ces entreprises, garanties par l’État, représentent 15% du PIB, dont la moitié appartenant à la STEG. Celle-ci est déjà en difficulté », rappelle l’agence.
Il est vrai que l’État tunisien a prévu de restructurer ces entreprises. Fitch Rating, dans cette optique, affirme qu’elle n’a pas pris en compte les coûts qui seront générés lorsqu’elle a élaboré ses projections budgétaires.
Concernant les banques publiques, l’agence rappelle que leurs actifs représentent près de 32% des actifs de tout le secteur bancaire. Pas seulement : leur santé financière est plus faible comparée à celle des banques privées. En outre, Fitch Rating souligne que la santé des banques publiques est en-dessous des médianes « B3 », présentant une forte proportion de prêts non performants. Pis encore : la qualité de leurs actifs devrait se détériorer dans les prochains mois selon l’agence, et ce malgré les mesures politiques et monétaires qui ont été prises par la Banque Centrale de Tunisie (BCT) dans l’objectif de réduire les pressions sur les liquidités des banques à court termes.

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