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Crise de Tataouine : la récupération politique d’Ennahdha

Ce n’est pas la première fois que Tataouine soit le théâtre d’affrontements comparables à ceux que nous avons constatés depuis le week-end des 20 et 21 juin 2020. Les mêmes demandes ont été revendiquées par les manifestants : appliquer les accords d’El Kamour, conclus en juin 2017 entre l’ancien gouvernement de Youssef Chahed, les représentants des sit-inneurs et l’UGTT (Union Générale Tunisienne du Travail).
Et comme lors de chaque mouvement social ou de protestation, on n’est jamais épargné par la récupération politique. Cette fois-ci, elle vient d’Ennahdha qui s’est exprimé par la voix du président de son bloc parlementaire à l’ARP (Assemblée des Représentants du Peuple), Noureddine Bhiri. « Notre parti a reçu des informations stipulant qu’un parti de la coalition est derrière les tensions à Tataouine », a-t-il lâché.
Voilà qui n’a rien de surprenant de la part d’Ennahdha. Le parti de Rached Ghannouchi, rappelons-le, cherche à tout prix à dissoudre la coalition actuelle pour en bâtir une autre selon ses préférences. Ennahdha, en fait, ne veut plus de Tahya Tounes, encore moins du mouvement Achaâb. S’il connaissait réellement le parti en question, pour quelle raison Noureddine Bhiri n’a-t-il pas voulu en parler au lieu d’attiser la tension de la sorte ?
Pour rappel, le clame est revenu à Tataouine à présent et les personnes qui ont été interpellées ont fini par être libérées. C’est la moindre de choses, sachant que les manifestants ont subi des actes de violence inouïe.
La gestion de cette crise par le gouvernement laisse à désirer, dans le sens où il s’est armé d’un mutisme assommant. Il semble qu’un CMR (Conseil ministériel restreint) serait organisé pour tenter de trouver une solution. Dans tous les cas, il va falloir passer à l’acte au lieu de formuler des déclarations de bonnes intentions, comme c’était le cas en 2017 à l’époque de Youssef Chahed.
Les emplois « vides » dans la société de l’environnement ne suffiront jamais : Tataouine a besoin de grands projets et non d’emplois fictifs créés uniquement pour faire taire les manifestations.

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