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Ce que l’on aurait, aussi, aimé entendre de la part d’Emmanuel Macron après l’attentat terroriste

L’attentat terroriste survenu près de Paris dans la soirée du vendredi 16 octobre 2020 a été un véritable choc pour tout le monde. L’acte de décapitation constitue une véritable barbarie. Rien ne justifie, en effet, la violence. Les réactions, comme il fallait s’y attendre, ont été nombreuses en France.
Toutefois, il est regrettable de constater qu’aucune pensée n’a été adressée aux Musulmans, qu’ils soient de France ou d’ailleurs. La récupération politique a été totale et des personnalités d’extrême droite ont laissé libre cours à leur xénophobie et à leur islamophobie sur les plateaux télévisés. C’est l’occasion rêvée pour eux de réapparaître dans les médias en s’attaquant à leurs sujets favoris : l’immigration et l’islamisme radical.

Récupération politique et amalgame

Tous, ou presque, ont sous-entendu que le terrorisme était lié à l’Islam et personne n’a appelé à faire la part des choses. Seul Jean-Luc Mélenchon, patron de la France Insoumise, est sorti du lot en adressant, entre-autres, une pensée aux Français qui constatent que leur religion est associée aux barbaries. Autrement dit, les Musulmans de France. On aurait aimé, également, entendre le président français, Emmanuel Macron, appeler à éviter les amalgames et la récupération politique.
Nos confrères journalistes en France, malheureusement, ont contribué à la création de ce climat de stress et d’hystérie. Le choix de leurs invités n’est pas le fruit du hasard. Pis encore : sur LCI, on avait fait intervenir des élèves du professeur défunt – des mineurs donc – pour témoigner, parfois sans même couvrir leurs visages ou camoufler leurs voix. Cette scène, malheureusement, ne peut qu’attiser la confusion et enraciner l’amalgame qui associe l’Islam au terrorisme.

Notre humanité doit nous unir face au terrorisme

Autre fait à signaler : des parents musulmans ont porté plainte contre le professeur défunt après l’évocation des caricatures du Prophète Mahomet (SAW). Pour quelle raison la presse française n’en avait pas parlé, sachant que des menaces de mort ont été adressées au professeur ? Or, relayer l’information aurait pu éviter le drame. On ne peut que déplorer, de ce fait, l’acharnement politico-médiatique contre la religion musulmane.
Sur un autre plan, il est clair que l’atteinte au sacré constitue une atteinte à autrui. Nulle religion ou pensée ne doit être prise pour cible au nom de la liberté d’expression et de la laïcité. Celle-ci, d’ailleurs, stipule le respect de la liberté conscience des autres sans s’y attaquer. D’un autre côté, rien ne justifie l’acte barbare de l’égorgement, encore moins la violence. Nous sommes, en fait, dans un cercle vicieux que l’on observe depuis l’émergence du terrorisme et son association à la religion musulmane. Gares aux amalgames dangereux qui risquent d’attiser encore les tensions. Le terrorisme est une abomination qu’il faut combattre avec notre humanité, loin des petits calculs politiques ou autres.
Nos sincères pensées à nos amis Français.

Fakhri Khlissa

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