Peuple de qualité cherche élite à sa hauteur

« La nomination des ministres est une prérogative du premier ministre,  mais il n’en demeure pas moins qu’il doit considérer les louanges et les critiques que les groupes de la société civile et les citoyens peuvent émettre sur ses choix. Si l’appréciation de ceux qui œuvrent dans un secteur et si le point de vue critique d’une population devaient être sans valeur dans l’exercice du premier ministre, il faudrait se demander pour qui il gouverne »

Réjean Parent

L’homme désigné semble être celui qu’il nous fallait pour mettre le pays sur les rails de la bonne gouvernance et former un gouvernement de compétences et surtout choisis en dehors de tous les partis.

Nouvelles priorités nouvelle méthode
Comment Hichem Méchichi va choisir les ministres, une question importante pour ce remaniement surtout qu’il y a de tout sur la scène politique aujourd’hui surtout des pseudos leaders au charisme improbable et aux actions incertaines qui ont occupé le paysage depuis la révolution et que la génération des compatriotes qui plaçaient la Tunisie au cœur de toutes les attentions, pour le meilleur comme pour le pire est révolue.
Il faudrait aujourd’hui avant d’étudier les compétences dans la gestion des affaires de l’état avoir le flair de différencier le bon du mauvais parce que les hommes sont selon le romancier français Max Aub “comme les horloges: bons, ils servent très longtemps, mauvais, personne ne peut les réparer.”
Ceci a été confirmé ces dernières dizaines d’années.

Le devoir de ne pas décevoir
Tel devrait être le slogan de toutes les institutions publiques pour cela il faudra a notre avis avoir un projet politique qui tient compte de la justice, de l’égalité, du social, mais d’abord et en toute urgence sauver le pays d’une banqueroute certaine, dont les conséquences pourraient être lourdes.
Aujourd’hui et si ce n’est pas trop tard, car le désastre est tel que certains doutent même de la capacité de la Tunisie à renaître, les forces politiques et sociales doivent prendre conscience de la nécessité de changer totalement de méthode et de faire la politique autrement et surtout privilégier l’intérêt général sur celui des partis.
Le nouveau gouvernement a d’autre part tout intérêt à rassurer la population et bien gérer l’opinion publique en termes d’informations publiques et de communication politique destinées à l’ensemble des familles Tunisiennes et ce en raison de toutes ses dettes morales impayées et les dettes politiques accumulées au fil des années après chaque prise de pouvoir, jusqu’à se combiner dans un cocktail chimérique susceptible à tout moment de créer des mouvements imprévisibles.
Jamais les Tunisiens n’ont été aussi méfiant envers ses dirigeants à entendre les discours du simple citoyen ainsi que les réactions qui pleuvent sur les réseaux sociaux, il faut dire en plus que derrière le confinement c’est de l’énergie que le pays est en train d’emmagasiner, dans une sauce de misère persistante, arrosée par la frustration des revendications sans réponses.
C’est pour toutes ces raisons qu’aujourd’hui c’est un devoir de ne pas décevoir et à tous les niveaux.

Trêve de discours, l’heure est à l’action
Aujourd’hui on a toutes les raisons d’être inquiet, très inquiet  pour l’avenir de la Tunisie que les débats politiques actuels ne font avancer en rien : ils bloquent toute perspective de relance économique et, ce faisant, discréditent l’action politique, qui devient une sorte de cirque ou de foire d’empoigne, totalement déconnectées des réalités du pays et des attentes des citoyens.
La crise ne saura être résolue par de beaux discours, mais par des décisions et des actes courageux qui donneront aux citoyens l’assurance que leur nation est en mesure de se redresser.
Le chef du gouvernement, qui s’apprête à constituer son gouvernement est conscient des enjeux auxquels il doit faire face,le pays s’appauvrit en effet à vue d’œil et perd ses repères et les citoyens sombrent dans le doute et le désenchantement.
Faut-il, aujourd’hui, plus qu’un simple nouveau gouvernement: une profonde restructuration de la gouvernance avec des ministres plus compétents, plus imaginatifs et plus audacieux, qui ne se contentent surtout pas de chercher à plaire aux partis politiques, mais qui oeuvrent à redresser la situation et à faire redémarrer la croissance.
Aujourd’hui le pays ressemble à une nation en perdition, le cataclysme qui s’est abattu sur la population, confrontée à une chute libre de la monnaie et à un appauvrissement galopant, n’est pas seulement économique et monétaire.
Ce qui se joue dans cette faillite aux proportions dantesques, c’est l’avenir même du pays, sa raison d’être, et osons le mot, un peu de son âme.
Le chef du gouvernement est bien placé pour savoir que la Tunisie ne manque pas de compétences en économie, en finance, en technologie et en gestion administrative, qui ont suffisamment d’audace et de détermination pour se contenter de gérer des affaires courantes. Ces hommes et ces femmes, qui incarnent aujourd’hui l’espoir de renouveau de leur pays, sont capables d’inventer, d’innover, de convaincre et de faire bouger les lignes. Car c’est de cela que la Tunisie a besoin, et non du ronron monotone, soporifique et assommant des politiques.
Monsieur le chef du gouvernement, montrez que vous êtes à la hauteur de la mission qui vous est confiée et ne nous décevez pas.

*M.K Architecte

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