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La sécurité alimentaire au cœur de toutes les stratégies post-COVID-19

Probablement, nous n’avons pas fini avec le COVID-19, mais nous en avons fini avec sa phase la plus aiguë du début de l’année 2020”. Durant cette première phase, caractérisée par une courbe en cloche aiguë et une montée exponentielle de nouveaux cas dans le monde, qui a conduit au confinement de plusieurs milliards d’individus, de nombreux enseignements ont pu être tirés.
La premier d’entre eux concerne la nécessité d’assurer la sécurité sanitaire. Les pays étaient dans l’obligation de disposer d’équipements médicaux de base afin de faire face à une poussée épidémique et de disposer des masques protecteurs, de gel, de respirateurs, de lits d’hospitalisation… Certains pays, n’avaient pas les équipements sanitaires de base et étaient exposés à un risque insensé. Ils ont tenté de mobiliser leurs industriels locaux pour produire en urgence le matériel nécessaire. Mais, construire une capacité productive nécessitait un peu de temps et il était plus simple de recourir à une mobilisation des relations diplomatiques pour arriver dans le cours terme à leurs fins. On est allé jusqu’à parler d’une diplomatie sanitaire ou encore d’une diplomatie des « masques ».
Le second enseignement concerne la nécessité d’assurer sa sécurité alimentaire en cas de crise. Assurer la provision de la population en nourriture et en produits de première nécessité en quantité et en qualité n’était pas une chose aisée dans un monde qui a fermé ses frontières et où le commerce international de marchandises était fortement perturbé. Assurer la continuité des activités agricoles, trouver des travailleurs pour les récoltes, assurer la logistique pour la distribution des produits, gérer les chaînes logistiques étaient devenues des tâches aussi prioritaires que les activités de soins médicaux. Il a fallu que partout dans le monde, les États reprennent en main certaines activités pour assurer, en cas de besoin, les approvisionnements des produits de base, face à des mouvements de panique des populations.
« La sécurité alimentaire est assurée quand toutes les personnes, en tout temps, ont économiquement, socialement et physiquement accès à une alimentation suffisante, sûre et nutritive qui satisfait leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires pour leur permettre de mener une vie active et saine».[1]
Avec la fermeture des frontières, de nombreux pays étaient dans des situations très critiques. Certains pays n’avaient pas suffisamment de matières premières comme du blé, du riz, de la viande ou du lait…pour assurer l’alimentation des populations sur une longue période de confinement. D’autres pays, dont le revenu intérieur brut dépendait strictement de la vente des “produits agricoles”, avaient un problème de revenu – et de liquidités – pour assurer l’importation de biens alimentaires dont ils avaient besoin. Tenant compte des enseignements de la première vague, et plongeant dans un monde post-Covid-19, une évidence s’est imposée: la sécurité alimentaire est aussi importante que la sécurité sanitaire, voire la sécurité militaire. Certains pays européens ont régularisé des immigrés clandestins à condition qu’ils les aident à assurer les récoltes agricoles, d’autres pays ont arrêté les exportations de biens agro-alimentaires et de biens agricoles pour l’année prochaine (Chine, Union Européenne), d’autres encore ont mis en place des incitations pour réorienter les productions agricoles vers les besoins des marchés locaux!!! Bref, la sécurité alimentaire s’est imposée comme une orientation politique majeure dans le monde post-Covid-19
Dans cette note nous allons chercher à revenir sur les diverses facettes de la notion de sécurité alimentaire – dans une conception plus large – en la liant avec les menaces sanitaires et celles des changements climatiques. Puis, nous allons examiner les conséquences du Covid-19 sur les politiques agricoles actuelles et celles de la sécurité alimentaire en particulier. Enfin, nous allons détailler les politiques de “résilience” et d’adaptation à cette nouvelle donne en matière de sécurité alimentaire dans un monde post-Covid-19.

