Le masque comme vecteur de contamination

Au moment où l’on ne doute plus du retour en force des contaminations au nouveau coronavirus, les autorités nationales semblent s’aligner sur la tendance prévalant en Europe sur l’obligation généralisée du port du masque. Pourtant, en Tunisie, en début de pandémie, on a réussi à passer sans trop d’encombres la période la plus grave de la pandémie sans port dudit masque pour la simple raison qu’il était introuvable ; ce qui n’a pas peu compté dans la comptabilité limitée des contaminations.
Or,  aujourd’hui, malgré le recours de plus en plus au masque et la généralisation quasi systématique de son port un peu partout dans le monde, on assiste à un retour en force de la pandémie. Est-ce vraiment une bonne parade pour atténuer le risque de contamination, accouplée aux gestes barrière comme la distanciation et la stérilisation des mains ? Justement, le masque n’infère-t-il pas un relâchement quant au respect de ces derniers, les seuls dont l’utilité soit incontestable ?
Dans les milieux spécialisés, l’on se pose de plus en plus la question sur le lien qui pourrait exister entre le port du masque et la contamination. Elle doit d’autant plus l’être en bonne logique que l’on relève une concomitance de l’augmentation des contaminations et la généralisation du port du masque obligatoire. Cette obligation ne s’avérerait-elle pas contre-productive, étant la cause, pour le moins et à ne pas négliger, d’un respect moindre sinon nul des gestes basiques de protection ?

Masque obligatoire contre gestes salutaires
Avec la reprise des cas de contamination en Tunisie où le masque est de plus en plus imposé, il nous faut nous garder de verser dans la facilité en suivant les réflexes, souvent mercantiles hélas, des pays d’Occident décrétant le port obligatoire en l’absence d’études suffisantes sur le lien estimé de plus en plus possible avec la multiplication des contaminations. C’est qu’il est indéniable que le masque emporte inconsciemment un faux sentiment de protection entraînant concomitamment la baisse de garde en matière de gestes-barrière, notamment la distanciation.
Sociologues et psychologues notent que l’illusion de se sentir en sécurité avec le masque encourage les libertés prises avec les mesures impératives, pourtant les seules efficaces à ce jour. D’aucuns déconseillent même de s’aligner d’office sur ce qui se fait dans les pays européens voisins dans les mœurs et les conditions de vie sont différentes. Car si le masque pouvait être de quelque utilité pour les populations occidentales — ce qui est déjà loin d’être prouvé — il ne saurait l’être chez nous où il serait même derrière les cas de contaminations du fait d’un flagrant mauvais usage.
En Europe, notamment méridionale, nombre de voix avaient déjà insisté sur le fait que la nature latine de leurs populations, portée sur le contact tactile, rendait les masques facteurs de risques. Supposés protéger soi et autrui, ils se transforment en vecteurs de transmission des germes les plus divers, véhicule idéal pour ce coronavirus nouveau dont on ignore encore tout ou presque. Et de rappeler qu’il ne suffit pas de porter le masque pour se protéger, mais il faut en respecter les règles élémentaires, à savoir de le mettre correctement tout d’abord, puis de s’abstenir de se toucher nez, bouche et yeux. Surtout, de ne pas s’y fier en oubliant les gestes basiques de protection, à savoir la distanciation et la propreté des mains.
Or, chez nous, la situation est encore plus alarmante, notre population reproduisant au centuple les mœurs latines, étant orientale. Se croyant protégée, la majorité des porteurs du masque se laisse aller à oublier les vraies protections, les négligeant allègrement. Ainsi, une illusion inconsciente de sécurité s’installant à tort, on garde bien rarement sinon jamais la distance minimale avec son prochain ou la consigne de ne pas toucher les vecteurs de contamination au visage sans s’être préalablement stérilisé les mains. Certes, tout cela est déjà assez peu respecté sans port du masque, mais il l’est davantage et même endémique quand il est porté, surtout s’il l’est juste par obligation.
Au lieu de recourir à ce qui ne serait qu’une solution de facilité en rendant obligatoire le port du masque, il serait plutôt plus judicieux d’insister sur les seules mesures efficaces notoirement négligées. Ce qui impose des campagnes encore plus explicites focalisées sur les seuls gestes qui sauvent, non sur cette bavette que d’aucuns soupçonnent d’être contre-productive, risquant même de se révéler un facteur ignoré de diffusion du virus.
Actuellement, en Tunisie, le masque supposé de protection respiratoire est officiellement décrété obligatoire dans certains endroits ciblés, comme les espaces d’attroupement (aéroports, gares et grandes surfaces commerciales); mais la tendance est à en imposer partout le port. À défaut de renoncer tout simplement à cette fausse protection, il importe de ne pas en étendre l’obligation du fait du péril sous-jacent à une telle mesure. Elle ne servira qu’à aggraver les risques de contamination, sans parler du tour de vis répressif engendré avec l’inévitable réticence populaire, justifiée ici au vu d’une bonne pratique de santé.  Il faut en être conscient tant qu’il est encore temps !

