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C’est la véritable raison derrière la très probable chute d’Elyes Fakhfakh

Ce n’est pas un secret : depuis plusieurs semaines, l’étau se resserre autour du Chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh. La décision d’Ennahdha de lui retirer sa confiance sonne comme un coup de grâce pour le gouvernement. Qu’est-ce qui explique la très probable chute rapide du gouvernement ? On peut penser que les soupçons du conflit d’intérêts sont à l’origine du mal, ce n’est peut-être pas faux.
En fait, ce qui devrait probablement causer la mort du gouvernement Fakhfakh, c’est surtout Ennahdha avec, à sa tête, son président le Cheikh Rached Ghannouchi. Remontons un peu dans le temps. Avant l’arrivée de ce gouvernement, Elyes Fakhfakh avait tenu bon face aux caprices d’Ennahda, notamment au sujet de l’inclusion de Qalb Tounes à l’équipe. Ce vieux débat a été récemment remis au goût du jour par le parti islamiste lorsqu’il a appelé à l’élargissement de la coalition gouvernementale. Ce n’était, en fait, qu’une manière pour Ennahdha d’appeler à un gouvernement qui lui sera plus favorable, incluant Qalb Tounes et excluant les éléments perturbateurs, notamment Achaâb et Tahya Tounes.

L’Histoire se répète

Il faut aussi rappeler qu’Ennahdha était déjà au courant des soupçons des conflits d’intérêts dans lesquels le Chef du gouvernement serait impliqué, et ce bien avant le vote de confiance de janvier 2020. Or, le parti a fait abstraction de ce fait, gardant l’espoir de voir Elyes Fakhfakh se plier à ses volontés. Ce dernier, en dehors de tout et comme nous l’avons souligné, a tenu bon, et il l’a fait savoir lors de ses différentes sorties médiatiques. Cela a donc déplu à Ennahdha. La solution ? Retirer la confiance à Elyes Fakhfakh sous prétexte que ce dernier serait impliqué dans un conflit d’intérêt. En fait, la courte Histoire de la jeune démocratie tunisienne ne fait que se répéter. A chaque occasion, mécontente d’un chef du gouvernement têtu et refusant de servir ses intérêts, Ennahdha décide de retirer sa confiance. C’était le cas avec les anciens chefs du gouvernement Habib Essid et Youssef Chahed.
Il ne s’agit pas de blanchir ou de défendre Elyes Fakhfakh. Mais ça se confirme au fil des années : c’est Ennahdha qui gouverne en Tunisie… pour notre plus grand malheur. Pendant ce temps, la réaction de Kaïs Saïed, président de la République et grand absent dans le contexte actuel, se fait attendre.

Fakhri Khlissa

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