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Monsieur le Président, il est encore temps de vous réviser, cinq ans c’est trop long

Les Tunisiens commencent à s’habituer au style atypique et déconnecté du Président de la République, ils ont mis ces singularités sur le compte d’un excès d’honnêteté et un surplus d’authenticité. Au départ on pensait que cette différence dans la forme ne pouvait être que l’expression d’une différence dans le fond, elle doit être le signe d’une véritable droiture et l’incarnation de la probité et du bien absolu.
Il faut dire que le choix le jour des élections présidentielles au deuxième tour était « le choix du moindre mal » d’autant plus que l’Assemblé est déjà prise d’assaut par les islamistes.
L’homme élu est étrange, à l’apparence honnête et au titre de professeur de droit avait séduit la population, il a alors toutes les bonnes apparences, sauf celle d’un homme d’Etat, chef suprême des armées et de la diplomatie.
Aujourd’hui, une année après l’avoir connu, on a compris que cet homme est sorti de nulle part, arrivé par accident sur la scène politique, il est opportuniste, populiste et faussement généreux.

M. le Président, le silence est parfois plus sage que la parole
Vos discours Monsieur le président ne sont qu’un ensemble de mots récités avec une intonation propre à vous qui nous rappelle les années de l’école et que personne ne cherche à écouter.
Pourtant et vous devez le savoir, la communication en politique, Monsieur le Président c’est d’abord une stratégie de séduction entre vous et l’opinion publique, un discours est tellement important, c’est même la pierre angulaire d’une relation constructive. Si vous croyez que parler est suffisant pour se faire comprendre, vous vous trompez Monsieur le Président parce que la réalité est bien différente.
Permettez moi de vous signaler qu’avec cette langue que vous utilisez, une langue littéraire savante bien recherchée et difficile, vous risquez de ne pas être compris, surtout avec votre manière de prononcer, vous parlez trop vite et c’est le risque du mal entendu et le pire c’est que c’est tellement énervant! Quelqu’un qui parle vite donne l’impression d’être sous pression et par conséquent met la pression à ceux qui l’écoutent et croyez moi que personne ne peut s’accrocher jusqu’à la fin.
D’autre part quand on parle en public il faut varier ses intonations afin de capter l’attention de l’auditoire parce que les discours s’assortissent toujours d’une élocution lente, pour donner davantage d’impact à l’orateur, comme en musique personne n’imagine un morceau musical sur une seule et même note.
Enfin Monsieur le président il ne faut jamais oublier le langage corporel quand on fait un discours, ce sont les gestes qui clarifient et donnent du poids à vos arguments, c’est en effet l’outil le plus puissant pour convaincre  de votre sincérité, de votre engagement et de votre enthousiasme, notre corps est en effet le véritable outil de communication,un geste vaut mille mots, à ce propos le philosophe Américain Ralph Waldo Emerson, disait : « Ce que vous êtes parle si fort qu’on n’entend pas ce que vous dites ».
Les gestes Monsieur le Président attirent toujours l’attention et l’absence de mouvement tue l’intérêt, parce que tout simplement l’être humain se fie plus à la vue qu’à l’ouïe.

Un Président populiste par excellence
Cela fait une année que Kaïs Saïed est élu à la présidence de la République, il venait selon ce qu’il affirmait, pour rendre la parole au « peuple », en le mettant au centre de la vie politique. La rhétorique populiste qu’incarne Kaïs Saïed cache mal son incapacité à réformer en profondeur un système déjà paralysé.
L’élection de Kaïs Saïed c’est en fait le résultat d’une élection basée sur la peur, ce sentiment de colère et de peur a nourri un vote irrationnel, guidé par les émotions, sans grand rapport avec le débat qui n’a pas eu lieu d’ailleurs ni sur les programmes ni sur la trajectoire politique du candidat.
Le président Kaïs Saïed est en fait un populiste par excellence et l’incompétence s’est fait remarquer très rapidement par les Tunisiens déjà fatigués d’une vie politique faite d’arrangements et d’intérêts personnels et qui laisse le peuple en dehors du débat.
Cela fait déjà quelques dizaines d’années que le terme de « populisme » est entré dans le vocabulaire politique courant, avec en général des connotations négatives.
Qualifier un homme de « populiste » revient en fait à le disqualifier en le situant en dehors de la politique « respectable » et en faisant peser sur lui un double soupçon de démagogie.
Le « populiste » serait celui qui, au nom d’une prétendue homogénéité du peuple, s’appuie sur le ressentiment populaire contre les « élites »
L’offre politique est en décalage complet avec les attentes des électeurs. Ces derniers réclament des emplois, une vie plus décente mais aucun chef n’est capable de satisfaire la demande dans un projet politique cohérent.
Ce jeu est dangereux car il risque de mener, dans quelques années, notre pays à un désenchantement plus profond encore, attisé par des attentes non satisfaites et à un rejet plus marqué de la classe politique.
Monsieur le président, devrais je vous rappeler votre rôle en tant que Président, en fait vous devez être garant de notre souveraineté et celle de nos institutions, devrais je vous informer que l’image à l’international de mon pays est plus que dénigrée et notre diplomatie décède.
De toute son histoire, la Tunisie n’a jamais été aussi malmenée, méprisée et négligée. Toutes les institutions ont été mises à mort par des personnes qui n’ont aucun sens de l’Etat, de sa souveraineté et de ses intérêts.
De toute évidence, Kaïs Saïed n’a rien à offrir à ce pauvre peuple.

 *M.K Architecte

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