  1. La sécurité alimentaire: une question centrale de souveraineté

La sécurité alimentaire est un défi mondial. Assurer une production agricole pouvant satisfaire la planète est un défi majeur pour l’humanité dont la croissance démographique effraye. Un des objectifs de développement durable (ODD) porte explicitement sur ce sujet. Mais dans un monde, fait de relations complexes de concurrence et de coopération, assurer sa propre sécurité alimentaire nécessité plusieurs options stratégiques qui se combinent et s’additionnent. Elles sont d’ordre diplomatique, productive, technologique et éducationnelle.

Les relations diplomatiques comme fondement de la sécurité alimentaire
La diplomatie permet d’assurer des alliances stables avec des pays amis en vue d’établir un système de transactions complexes qui in fine assurent le fonctionnement et la stabilité d’un pays. Les relations diplomatiques fondées sur les “ressources” sont les formes de relations internationales dominantes. Chaque pays s’assure de son approvisionnement en énergie, en eau et en nourriture en établissant des coalitions et des transactions. Le triptyque « Water-Food-Energy » est au cœur de toutes les conceptions des politiques économiques et diplomatiques modernes. A titre d’exemple, le système des compensations internationales liant les transactions militaires à des transactions en retour portant sur des biens civils porte assez souvent sur les approvisionnements de produits agricoles. Certains achats de matériels militaires sont compensés par des facteurs multiplicatifs importants en retour en biens alimentaires. Les coalitions stratégiques lient ainsi le pouvoir militaire avec le pouvoir nutritionnel. Les coalitions militaires admettent un côté sécurité alimentaire peu connu du grand public. Une diplomatie active, permet ainsi d’assurer les provisions en cas de problèmes graves.

La politique agricole comme fondement de la sécurité alimentaire
Mais avant de se tourner vers les pays amis, un pays est capable d’assurer sa sécurité alimentaire en mettant en place une bonne politique agricole tournée vers la satisfaction des besoins locaux. A la sortie de la seconde guerre mondiale, l’Europe n’assurait guère ses besoins “nutritionnels” a dû mettre en place la politique agricole commune (PAC) agressive afin de transformer le paysage agricole européen et le rendre aussi performant que le système agricole américain. Cette mutation s’est effectuée à l’aide d’un protectionnisme assumé et de transferts substantiels de la Commission Européenne vers ses propres agriculteurs. Mais ce qui est bon pour l’Europe, ne l’est pas pour d’autres pays qui ont bénéficié de manière indirecte des surplus de production de l’Europe. Ceci les a incité à moins investir dans leur propre système agricole et rester dépendant de la production européenne.
La politique agricole est un outil de planification permettant de faire fonctionner le système de production agricole vers un objectif de satisfaction des besoins intérieurs en premier. Réduire la dépendance extérieure par la mise en place d’exploitations sur le sol domestique est une orientation que beaucoup de pays ont pratiqué comme la Corée et le Japon. Dans cette conception des politiques interventionnistes et protectionnistes sont mise en place. Assurer sa sécurité alimentaire en investissant dans son propre système de production agricole local, nécessite de mettre en place des politiques incitatives pour l’investissement agricole, de veiller à assurer la production localement des produits de base comme le lait, les viandes et les oléagineux. Assurer des revenus décents pour les populations rurales et agricoles, voire de compenser les agriculteurs pour les autres services qu’ils rendent (biodiversité, entretien des paysages…) ! Il s’agit également d’accompagner le secteur agroalimentaire dans les processus de transformation des produits. Ces défis ne sont pas simples à relever comme le montrent les exemples de l’Inde et de nombreux pays d’Afrique Subsaharienne de nos jours.

