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La Tunisie réalise un nouvel exploit environnemental et décroche sa 3e certification SIPAM

Conscients de la richesse et de la diversité des ressources agricoles dont dispose notre pays, nos ancêtres ont fait de l’agriculture le centre névralgique de leur activité économique. Dans certaines régions qui se caractérisent par des conditions géologiques difficiles et essentiellement la rareté des terres agricoles et des ressources hydrauliques, et face au souci d’assurer la sécurité alimentaire de leurs enfants et des prochaines générations, nos ancêtres ont donné libre court à leur imagination en optant pour des solutions innovantes et des systèmes agricoles uniques et ingénieux.

Et ce n’est, en tout cas, pas le fruit du hasard que la Tunisie dispose aujourd’hui de trois certifications SIPAM des systèmes agricoles ingénieux parmi une soixantaine de systèmes répartis un peu partout à travers le monde.

Les SIPAM, faut-il le noter, sont définis comme étant les systèmes et les paysages remarquables d’exploitation de terres, riches en une diversité biologique d’importance mondiale et évoluant grâce à l’adaptation d’une communauté à son environnement, à ses besoins et à ses aspirations au développement durable.

En effet, après avoir décroché sa toute première certification SIPAM en 2011 grâce à l’oasis de Gafsa, la Tunisie vient d’obtenir la reconnaissance officielle de deux autres systèmes culturaux en tant que Systèmes Ingénieux du Patrimoine Agricole Mondial. Il s’agit des systèmes culturaux Ramli dans les lagunes de Ghar El Melh (Bizerte) et des jardins suspendus de Djebba el Olia (Béjà). Ces deux certifications ont été attribuées à la Tunisie le 15 juin dernier par le département du Climat, de la Biodiversité, des terres et des eaux de l’Organisation Des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO).

Pour plus de détails sur les deux systèmes ingénieux fraîchement certifiés, agrandir les images de la galerie ci-dessous: *Source: FAO

Pour célébrer cette nouvelle de taille et afin de faire connaitre davantage ces deux sites agricoles fraîchement certifiés par la FAO, un mini-séminaire a été organisé vendredi 26 juin 2020 dans les locaux du ministère de l’Environnement en présence notamment du ministre, du président de l’UTAP, des gouverneurs de Beja et de Bizerte, de la secrétaire d’État à l’Agriculture, de députés, des représentants de la FAO, du PNUD, des structures professionnelles, des composantes de la société civile et des représentants des médias.

Lors de son allocution de bienvenue, le ministre de l’Environnement, Chokri Ben Hassen, s’est félicité de ces deux nouvelles certifications qui viennent traduire l’intérêt particulier accordé par son département et ses différents partenaires nationaux (Ministère de l’Agriculture, l’UTAP, l’APAL, société Civile etc) et internationaux (FAO, PNUD etc) à la préservation de la richesse de la diversité biologique dans notre pays. Il a, dans ce contexte, mis l’accent sur la nécessité de trouver les moyens en mesure de préserver ces sites agricoles singuliers et de les développer davantage dans l’objectif de dynamiser l’activité agricole locale et de valoriser la diversité biologique en tant que garant de la sécurité alimentaire.

Chokri Ben Hassen a ajouté que cette certification n’est que le début de tout un processus de travail qui devrait être pérennisé afin de répondre favorablement aux attentes des habitants et des agriculteurs locaux qui contribuent activement à la préservation de ce patrimoine agricole singulier. Il a ajouté que son département va mettre en place, en coordination avec le ministère du Tourisme et celui de la Culture, un plan d’action pour promouvoir la diversité des produits écologiques (Tourisme écologique et culturel).
De son coté, Akissa Bahri, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Agriculture, a appelé l’ensemble des acteurs nationaux à faire connaitre davantage la richesse du patrimoine agricole de la Tunisie dans le monde entier. « Il faut traduire l’amour envers sa patrie en mettant en valeur la richesse et la spécificité de son patrimoine agricole sur le plan universel. Il faut travailler ensemble dans cet esprit pour construire une nouvelle carte de la Tunisie non pas administrative, mais plutôt une carte des saveurs et du savoir-faire. » A-t-elle conclu.
Pour sa part, le président de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP), Abdelmajid Ezzar a considéré que la répartition des trois certifications SIPAM (Gafsa, Bejà et Bizerte) vient traduire effectivement la richesse et la spécificité du patrimoine national du Nord au sud tout en mettant l’accent sur la nécessité d’encadrer davantage les agriculteurs locaux pour une meilleure exploitation de ces sites sur le plan agricole mais également touristique. Il a, dans ce contexte, évoqué le terme de l’agritourisme considérant que ce nouveau concept serait beaucoup plus rentable que l’hôtellerie.
Dans ce même ordre d’idées, le représentant de la FAO, Mohamed Omrani, a présenté en son nom et au nom de la FAO ses félicitations aux autorités tunisiennes pour cet exploit tout en saluant les efforts fournis par les différentes parties prenantes à l’échelle nationale et internationale afin de le réaliser. Il a rappelé que le SIPAM a pour objectif de permettre aux différents pays à travers le monde de préserver leurs systèmes agricoles ingénieux, remarquables et ancestraux.
La représentante résidente adjointe du PNUD  Alissar Chaker a pour sa part mis l’accent sur l’importance des certifications internationales qui constitue une reconnaissance mondiale pour l’ingéniosité tunisienne et de ses systèmes agricoles. Elle a, dans ce contexte, évoqué le rôle joué par le PNUD qui a accompagné et soutenu le processus de certification du système Ramli à Ghar El Melh indiquant que son organisme s’engage à continuer à appuyer le plan d’action pour le développement de cette région en partenariat avec les différentes parties prenantes dont essentiellement l’APAL, l’UTAP, les agricultures et la société civile. L’objectif étant de permettre aux agriculteurs locaux de générer plus de moyens de vie, afin qu’il ait une croissance inclusive dans cette région qui jouit d’une spécificité agricole et culturelle singulière.  

 

Hajer Ben Hassen 

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