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L’épidémie de Covid met en lumière la pauvreté à Genève

Des volontaires rassemblent des sacs de provisions dans le stade de hockey de Genève

Le confinement a mis sur la paille les nombreux sans-papiers de la ville. Les premières personnes arrivent à 2 heures du matin, et au lever du soleil, la queue vers le stade de hockey sur glace fait plus d’un kilomètre et demi. À Genève, une des villes les plus riches du monde, des milliers de personnes attendent de recevoir un sac de provisions gratuites.
«Si vous vous imaginez Genève, vous pensez à quoi?, déplore un volontaire. De l’argent, de l’argent, de l’argent. Et, OK, peut-être du fromage et du chocolat. Mais le Covid a montré l’envers du décor». En effet, Genève est plus souvent associée à ses banques qu’à des heures d’attente pour recevoir des sacs de nourriture d’une valeur de 23 euros.
Pourtant, la Suisse a été relativement épargnée par la pandémie, comparativement à ses voisins européens. À Genève, moins de 300 personnes sont mortes du Covid, sur une population de plus de 500.000.
Le confinement et les mesures de distanciation sociale ont par contre été dévastatrices pour la partie la plus pauvre de la population, qui fait tourner l’économie de la ville. En mars, raconte le New York Times, des milliers de travailleurs et travailleuses sans-papiers ou à visa temporaire se sont retrouvés sans revenus.

*Vie chère
La plupart a été renvoyée des hôtels et restaurants où ils travaillaient, ou par les particuliers chez qui ils faisaient le ménage. Pour eux, impossible de demander des aides de l’État. Beaucoup de personnes disposant d’un visa temporaire ne savent pas qu’elles y ont droit ou n’osent pas les réclamer. Dans le même temps, la vie genevoise reste très chère.
Leur subsistance repose donc désormais sur la Caravane de solidarité, une association fondée en 2015 pour distribuer de la nourriture aux migrants. «La scène du stade a été bouleversante pour certains Genevois, contraints pour la première fois de reconnaître de profondes inégalités sociales qu’ils ignoraient ou écartaient auparavant», note le New York Times.

(Slate)

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