L’éducation nutritionnelle comme fondement de la sécurité alimentaire
Une des perturbations les plus importantes ayant été subie par les systèmes alimentaires mondiaux a concerné le changement de modèle nutritionnel, sous l’influence de la publicité et du marketing agressif, mais également à la suite d’une mauvaise gestion politique parfois. Cette perturbation concerne la diffusion d’un modèle de nutrition “occidental” au reste du monde sous l’impulsion des géants de l’agro-alimentaire et de la mondialisation. Pizzas, boissons gazeuses sucrées, céréales transformées au petit déjeuner, sandwichs, biscuits et autres produits laitiers transformés ont remplacés partout dans le monde des traditions ancestrales en matière de nutrition proche des systèmes de production alimentaires locaux. Ceci a conduit à mondialiser la production des biens alimentaires et à désarticuler l’alimentation des systèmes de production locaux. Assurer sa sécurité alimentaire c’est aussi résister à cette mondialisation afin d’assurer une alimentation en fonction des caractéristiques et des habitudes locales. Pour cela, les programmes d’éducation à la nutrition sont fondamentaux. Il s’agit de les mettre en place dès le plus jeune âge dans les écoles primaires et pré-primaires. Assurer une éducation à l’alimentation saine est un enjeu de souveraineté agricole et un enjeu de santé publique compte tenu des répercussions graves de ce nouveau modèle nutritionnel en matière de santé.

La maîtrise technologique est un élément fondamental de la sécurité alimentaire
La modernisation de l’agriculture par le recours aux nouvelles technologies, la recherche agronomique, la maîtrise des biotechnologies sont devenues des éléments importants pour augmenter les rendements agricoles et maîtriser la sécurité alimentaire. La révolution technologique verte a bien eu durant la fin du 20è siècle et a permis d’accroître les rendements de manière significative. Les manipulations génétiques, dénoncées de nos jours, ont pu permettre de sélectionner les variétés les plus rentables et d’accroître la productivité agricole. Les recherche sur les “fertilisants” des terres, la recherche en matière d’adéquation des terres aux plantations, les recherches sur les variétés des plantations ont aidés de nombreux pays à résoudre leurs problèmes agricoles et à adapter leurs systèmes de production. Disposer d’une capacité de recherche agronomique est un des fondements de la sécurité alimentaire moderne.

Maîtriser le gaspillage !
L’efficience dans l’usage des ressources est un moyen d’assurer la sécurité alimentaire. Dans certains pays, le gaspillage alimentaire touche près de 30% des aliments ! Ces gaspillages sont à la fois induits par des comportements irresponsables des consommateurs, mais également par un conditionnement de la publicité et des marketeurs ! La destruction des stocks d’aliments après la date limite d’usage a été interdite par la loi dans de nombreux pays d’Europe. Car en général, ces produits demeurent valables pour la consommation encore pour quelques jours. Ils sont de nos jours dirigés vers des circuits de solidarité et permettant de nourrir des centaines de milliers de personnes. En Tunisie, le pays importe une quantité importante de son blé afin d’assurer ses besoins en produits à base de farine. Dans le même temps, on compte près de 800 000 baguettes jetées à la poubelle. La politique de compensation des produits de base, notamment le pain, conduit à un gaspillage alimentaire. La politique du vrai prix permet de faire jouer l’effet rareté et de faire maîtriser les ressources.
Ainsi, le concept de sécurité alimentaire est un concept qui admet une multitude de facettes et nécessite des stratégies élaborées en matière de diplomatie, d’éducation, de production agricole et d’innovation. Le recours au libre-échange, en contrepartie d’une insertion internationale dans le processus de division du travail, avait fait relâcher ces efforts à de nombreux pays. Mais la crise de la Covid-19 a remis les pendules à l’heure !

  1. Les conséquences de la Covid-19 sur la perturbation de la chaîne alimentaire

Les mesures prises par les pays pour ralentir la propagation de la Covid-19 ont mis en danger les chaînes d’approvisionnement alimentaires. Des étagères vides de l’épicerie, aux supermarchés, à la fermeture des restaurants, la Covid-19 a eu un impact sans précédent sur la chaîne alimentaire et dans le réseau d’interactions entre agriculteurs, intrants agricoles, livraisons et distribution.