Le masque, protection insuffisante et périlleuse
Rappelons que le masque, qu’on veut désormais une protection obligatoire, a été  ignoré en pleine propagation de la pandémie et présenté même pendant longtemps comme ce qu’il est vraiment : sans grande utilité, sinon néfaste en cas de mauvaise manipulation. D’ailleurs, en Europe, les boîtes dans lesquelles sont vendus de tels masques précisent bien qu’ils ne protègent pas contre le virus et insistent sur le protocole précis de leur utilisation.
Des voix autorisées n’y ont pas manqué d’alerter sur le risque majeur inhérent à leur utilisation, contestant l’intérêt réel du port du masque, en général, et le fait d’en rendre l’usage obligatoire, en particulier.  Mais l’entretien d’une sorte de panique autour de ce virus encore inconnu et l’activisme d’un certain lobby textile ont fait que ces voix ne sont pas entendues et on ne prête pas assez attention à ce qui serait bel et bien une réalité, à savoir que ce masque censé protéger ne ferait qu’encourager la contamination.
En effet, le masque, particulièrement celui du type chirurgical, pourtant le moins répandu étant aussi le plus cher, ne protège le porteur et/ou autrui qu’à la condition du respect d’un protocole sévère de durée d’usage et surtout de la manière du port et de la manipulation. Outre qu’il ne libère point des obligations hygiéniques basiques : distanciation, stérilisation des mains et abstention de se toucher nez, yeux et bouche.
Or, on le vérifie bien chez nous : le masque public de moindre qualité est obligatoire de plus en plus et est inconsciemment un prétexte commode pour se libérer des précautions précitées, condition sine qua non pour qu’il ne se transforme pas en vecteur de contamination. Ce qu’on observe le plus souvent, c’est que l’obligation du masque amène à négliger l’impératif de la distanciation alors qu’elle est quasiment la seule protection salutaire, sans parler du reste des gestes-barrière. Et ce constat n’est pas limité au public, puisqu’on le retrouve aussi chez les élites censées donner l’exemple.
Par conséquent, il est de la haute importance que nos services sanitaires, avant de généraliser le caractère obligatoire du masque, se penchent plutôt sur cet aspect négligé des contaminations issues de son mauvais port. Qu’on se souvienne donc des preuves scientifiques apportées en France, au début de la pandémie, lorsqu’on soutenait encore mordicus que le masque était d’utilité relative, sinon nulle !
Au lieu de se concentrer sur le port obligatoire d’un tissu à risques, pourquoi ne pas prêter plus d’attention à l’état déplorable de saleté de nos rues, un vecteur certain à ne plus négliger dans la propagation des contaminations ? Ne serait-il pas plus utile, en matière sanitaire, pour nos responsables de rappeler les autorités municipales à leurs devoirs quant à la propreté de leurs rues au lieu de se limiter à s’afficher avec ce qui rappelle ce que mettaient et mettent encore nos femmes sur le visage pudiquement ?
N’oublions pas que cette supposée protection traditionnelle a vite fait d’acquérir un caractère d’obligation morale et religieuse, ouvrant la voie au tchador et autre burqa ! Aussi, ne négligeons pas la force des symboles ! Le masque ne doit pas être l’avatar politique, drapé de considérations sanitaires, de mœurs religieuses intégristes — une religion civile en l’occurrence — attentatoire aux libertés et à la responsabilité de tout un chacun !Car la Tunisie ne sera sauvée de la pandémie que par un comportement responsable de tout un chacun, ce qui suppose qu’il soit libre et non imposé.

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