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En finir avec l’endettement extérieur : le gouvernement va puiser dans le marché parallèle

Le Chef du gouvernement l’a souligné a maintes reprises lors de sa dernière interview télévisée : l’État devrait pouvoir baisser l’endettement extérieur. Il faut rappeler que 63,5% de la dette tunisienne provient de l’étranger. Intervenant dans La Matinale de Shems FM ce mardi 16 juin 2020, le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, Slim Azzabi, a justement été interpellé sur ces points.
« Il est tout à fait possible de ne plus recourir à l’endettement extérieur. C’est une nouvelle démarche stratégique. Bien entendu, il ne s’agit pas de supprimer l’endettement, mais il s’agit, surtout, de réduire l’endettement extérieur », a-t-il indiqué au micro de Hamza Belloumi, assurant que l’État disposera des ressources suffisantes pour honorer les dettes de l’année (estimées à 8 milliards de dinars).

Le gisement du marché parallèle

L’endettement intérieur constitue l’une des pistes qui seront empruntées par le gouvernement selon Slim Azzabi. Dans ce même ordre d’idées, il a assuré que l’État va se tourner vers le marché parallèle. « La loi de finances complémentaire, qui sera bientôt présentée, comprendra des mesures d’intégration pour le marché parallèle », a souligné le ministre.
D’un autre côté, l’État tunisien va travailler sur le retrait des créances qu’il n’a pas encore encaissées pour une raison ou une autre (procédure administratives…). « Ce sont de grosses sommes », a assuré le ministre.

« La Tunisie a du mal à attirer de nouveaux investisseurs étrangers »

Le brûlant dossier des entreprises publiques est lui aussi inévitable. Le ministre a assuré qu’il ne s’agit nullement de les céder, mais de les réformer. « Aujourd’hui, la situation est différente car nous sommes arrivés au point de non retour. Les réformes ne peuvent plus attendre compte tenu de la situation des finances publiques. Parmi les mesures qui seront prises, les institutions publiques qui n’auront pas payé l’État ou leurs fournisseurs se verront privées de la somme dues -inscrite dans leur budget -« , a-t-il expliqué, ajoutant qu’un dialogue national sera engagé avec l’UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail) au sujet des entreprises publiques dans les prochains jours.
L’autre volet sur lequel le gouvernement va travailler porte sur l’investissement et, spécifiquement, les investissements étrangers. La Tunisie, selon Slim Azzabi, a du mal à attirer de nouveaux investisseurs. « Selon une enquête internationale, 83% des dirigeants européens préfèrent investir dans le Maghreb. Toutefois, il faut savoir que 73% des dirigeants estiment, à titre d’exemple, que la digitalisation est importante dans un pays. De ce fait, la Tunisie doit poursuivre la digitalisation et améliorer le code de l’investissement. Dans ce même contexte, nous allons restructurer les organismes représentant la Tunisie à l’étranger pour qu’ils puissent mieux satisfaire les besoins des investisseurs (FIPA, CEPEX, ONTT) », a encore expliqué le ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale.

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