Une perturbation la grande distribution par l’arrêt du commerce international
Dans un premier temps, il a fallu gérer les stocks et de s’assurer que leur écoulement permettrait de satisfaire les besoins les plus urgents des populations. Mais faisant face à des pertes importantes, par manque de liquidité et de trésorerie, en l’absence de soutien financier et avec l’arrêt de la chaîne d’approvisionnement, de nombreux acteurs de la chaîne alimentaire ont été obligés de fermer (pour une période temporaire ou définitive).
La grande distribution dont le modèle est de plus en plus mondialisé a été fortement impacté. En effet, l’approvisionnement de produits venant du reste du monde a été interrompu. Certaines chaînes se sont tournées vers les producteurs locaux. D’autres n’ont pas pu adapter leurs circuits logistiques et ont fait face à des semaines avec des rayons vides. Les tomates du Maroc n’étaient plus disponibles sur les rayons de la grande distribution en France. Les fraises espagnoles non récoltées et la Mozzarella produite en Nouvelle Zélande pour les Pizza Hut du monde non acheminé…bref, il fallait se tourner vers des produits locaux et établir des contrats avec les producteurs de proximité. Des augmentations de prix se sont fait sentir et ceci a touché le portefeuille des plus démunis qui se sont tournés vers les circuits informels.

Augmentation des vulnérables et nécessité de les prendre en charge
Une attention a été porté vers les marchés informels car ces derniers permettaient à de nombreux pays d’assurer leur alimentation. Leur fermeture a entraîné non seulement des pertes d’emplois mais également une augmentation de l’insécurité alimentaire et de la pauvreté. Les systèmes de solidarité ont joué à plein pour compenser ces dysfonctionnements. Qu’il s’agisse d’initiatives privées, par les Organisations Non Gouvernementales (ONG), par les autorités locales ou nationales les interventions étaient guidées par le principe de ne laisser personne sans satisfaire ses besoins en nourriture. De l’Allemagne, aux Etats-Unis en passant par le Maroc et l’Egypte, tous les pays du monde étaient engagés dans la lutte pour la sécurité alimentaire et venir aux besoins des plus nécessiteux. L’instauration du revenu universel[2] a permis de limiter les impacts de la Covid-19 sur l’insécurité alimentaire. Naturellement, les vulnérabilités les plus fortes ont été observés dans les pays à faible revenu. Avec des contraintes fortes sur les ressources de l’Etat et avec le manque de revenus issus du commerce international des « ressources naturelles », les demandes de soutien de la part du FMI ont radicalement explosé. Les dettes publiques sont montées en flèche. Mais l’urgence était de couvrir les besoins des populations locales en nourriture.

Une augmentation sans précédent de l’insécurité alimentaire dans le monde

Ces dernières années, le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire dans le monde a déjà considérablement augmenté, en raison du ralentissement économique et du changement climatique. Les pertes d’emplois, les livraisons lentes et la destruction des chaînes alimentaires pendant la période COVID-19 augmenteront encore le nombre de personnes confrontées à la faim. Le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë peut atteindre 270 millions de personnes d’ici la fin de l’année, soit une augmentation de 82% par rapport au nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë pré-Covid.[3] En Tunisie, environ 500 000 personnes sont touchées pendant la crise de la Covid-19 par une insécurité alimentaire élevée, une inflation élevée et des revenus extrêmement réduits par manque de transferts de fonds.
L’insécurité alimentaire peut conduire à des épisodes de soulèvements populaires, voire à des révolutions. La dernière décennie a été riche en soulèvements populaires dans le monde entier. La plupart des commentateurs évoquent à cet égard les aspirations politiques. Mais avant de songer aux aspirations politiques, force est de reconnaître qu’il y a un sentiment d’insécurité alimentaire de la population qui l’a conduit à exprimer cette colère dans la rue. Ainsi, en perturbant l’approvisionnement alimentaire, la Covid-19 pourrait conduire à des soulèvements violents dans le monde si des mécanismes de régulation et des politiques économiques ne sont pas mises en place.
Au-delà des éléments mentionnés, ce sont les futures exportations de produits agricoles qui posent problème. Face à l’incertitude grandissante des évolutions du monde, de nombreux pays préfèrent réaliser des stocks stratégiques et limiter les exportations. Ceci conduira à une augmentation des prix, comme en 2007-2008 ! la vulnérabilité des pays importateurs sera plus grande et une réorientation de leurs politiques alimentaires et agricoles est plus que nécessaire.

