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Suspension des activités culturelles : « pourquoi nous ? », s’interroge un professionnel du secteur

Nombreux sont les artistes qui ont exprimé leur indignation suite à l’annonce de la suspension des activités culturelles par le Chef du gouvernement, Hichem Mechichi, dans le cadre de la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus (SARS-CoV-2 ou COVID-19). D’ailleurs, une campagne a été lancée sur les réseaux sociaux pour revendiquer le droit des artistes et des propriétaires des espaces culturels à travailler. Ces derniers, et il faut le rappeler, sont parmi les rares professionnels à avoir respecté le protocole sanitaire.
Contacté par Réalités Online ce lundi 5 octobre 2020, Habib Trabelsi, directeur du centre culturel Préface à Sousse, a également manifesté son incompréhension, d’autant plus qu’il vient de démarrer son activité depuis seulement 3 semaines. « La question que l’on se pose en tant que professionnels du secteur culturel : pourquoi nous ? Nous ne sommes pas contre les décisions qui peuvent améliorer la situation actuelle du pays, mais nous vivons de la culture et nous avons le sentiment que l’on ne fait qu’accroître la pression sur le secteur », a-t-il déclaré.

Ceux qui respectent les règles sont sanctionnés

Habib Trabelsi a été contraint, dans ce contexte, de suspendre les cycles des projections et des concerts de musique, et ce malgré le strict respect du protocole sanitaire. « Dimanche 4 octobre 2020, nous avons organisé une rencontre avec l’historien Abdelsattar Amemou. L’événement a été organisé dans le strict respect des consignes sanitaires. C’est notre travail. Or, force est de constater les cafés, les salons de thé et les restaurants, situés sur la route touristique de Sousse, qui sont encore ouverts après le couvre-feu et qui sont bondés. Pourquoi suspendre les activités de ceux qui se sont toujours conformés aux règles ? Pour quelle raison le ministère de la Santé s’est-il exprimé sur la culture ? Où est le département de la Culture ? », s’est-il encore interrogé.

Où est le ministère de la Culture ?

Concernant son propre espace, Habib Trabelsi a rappelé qu’il a suspendu les activités liées aux projections de films et aux concerts. Seuls le café culturel et le co-working space sont encore en activité. « Nous ne sommes pas forcément inquiets pour les pertes en termes de recettes. Or, nous venons de démarrer notre activité. De ce fait, nous avons besoin de nous faire connaître. C’est ce qui nous inquiète le plus. A l’occasion de la fête du cinéma d’animation du mois d’octobre, nous avons prévu des projections de films d’animations. Or, nous avons tout reporté pour l’après 15 octobre 2020 », a-t-il indiqué.
Le dicteur du centre culturel souligne, d’un autre côté, qu’il faut définir les manifestations mentionnées par le Chef du gouvernement. « Nous voulons que le ministère de la Culture nous explique la situation. Existe-t-il un programme spécifique pour ceux qui sont désormais privés de leur gagne-pain ? On ne peut pas suspendre les activités du jour au lendemain. Nous sommes, d’un autre côté, en contact avec la délégation régionale de la culture. Nous aimerions que le ministère de la Culture nous donne des explications », a encore déclaré Habib Trabelsi.

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