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Une deuxième vague du Covid-19 en Tunisie: quels défis et quelles solutions pour y faire face?

« La Tunisie n’est pas à l’abri d’une seconde vague épidémiologique beaucoup plus virulente que celle que nous avons vécue il y a trois mois », tels sont les propos des différents intervenants dans le cadre d’une conférence de presse tenue ce jeudi 2 juin 2020 par l’Association Tunisienne pour la Promotion de la Santé (ATPS) au siège du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT).

Le président de l’ATPS, Karim Abdelwahed, a considéré que le déclenchement d’une seconde vague de contaminations par le nouveau coronavirus Covid-19 serait imminent d’où la nécessité de mettre en place les mesures et les stratégies nécessaires pour faire face à un éventuel danger. Selon lui, aucune donnée scientifique exacte ne peut prévoir la date exacte du déclenchement d’une deuxième vague. « Elle peut avoir lieu d’ici quelques jours, quelques semaines ou quelques mois… Il faut donc être prêt à y faire face à n’importe quel moment » a-t-il lancé. « Il est encore trop tôt de crier victoire… La Tunisie n’a pas réussi à maîtriser la propagation du Covid-19 une bonne  fois pour toutes… Il faut donc veiller à pérenniser cette réussite et à éviter un éventuel dérapage. »

Tunisie: une deuxième vague du Covid-19, mythe ou réalité ?

Karim Abdelwahed a, dans ce contexte, rappelé des exemples de certains pays développés qui, en dépit de leur réussite relative en matière de gestion de la crise sanitaire, se penchent actuellement sur la mise en place de nouvelles stratégies pour anticiper une seconde crise. Il rappelle également d’autres exemples de pays qui ont opté, de nouveau, pour le confinement partiel ou général. Le président de l’ATPS a, par ailleurs, mis en garde contre les comportements de relâchement et de laxisme dont font preuve certains citoyens notamment en ce début de la saison estivale tout en mettant l’accent sur le rôle joué par les gestes barrières (distanciation sociale, port des masques, lavage fréquent des mains etc) dans le freinage de la propagation du Covid-19 durant les trois derniers mois.

Dans ce même ordre d’idées, Habib Ghedira, membre de la commission scientifique Covid-19 a assuré que la propagation du Covid-19 va, malheureusement, persister assez longtemps tant qu’aucun vaccin efficace n’a été développé pour le vaincre estimant qu’il faut savoir vivre avec en optant pour des solutions alternatives en attendant son éradication.  « D’ailleurs, c’est pour cette raison que les différents pays à travers le monde y compris la Tunisie ont fini par ouvrir leurs frontières. On ne peut pas rester enfermés jusqu’à la préparation d’un vaccin d’autant plus que le processus d’invention de ce dernier ne cesse de se compliquer compte tenue de la mutation continue du virus Covid-19.« a-t-il lancé.

Pour Habib Ghedira, tôt ou tard, une deuxième vague aurait lieu pendant l’automne ou l’hiver prochains fortement durant les mois de décembre 2020 et janvier 2021 précisant que la baisse des températures et l’évolution de la grippe saisonnière contribueraient à l’accélération de cette seconde vague. « Les recherches scientifiques ont estimé, à maintes reprises, que la hausse des températures freinerait la propagation du Covid-19 et permettrait de l’affaiblir. Il semblerait que cette hypothèse commence réellement à se confirmer. »a-t-il affirmé.

Lire aussi: COVID-19 : une deuxième vague de contaminations en décembre 2020

Le membre de la commission scientifique a mis, également, l’accent sur l’importance des mesures préventives dans la lutte contre la pandémie tout en rappelant du rôle crucial joué par les médias en tant que pillier de la stratégie nationale de lutte contre le Covid-19 selon ses dires.

De son coté, Mohamed Rabhi, président de la commission nationale de confinement, n’a pas exclu une seconde vague épidémiologique en Tunisie considérant que certains dépassements graves recensés durant ces derniers jours, depuis l’ouverture des frontières notamment, permettraient d’accélérer son installation (La seconde vague). Il a précisé que certains ressortissants en provenance de pays classés rouges sont arrivés récemment en Tunisie sans pour autant être munis de tests PCR ou encore de réservation d’hôtel conformément aux dispositions en vigueur. Mohamed Rabhi n’a pas pu cacher son étonnement face à ces dépassements qui seraient le résultat d’un laxisme de la part de certaines parties.

Il a également évoqué l’exemple des migrants clandestins (des subsahariens) ayant pris la fuite après avoir été testés positifs au Covid-19. Il propose, dans ce contexte, la mise en place d’un centre à part pour accueillir les individus infectés en situation irrégulière.

Pour Mohamed Ben Hamida, membre de la société tunisienne de télémédecine et représentant des cliniques privées de Tunisie, il est crucial de mettre en place de nouvelles solutions pour faire face à une éventuelle seconde vague épidémiologique. Dans ce contexte, il met l’accent sur la nécessité d’activer, dans les plus brefs délais, la Loi n° 2018-43 du 11 juillet 2018, complétant la loi n° 91-21 du 13 mars 1991, relative à l’exercice et à l’organisation de la profession de médecin et de médecin dentiste. Selon lui, la télémédecine permettrait au corps médical de poursuivre normalement ses activités durant les conjonctures exceptionnelles et permettrait notamment de préserver la position de la Tunisie en tant que destination phare de tourisme médical à l’échelle internationale. Ainsi, les cliniques privées, les centres de thalassothérapie et les médecins tunisiens continueront à prendre en charge, à distance, leurs patients étrangers au lieu de les pousser à changer de destination.

Il a, par ailleurs, évoqué la disposition du secteur privé à apporter son soutien à l’Etat en cas de forte propagation de la pandémie rappelant que les différentes cliniques privées ont revu à la hausse le nombre des lits de réanimation pour garantir une meilleure prise en charge des patients Covid+ en cas de pic. Mohamed Ben Hamida a également estimé que les différentes cliniques privées disposent de laboratoires conformes aux normes internationales et sont, donc, en mesure d’effectuer les tests des dépistage. Une question que Habib Ghedira n’a pas exclue précisant que tous les efforts s’orientent vers l’intégration du secteur privé dans la stratégie nationale de lutte contre le Covid-19.

Hajer Ben Hassen

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