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Nouveau Premier ministre en France : on aurait aimé que ça aille aussi vite en Tunisie

Une belle leçon de démocratie a été délivrée, ce vendredi 3 juillet 2020, en France, lors de la passation de pouvoir entre le Premier Ministre sortant, Édouard Philippe, et son successeur, Jean Castex, à Matignon. La Tunisie est, certes, devenue un pays démocratique et à de nombreuses reprises, elle fut un très bel exemple à son tour, notamment lors du triste départ de l’ancien président de la République, Béji Caïd Essebsi – paix à son âme -.
Toutefois, en tant que Tunisien, on ne peut qu’envier nos amis Français au sujet de la rapidité avec laquelle le processus s’est déroulé au plus haut sommet de l’État. Aussitôt la démission d’Édouard Philippe présentée, aussitôt un successeur a été désigné par le président Emmanuel Macron. On devrait, aussi, s’attendre à ce que le gouvernement remanié soit annoncé dans quelques jours, à l’issue du prochain Conseil des Ministres. C’est, pour résumer, une affaire de quelques jours.
En Tunisie, il nous a fallu des mois pour enfin, accoucher du gouvernement d’Elyes Fakhfakh – et dans la douleur ! -. Bien entendu, il ne s’agit pas du même régime politique. La France possède un régime présidentiel. Celui de la Tunisie a tout l’air d’un régime parlementaire. Cependant, on a plus l’impression qu’il s’agit du régime d’Ennahdha et de Cheikh Rached Ghannouchi, président de l’ARP (Assemblée des Représentants du Peuple) et du parti islamiste. Ce qui désole, surtout, c’est les « concertations » qui n’en finissent pas avec les partis politiques avant la formation d’un gouvernement en Tunisie. Chaque parti, voulant souffler le chaud et le froid dans le pays, essaye de tirer la couverture vers lui. Une fois encore, souvenons-nous du long et lassant processus qui a marqué la formation du gouvernement d’Elyes Fakhfakh. Une véritable perte de temps pour la nation, et c’est sans compter les conséquences, notamment sur les intentions des investisseurs et sur l’instabilité politique.
Pourquoi aller au-delà de la méditerranée ? Voyons un peu ce qui s’était passé chez nos amis Algériens. Une fois élu, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a désigné son Premier ministre qui, pour sa part, s’est chargé de former son gouvernement.
On aurait tant aimé que cela aille aussi vite en Tunisie, même avec notre régime politique inclassable, sur-mesure et plein de défauts…

Fakhri Khlissa

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