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Il faut le savoir… Protectorat n’est pas colonie….

Par Sofiane Ben M’rad 

Quand la France se décida à franchir avec ses soldats les montagnes de Khroumirie en 1881 et à s’avancer vers Tunis, un tollé général monta en France dans l’arène politique. On reprocha cette aventure hasardeuse et on intima aux militaires de mettre fin à cette opération coûteuse. Jules Ferry(1832-1893) dès le mois d’avril 1881 déclenche une opération militaire dans les Kroumirs en Tunisie, opération qui aboutit le 10 mai à l’obtention par la France d’un protectorat sur ce pays. Il prit la parole au sénat et déclara… » Nous ne sommes pas en face de barbares, nous sommes en face d’un Etat ancien d’une culture élevée avec des institutions et une organisation séculaire« …
La priorité du gouvernement du protectorat est la suppression de la commission financière internationale qui a toujours son mot à dire sur la politique économique à mener. La dette tunisienne est alors de 142 000 000 Francs. En avril 1884, la Chambre des députés française accepte qu’elle soit convertie en une rente de 6 307 000 Francs à 4 % d’intérêts avec la garantie de la Banque de France. La commission financière internationale, qui n’a donc plus de justification, est dissoute le 13 octobre 1884.
C’est la direction des finances, créée par le décret beylical du 4 novembre 1882 qui prend le relais. Son premier directeur est Pierre-Marie Depienne qui connaît bien le sujet puisqu’il était vice-président de la défunte commission financière.
Décision est prise de réorganiser les différents services administratifs de la régence sur le modèle français. Chaque direction ou ministère doit préparer un budget qui doit être approuvé en conseil des ministres avant d’être présenté au bey pour signature et promulgation au Journal Officiel.
À partir de 1891, le budget doit être présenté à la Conférence consultative tunisienne qui donne un avis et émet des recommandations non contraignantes.
Cette rigueur budgétaire permet un redressement spectaculaire des finances du pays au point de pouvoir émettre de nouveaux emprunts pour financer les infrastructures. La Tunisie avait son propre gouvernement, continuait à frapper monnaie, elle avait ses timbres et son drapeau flottait sur ses administrations publiques.

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