Amendement du décret-loi 116 : quand Al Karama et Makhlouf veulent infecter l’audiovisuel

La plénière de ce mardi 13 octobre 2020 mettra les députés face à leurs responsabilités : le décret-loi 116, relatif à la HAICA (Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle) fera l’objet d’un amendement proposé par la Coalition Al Karama. Comme nous l’avons déjà vu et comme l’on souligné plusieurs observateurs, cet amendement sonne comme un appel à l’anarchie dans le paysage médiatique et en aucun cas il ne vise à réguler le secteur.

Il volonté de mettre la main sur le secteur médiatique

Il existe deux points essentiels qui présentent d’énormes risques. Tout d’abord, l’amendement proposé par Al Karama prévoit l’annulation pure et simple de l’octroi des licenciements. Si le décret-loi était amendé, il suffirait d’une simple déclaration présentée aux autorités pour pouvoir créer une chaîne de télévision ou une radio. Deuxièmement : une instance constitutionnelle devait être créée sur la base d’une loi fondamentale pour remplacer la HAICA et mettre de l’ordre, constitutionnellement, dans le secteur médiatique. Or, Al Karama et Seifeddine Makhlouf ne veulent visiblement pas de cette instance constitutionnelle, d’où leur volonté de conserver le décret-loi 116 et de l’amender. Dans cette même optique, leur version prévoit l’élection des membres de la HAICA par les députés. Autrement dit, ces derniers placeront ceux qui seront chargés de réguler le secteur médiatique… selon leur bon vouloir et leur fameux consensus.

Les députés doivent assumer leur responsabilité

Si l’amendement du décret-loi 116 est adopté par les députés ce mardi, dorénavant, des individus anarchistes et populistes comme ceux d’Al Karama vont créer leurs propres chaînes de télévision. Connaissant leur discours violents et haineux, on peut déjà imaginer l’anarchie qui va régner. Les députés de l’ARP, de ce fait, ont la responsabilité de faire barrage à un tel amendement qui risque plonger le paysage médiatique dans le désordre et d’attiser les tensions. Il faut rappeler, d’un autre côté, que le président de la République, Kaïs Saïed, se serait engagé à ne pas promulguer l’amendement s’il est adopté à l’ARP. On espère, dans tous les cas, qu’on n’en arrivera pas jusque-là. En effet, si c’est le cas, on devrait s’interroger davantage sur l’intention de certains députés.

Fakhri Khlissa

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