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Accord Israël-Bahreïn: la rue arabe ne se mobilise plus pour la cause palestinienne

Palestinian men carry the exed out portraits of the Bahraini King, US President and Israeli Premier during a protest in Deir al-Balah, in central Gaza Strip, on September 12, 2020, to condemn the normalisation of ties between Israeli and Bahrain. - The Palestinian cause has long cemented ties between Middle East nations with divergent interests, but amid shifting regional alliances they are increasingly isolated and in need of new friends, analysts say. In the latest blow, Bahrain broke ranks and agreed on Friday to open diplomatic ties with Israel, in a deal announced in Washington by President Donald Trump. (Photo by MAHMUD HAMS / AFP)
Un mois après l’accord de paix entre les Emirats arabes unis et Israël, une autre monarchie du Golfe, le Bahreïn normalise ses relations avec l’État hébreu. Mais contrairement aux Emiriens, une partie de la population bahreïnie rejette cet accord.
Vendredi 11 septembre, Bahreïn est devenu le deuxième pays du Golfe à annoncer la normalisation de ses relations avec Israël, moins d’un mois après un accord similaire entre Israël et les Emirats arabes unis.
Cet accord est rejeté dans de nombreux pays arabes. « Ces régimes arabes, pour la plupart presque tous autoritaires, ont certes beaucoup axé leur rhétorique sur la diabolisation d’Israël, mais la population n’avait pas besoin d’être orientée sur ce point pour de toute façon avoir des affinités, de l’empathie et de la sympathie pour le sort du peuple palestinien », constate Fatiha Dazi-Héni, chercheuse spécialiste du Golfe et du Moyen-Orient à l’institut de recherche stratégique de l’École militaire, auteure de L’Arabie Saoudite en 100 questions.
*Un repli sur soi après les printemps arabes
Toutefois, il est peu probable que la rue arabe se mobilise pour soutenir la cause palestinienne. « Je ne vois pas de méga-mobilisation populaire, aujourd’hui, dans le monde arabe sur la question palestinienne. Depuis les printemps arabes, il y a une sorte de repli sur soi et sur les problèmes internes, les dynamiques internes de chacun des Etats, et la pandémie, la crise sanitaire ne va pas aider à encourager une telle mobilisation », explique Fatiha Dazi-Héni.
Cet accord de normalisation a suscité la colère en Palestine, où l’Autorité palestinienne et le mouvement islamiste Hamas ont immédiatement fustigé cette annonce. Sur les réseaux sociaux, les hashtags (mots-clés) « Des Bahreïnis contre la normalisation » et « la normalisation est une trahison » sont devenus très populaires dès que le président américain Donald Trump a annoncé un accord entre Bahreïn et Israël vendredi 11 septembre.
Allié de l’Arabie Saoudite, Bahreïn, un royaume dirigé par des sunnites et comptant une importante population chiite, partage avec Israël une profonde hostilité envers l’Iran. Le pays est le siège de la Cinquième flotte des Etats-Unis, dont il est très dépendant.
(RFI)
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