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Digitalisation et innovation : Quel avenir pour l’industrie de l’imprimerie, du papier et du graphisme ?

Malgré la crise sanitaire, pas question de manquer l’édition 2020 de la conférence Print4All. Un rendez-vous incontournable de l’industrie du papier, de l’imprimerie et du graphisme, organisé, comme le veut la tradition, par l’Association Italienne manufacturières des machineries du graphique (ACIMGA). Confinement oblige, la conférence préliminaire a été organisée en collaboration avec ICE-Agence italienne pour le commerce extérieur en mode webinar le 18 mai 2020, dans l’attente du grand rendez-vous du 24 juin 2020 et dont la tenue devrait sans doute dépendre de l’évolution de la situation sanitaire. Plus de 500 personnes se sont inscrites pour suivre, en direct, le webinar dont 25% à partir de pays étrangers autre que l’Italie, de quoi souligner l’importance de l’événement.

“Innovation”, “digitalisation”, “protection de l’environnement” : trois principaux mots-clés à travers lesquels les conférenciers ont donné le ton durant le Print4All du 18 mai 2020 afin de préparer le terrain pour la grande conférence du 24 juin 2020. D’où le choix des experts qui sont intervenus pour faire part de leur vision de l’avenir de l’industrie du papier, de l’imprimerie et du graphisme : Andrea Briganti, Directeur “d’Acimga e Federazione Carta e Grafica”, Enrico Barboglio, Directeur Général d’Argi, Alice Bodreau, Global Partners Manager pour Ellen Macarthur Foundation, Fabrizio Renzi, Président et CEO de “RnBGate e RnBCulture”, et Angel, Investisseur et partenaire d’IBM.

Une industrie éco-responsable : la base d’une économie circulaire
La conférence a été animée par le journaliste Matteo Bardone. L’avenir du secteur de l’industrie du papier, de l’imprimerie et du graphisme, selon les conférenciers, doit suivre la “nouvelle philosophie de vie”, basée, notamment, sur le digital et les nouvelles technologies, mais pas que : la dimension environnementale ne doit pas être absente, et c’est d’ailleurs ce qu’a souligné Alice Bodreau, Global Partners Manager pour Ellen Macarthur Foundation.
Il s’agit, selon l’experte, de limiter l’obsolescence programmée des produits, et ce par le biais du recyclage des matériaux issus d’autres productions. C’est le cas des produits désassemblés qui peuvent donc être recyclés selon Alice Bodreau.
Dans ce même contexte, la Global Partners Manager a insisté sur l’importance de prolonger la durée de vie des produits afin de pouvoir les réutiliser durant plusieurs cycles. “Il est même possible de trouver de nouveaux usages”, a-t-elle précisé. Ces éléments, en fait, constituent la base de l’économie circulaire à travers laquelle la durée de vie des produits est prolongée, limitant ainsi leur impact sur l’environnement. “Il est tout à fait possible d’appliquer ces principes à l’industrie graphique et à l’imprimerie. Dans cette optique, les industriels pourront recourir à des matériaux recyclables, réparables, qu’ils peuvent désassembler et, par la suite, rassembler en vue de créer de la valeur. C’est un business plan que l’on doit adopter. D’ici la conférence de juin, nous pourrons fixer des objectifs plus précis”, a encore expliqué Alice Bodreau.
Ces objectifs ambitieux ne sauraient être réalisés sans un cadre légal adéquat. D’où le rôle primordial du législateur. C’est, d’ailleurs, un point que les conférenciers ont mis en exergue.

L’innovation et l’IA au coeur de l’industrie du papier, de l’imprimerie et du graphisme
Outre la protection de l’environnement, l’innovation doit être au cœur de l’industrie graphique et de l’imprimerie. Ce sont, de plus, deux composantes qui peuvent se compléter, puisque l’innovation peut conduire à des innovations de procédés et à des produits plus respectueux de l’environnement. Le contexte de crise sanitaire a justement poussé les industriels à réfléchir à ces nouvelles méthodes de travail et à ces nouveaux produits. C’est justement ce qu’a souligné Fabrizio Renzi, Président et CEO de RnBGate and RnBCulture, qui a également abordé le rôle de l’IA (intelligence artificielle) dans le secteur. Celle-ci, explique-t-il, a fait un bond ces dernières années. Dans le monde, les investissements ont atteint les 17 milliards de dollars dans l’IA et la quasi totalité des industries a été touchée par cette innovation.
D’où l’importance de l’IA et, ajoutée à cela, la digitalisation du secteur du graphisme et de l’imprimerie. Celle-ci devrait, notamment, passer par la dématérialisation du papier. Toutefois, cela ne marquera pas la fin du papier, bien au contraire selon les experts. “Il s’agit d’identifier les nouvelles opportunités offertes par les nouvelles technologies, tout en identifiant de nouveaux usages pour le papier”, a expliqué Fabrizio Renzi.
Pour sa part, Enrico Barbogilo, Directeur Général d’Argi, a aussi insisté sur l’importance de l’IA, mais il estime que cette intelligence ne pourra pas se substituer à l’intelligence humaine. “Son rôle est d’assister l’intelligence humaine. C’est le cas, à titre d’exemple, pour le métier de traducteur. Ainsi, il s’agit d’établir de nouvelles inter-connexions entre l’intelligence humaine et l’IA”, a encore précisé le Directeur Général d’Argi.
La conférence préliminaire du 18 mai a donc été l’occasion d’exposer les principaux défis du secteur de l’industrie du graphisme et de l’imprimerie. Nul doute que l’évolution du secteur passera inévitablement par les nouvelles technologies et, notamment, l’IA. Les opportunités sont, en effet, nombreuses, mais il faut également identifier les risques, à l’instar de la destruction des emplois considérées comme biaisés. Ce qui importe, de ce fait, est d’assurer, en même temps, la reconversion des professionnels pour leur permettre de s’adapter aux nouvelles technologies, tout en assurant la pérennité du secteur. Tant de points qui devraient sans doute être débattus, en détails, lors de la conférence du 24 juin de Print4All.

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