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Quand le vent a tourné

«L’enjeu pour l’avenir n’est donc pas de faire disparaître les marionnettes, mais de les rendre visibles car une marionnette invisible n’est plus une marionnette et un État sans marionnettes n’est plus une démocratie»
  Bruno  Fuligni

Vous sentez ce doux parfum printanier vous envahir ?  Moi oui ! J’ai hâte de pouvoir apprécier Tunis sous son meilleur jour, j’ai eu l’impression d’avoir un avant-goût plutôt réjouissant de ce qu’allait être notre printemps, et ça m’a fait du bien! Oui, un vent d’optimisme semble souffler un peu partout…La « belle saison » sera pour nous l’occasion d’ouvrir un nouveau chapitre de notre pays.
J’ai la sensation qu’en ce moment « le vent tourne » !
Il change de direction et de disposition des choses, il change même les esprits. Un vent fort d’une grande intensité soufflera sur toutes les régions et c’est comme un orage qui purifie l’atmosphère.
Il faut dire que nous sommes fatigués, épuisés et même déprimés de marcher pendant dix ans contre vents et marées.
Le vent tourne mais ce bon vent appelle à la vigilance car à tout moment l’apparition de cellules orageuses est prévue.
Dans mon entourage, la tendance est à l’optimisme, même dans la rue, les Tunisiens semblent esquisser, ce qui pourrait ressembler à un sourire un bon vent!

Le coup de Maître du Président
Le président de la République Kaïs Saïed, dont nul ne connaît les intentions a déclaré dans la nuit du 21 au 22 juillet devant le régiment des forces spéciales de l’armée nationale à Menzel Jamil à Bizerte :
« Je me présente à cette caserne en cette heure tardive pour montrer à tous ceux qui veulent remettre en cause la légitimité, de l’intérieur ou de l’extérieur du pays, à ceux qui complotent de l’étranger contre la Tunisie, que les forces armées feront face à ces velléités. »
Par ailleurs le président de la République, a signé pour la énième fois le 30 mai dernier la prorogation de l’état d’urgence mais vraisemblablement il avait à l’esprit « une urgence d’état » plutôt qu’un état d’urgence qui dure depuis 2012.
Le président de la République Kaïs Saïed a en effet pris tout le monde de court et dès que Elyes Fakhfakh a jeté l’éponge il en a profité pour jouer le jeu qu’il attendait et a alors imposé un choix qui n’est pas celui de la majorité des partis au parlement ni d’aucun parti.
Pour le Président en effet la prochaine période sera marquée par le souci sécuritaire et une meilleure considération de l’Etat.
Alors qu’on attendait tous un connaisseur des affaires économiques et financières à la tête du gouvernement et voilà qu’on se retrouve avec le ministre de l’Intérieur sortant qui n’a au compteur que cinq mois à la tête du ministère de l’Intérieur mais qui connaît mieux que quiconque tout ce qui se trame dans le pays et hors de nos frontières.
Le Président qui non-seulement n’appartient à aucun parti mais est lui-même contre les partis, a pris lui même les rênes du pays, lui qui a toujours prouvé son manque de considération pour ces partis politiques comme acteurs fiables dans la vie institutionnelle surtout le premier d’entre eux au sein du parlement.
Kaïs Saïed a pris donc tout le monde de court en désignant au poste de chef de gouvernement Hichem Mechichi.
Aujourd’hui le terrain est propice pour entamer une révision courageuse à même d’éviter au pays des jours difficiles.

 Quand le favori d’hier devient l’éliminé d’aujourd’hui
Bien joué Monsieur le Président. Vous avez fait tourner le vent, reste a savoir si le 26 août le nouveau chef du gouvernement obtiendra la confiance du Parlement? Certainement, dites-vous!
En effet vu le risque de tout perdre surtout en ce moment politique de front actif qui traverse le pays, accompagné de violentes rafales de vents forts et agités, le président pourra toujours et sans hésitation aucune dissoudre l’Assemblée, cette chambre émiettée, éparpillée entre des groupes divers, le premier groupe, ne totalise que moins du quart de l’effectif de l’Assemblée. Les autres sont forcément d’importance moindre.
Avec un gouvernement Mechichi investi par le Parlement, c’est Kaïs Saïed qui prendra les rênes du pays.
Il faudra qu’on s’arrête un instant pour rebâtir notre nation et arrêter de foncer dans le mur.
C’est ensemble que nous allons dessiner la ligne qui a été évoquée par le président.
Une phase cruciale s’ouvre.

*M.K Architecte

 

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