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Tataouine : Les protestataires d’El Kamour fermeront la station de pompage du pétrole

La Coordination d’El Kamour dans le gouvernorat de Tataouine a décidé de recourir à l’escalade à partir du 9 juillet 2020 et ce en fermant l’unité de pompage du pétrole ainsi que de toutes les voies menant aux sociétés pétrolières dans la région.
Pour sa part, l’Union régionale du travail de Tataouine a mis en garde contre l’intervention sécuritaire et le recours à la violence face aux mouvements de protestations dans le gouvernorat.
L’URT a, également, appelé le gouvernement à tenir un Conseil ministériel afin de fixer les mécanismes d’application de l’accord d’El Kamour d’autant plus que Tataouine est touché par une grève générale ouverte depuis vendredi dernier.

Notons que la Coordination d’El Kamour avait rejeté les décisions gouvernementales annoncées en faveur du gouvernorat de Tataouine. Un gouvernorat secoué jusqu’à récemment par des manifestations dénonçant la marginalisation dont souffre la région.
Les revendications de ces manifestants consistent, essentiellement, à embaucher 1500 chômeurs dans les sociétés pétrolières et 500 autres au sein de la société de l’environnement, de plantation et de jardinage de Tataouine.
Les protestataires d’El Kamour réclament, de surcroît, le déblocage de 80 millions de dinars annuellement consacrés à l’investissement et à l’emploi.
La Coordination avait, par ailleurs, annoncé de nouvelles mesures d’escalade destinées à faire pression sur le gouvernement ainsi que sur les compagnies implémentées dans la région afin de mettre en application les points évoqués dans l’accord d’El Kamour.

Rappelons qu’un Conseil ministériel restreint présidé par le chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh a décidé de ces mesures suivantes en faveur du gouvernorat de Tataouine :
-Recrutement de cinq cent agents avant fin 2020 répartis sur la station de pompage de Tataouine, sur le projet de la centrale de production d’électricité à partir de l’énergie renouvelable solaire photovoltaïque à Borj Bourguiba ainsi que sur l’appui de l’autorité locale afin de fournir des ressources humaines pour le gouvernorat.
-Appui du développement régional, résolution du problème du financement bancaire des projets (facilitation des procédures/accompagnement des bénéficiaires) et exécution immédiate de plus de soixante projets approuvés.
-Accélération de l’allocation de 1,2 millions de dinars supplémentaires par la Banque tunisienne de solidarité (BTS) au profit des associations des petits prêts dans le gouvernorat de Tataouine.

Signalons aussi qu’une grève générale a été décrétée par l’Union régionale du travail de Tataouine relevant de l’UGTT, le 22 juin à Tataouine, qui n’a pas été très réussie.
L’URT dénonce, en effet, les arrestations en question ainsi que la levée du sit-in d’El Kamour par la force de la part des unités sécuritaires ayant fait plusieurs blessés dans les rangs des citoyens, selon les dires de Tarek Haddad.
Un usage jugé excessif également contesté par le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi ainsi que par l‘élu du Front populaire, Mongi Rahoui et le parti Al Joumhouri ayant appelé à ouvrir d’urgence une enquête sur les causes derrière les tensions à El Kamour ainsi qu’à libérer les manifestants détenus.

Des arrestations qui ont été justifiées par le ministère de l’Intérieur ayant précisé qu’il s’agit de manifestants qui ont agressé des policiers et jeté des cocktails molotov sur les établissements sécuritaires.
Les accrochages ont repris lundi matin jusqu’au soir et le calme s’est rétabli mardi 23 juin 2020.
Toutefois, une marche de protestation a été effectuée, le 22 juin, devant le Tribunal de première instance dans la région revendiquant la libération du porte-parole de la Coordination d’El Kamour, Tarek Haddad, appréhendé lors des manifestations.
Il est à noter que les protestataires d’El Kamour ont observé une journée de colère le 11 juin dernier devant le siège de l’URT.
Les protestataires avaient, aussi, bloqué les routes menant au gouvernorat devant les véhicules des sociétés pétrolières à partir de lundi 8 juin dernier.
Ils s’indignent, ainsi, contre le mutisme des autorités tenant la présidence de la République, la présidence du gouvernement aussi bien que la présidence du Parlement pour responsables pour la non-application de l’accord signé depuis le 16 juin 2017.

Depuis le 28 mai dernier, une nouvelle vague de manifestations a éclaté revendiquant toujours le droit à l’emploi et au développement.
La Coordination d’El Kamour avait, en effet, appelé à ce mouvement contestant le mutisme des autorités face à l’exécution l’accord d’El Kamour signé depuis trois ans et parrainé par l’UGTT.
En janvier dernier, l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) s’était engagée à mettre en œuvre cet accord en vue de mettre fin au sit-in ayant duré plus de deux mois à l’époque.

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