  1. Quelles politiques alimentaires et agricoles dans un monde post Covid-19

La situation très particulière vécue en 2020 aura sans nul doute de nombreuses conséquences sur la manière de considérer les politiques alimentaires et agricoles. Un regain d’intérêt pour la thématique de la sécurité alimentaire sera observé un peu partout dans le monde. Mais il s’agira aussi de considérer les autres fonctions de l’agriculture, comme la nécessité de la concilier avec la préservation de la biodiversité, d’être résiliente au changement climatique ou encore de la tourner vers des circuits courts pour servir les besoins locaux. Mais la thématique de la sécurité alimentaire a également une composante éducative, technologique et de recherche et développement à ne pas sous-estimer. Nous proposons ici quelques pistes qui ont le vent en poupe.

Relancer la production locale (proximité géographique) et la culture des variétés locales
La crise de la Covid-19 , qui a perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales, a souligné l’importance de la production alimentaire locale. La restriction du commerce mondial et local est une opportunité pour les pays qui dépendent fortement des importations de décentraliser leurs systèmes alimentaires et de créer une plus grande diversité alimentaire locale dans un monde post Covid-19. Dans le monde post Covid-19, le soutien doit être concentré sur le renforcement des systèmes alimentaires locaux, qui sont des chaînes d’approvisionnement plus courtes et bien organisées. Les chaînes d’approvisionnement alimentaire locales devraient répondre aux priorités locales, promouvoir la variété de la production alimentaire et réduire la pénurie alimentaire. Les producteurs locaux ont été d’un grand secours lors du confinement et ont pu compenser les importations. Même si les prix ont été plus élevés, les consommateurs ont pu apprécier les variétés locales et les fruits et légumes de saisons. Cette tendance s’insère dans une tendance plus grande à savoir celle de la promotion d’une économie locale et circulaire.

Innover pour assurer sa propre sécurité alimentaire
L’agriculture est essentielle pour stimuler la croissance économique et la sécurité alimentaire d’un pays. De nombreux pays, en particulier les pays africains, sont confrontés à divers problèmes dus aux effets du changement climatique tels que les sécheresses, les inondations, les cyclones, les maladies affectant le bétail et les plantes. Par conséquent, les systèmes alimentaires doivent être repensés en donnant la priorité à l’innovation pour être le principal moteur de la croissance de la productivité et de l’agriculture durable. Dans le post Covid-19, il est impératif d’investir dans la R&D agricole pour mettre en œuvre des technologies qui augmentent l’efficacité des systèmes de production agricole. Pour assurer les apports en protéine, l’innovation et la R&D sera essentielle. Le système alimentaire sera amené à intégrer davantage de protéines végétales et celles provenant des insectes. Ceci conduit à imaginer des innovations majeures dans le système alimentaire. De nombreuses start-ups dans le monde entier tentent de relever le challenge et de proposer des solutions innovantes permettant d’assurer les apports en protéines pour le monde entier sans nuire à l’environnement et en s’adaptant aux changements climatiques.

Éduquer les populations à une alimentation saine sur la base des variétés locales
Pendant la période de confinement due à la Covid-19, des changements importants ont été observés dans le comportement des consommateurs, en particulier dans les modes de consommation alimentaire et les choix alimentaires.Face aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement et à la perturbation des chaînes d’approvisionnement internationales, la consommation s’est tournée vers les producteurs nationaux.

