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Monsieur le Président de la République, appelez donc au visa de circulation !

Monsieur le Président de la République,
Ce 10 août, l’Italie reprend ses opérations de rapatriements de nos ressortissants irréguliers sur son territoire en vertu d’un accord bilatéral autorisant, chaque semaine, deux vols de 40 Tunisiens. Est-ce bien raisonnable quand la Tunisie fait face à une relance en force de la pandémie du Covid-19 !
Et à cette initiative italienne se voulant spectaculaire pour des raisons internes, au détriment de la situation bien plus grave en Tunisie, pas seulement sur le plan sanitaire, mais aussi et surtout social, politique et sécuritaire, ne faut-il pas réagir du tac au tac par une initiative qui soit encore plus spectaculaire?
De plus, le talentueux juriste, héraut de l’éthique et de la juste parole de justesse que vous êtes, tolérera-t-il qu’on continue à appeler immigrés, clandestins et délinquants, nos ressortissants juste coupables d’avoir osé réclamer leur droit à circuler librement, soit leur dignité ?
Élu massivement par les jeunes, incarnant à leurs yeux l’éthique et la légalité, et n’arrêtant d’insister sur leur droit à cette dignité justement, laisseriez-vous l’Italie et aussi l’UE qui la soutient fermement faire comme bon leur semble sans réagir à bon escient et en pleine légalité et justice ?

Monsieur le Président,
En spécialiste du droit, pourquoi ne pas réagir au coup d’éclat italien se fondant sur du pipeau, une vision obsolète des relations internationales, par une initiative autrement  plus éclatante, étant fondée sur des principes juridiques solides reflétant le réel vécu dans un monde qui a radicalement changé ?
La libre circulation est un droit majeur qu’on ne peut plus refuser aux humains quand on le généralise aux marchandises, aussi réclamez donc de l’Italie et de l’UE, afin d’éradiquer la clandestinité et ses drames, que le visa biométrique de circulation se substitue sans plus tarder à l’actuelle pratique d’une circulation quasiment impossible!
Car aucune mesure sécuritaire ne saurait empêcher les clandestins d’entrer en Europe, étant impossible de bâtir un mur sur les eaux de la Méditerranée. La seule façon d’en finir avec la clandestinité est de permettre la libre circulation, puisqu’il n’y a de maintien illégalement sur le territoire européen que du fait de l’absence de la possibilité de circuler légalement.
Or, le visa biométrique de circulation le permet, un outil bien connu des chancelleries, fiable et sécurisé avec le relevé des empreintes digitales. Il importe donc de le généraliser tout en le rendant gratuit, délivrable pour une durée minimale d’une année renouvelable d’office pour un séjour de trois mois maximum, durée au bout de laquelle l’on quitte le territoire quitte à y revenir aussitôt.
Toutes les études sérieuses montrent qu’un tel outil permettra de vider l’Europe de ses clandestins tunisiens, car ils choisiront le séjour légal même s’ils devront quitter régulièrement leur lieu de séjour avant les trois mois. En effet, la majorité des Tunisiens clandestins en Europe ne sont pas des immigrants; ils n’y sont que des expatriés en déplacement permanent obligé, leur ambition étant juste de pouvoir circuler librement, pour entretenir pour la plupart des projets à cheval entre leur pays et l’Europe.

Monsieur le Président,
Ne pensez-vous pas que les autorités tunisiennes n’ont point vocation à empêcher leurs jeunes, déjà brimés en leur pays pas les lois scélérates de la dictature toujours en vigueur, de vouloir arracher leur droit intangible à bouger ?
Aussi, inviteriez-vous l’Union européenne à examiner d’urgence et sans délai ladite proposition de visa biométrique de circulation, délai au-delà duquel les frontières tunisiennes ne seront gardées que pour les sécuriser contre les terroristes et les adeptes de la mort, et non plus les jeunes adeptes de la vie, voulant la liberté d’aller et venir ; car les empêcher de rêver à la liberté en fait des munitions pour les terroristes ?
Mieux encore, pour consolider une telle demande et partant du réel de la Tunisie nolens volens dépendante officieusement de l’Europe, pourquoi ne pas indiquer à l’UE que la Tunisie ne serait pas opposée à formaliser cette dépendance par une adhésion future dont la libre circulation sous visa biométrique de circulation serait la première étape?  Ce serait la réponse du berger à la bergère suite au soutien sans réserve apporté récemment à l’Italie par le Commissaire européen au voisinage et à l’élargissement de l’UE.
N’appelle-t-on pas la Tunisie à trouver une solution efficace pour limiter le phénomène de migration irrégulière ? Vous leur direz que le visa biométrique de circulation fait bien mieux, il l’éradique ! Et ce sera magique, car ce qui est aujourd’hui un fléau générateur de drames récurrents se transformera, comme par enchantement, en facteur de promotion humaine et de dynamique économique entre les deux rives d’une Méditerranée redevenant alors le lac de paix qu’elle n’est plus.

Monsieur le Président de la République,
Doit-on attendre pour réagir que la question de la libre circulation humaine, à force d’être contrariée, suscite dans le pays une pandémie autrement plus dévastatrice que celle du nouveau coronavirus? Les drames sont pourtant là et les vagues des aventuriers pour leur basique dignité de bouger se multiplient ; elles sont même appelées à durer en une courbe ascendante exponentielle si l’on ne réagit pas de suite à bon escient.
Que la solution lucide, rationnelle et fiable, respectueuse à la fois du droit imprescriptible de l’humain conforme à  sa nature vivante et aussi celui des États à assurer leur sécurité, soit cet outil diplomatique auquel vous appelleriez nos partenaires italiens et européens pour une mise rapide en usage en lieu et place de l’actuel visa biométrique de non-circulation devenu obsolète et criminogène !

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