Ce changement de comportement de consommation alimentaire augmentera les préférences des consommateurs pour une alimentation saine, y compris les produits frais, dans un monde après COVID-19. Les gens s’adaptent pour passer plus de temps à la maison et devraient manger moins à l’extérieur tout en soutenant leurs producteurs locaux. Les consommateurs seront plus conscients de la qualité lorsqu’il s’agit d’acheter de la nourriture. Leurs comportements de consommation deviendront plus durables et la prise de conscience de l’importance des aliments dans le maintien de leur santé s’améliorera.

La digitalisation des chaînes d’approvisionnement alimentaire
L’investissement dans la création de chaînes d’approvisionnement alimentaire connectées numériquement et ultra-argiles doit être une priorité pour les entreprises agroalimentaires dans un post COVID-19. Les réseaux d’approvisionnement numérique rendront les entreprises moins vulnérables à long terme. Les robots, par exemple, réduisent la dépendance à l’égard de la main-d’œuvre et les derniers outils basés sur l’intelligence artificielle révolutionnent les processus métier et la gestion des scénarios, réduisant ainsi les coûts et les risques. Cette digitalisation de l’agriculture s’insère dans un mouvement plus large de robotisation du travail et aura des conséquences sur l’emploi et les qualifications. Mais avec la perspective de réduire les vulnérabilités futures aux menaces sanitaires, cette tendance a été validée.

Mettre en place une agriculture résiliente aux changements climatiques
L’agriculture et le changement climatique ont une double relation. D’une part, l’agriculture contribue au changement climatique, car ses activités de développement contribuent aux émissions de gaz à effet de serre; et d’autre part, le changement climatique affecte le développement de l’agriculture.
Sur la base des enseignements tirés de la crise du COVID-19, la construction d’une agriculture résiliente et d’une chaîne d’approvisionnement alimentaire durable devrait être une priorité pour les décideurs. Ils doivent conjuguer leurs efforts pour relever les défis d’un développement agricole durable, pour prendre en compte les questions de climat et de biodiversité afin de construire une agriculture plus forte et résiliente dans un monde post-COVID-19. Cet objectif peut être atteint grâce à la coopération et à la participation de nouvelles technologies.

Pour conclure !
La crise de la Covid-19 a incité les gouvernements, notamment ceux des pays en développement, à se tourner vers la souveraineté alimentaire et à repenser leur modèle agricole. Avant la pandémie, une personne sur neuf dans le monde, soit 821 millions d’individus, souffrait déjà de la faim. Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies prévoit une hausse d’environ 130 millions de personnes souffrant d’insécurité alimentaire aiguë en 2020 suite à la Pandémie de la Covid-19 . La perturbation du commerce international a conduit à la réduction des exportations de matières premières agricoles de nombreux pays en développement. Bien que la production alimentaire soit largement suffisante au niveau global, le système des dépendances accroît la vulnérabilité de certains pays à leur sécurité alimentaire (limitation des importations et limitation de l’accès aux marchés internationaux). La crise de la Covid-19 a accentué l’insécurité alimentaire et a accentué l’extrême pauvreté des populations vulnérables.
La nécessité de traiter l’agriculture comme un secteur à part de par sa multi-dimensionnalité a conduit de nombreux pays à adopter des positions le concept de sécurité alimentaire avait perdu de sa superbe dans les années 2000. Il a fallu une première crise – de 2008 – pour que de nombreux pays se rendent compte à quel point ils étaient vulnérables aux importations de produits agricoles. Les prix avaient flambés – certains produits avaient triplé de prix et certains pays avaient décrétés l’arrêt des exportations. Mais les interventions étatiques, la régulation des marchés et la baisse des prix ont presque fait oublier cette crise et les mesures prises partout dans le monde allant vers des politiques de sécurité alimentaire. La crise du COVID-19 est venue comme une piqûre de rappel et il sera difficile de ne pas se souvenir à nouveau que plus que jamais la sécurité alimentaire est une politique de sécurité nationale extrême dans un monde de plus en plus mouvant !

[1]http://www.fao.org/organicag/oa-specialfeatures/oa-foodsecurity/fr/
[2]Article sur le revenu universel
[3] WFP Global Response to COVID-19: June 2020

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