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Les détails du plan de sauvetage du secteur touristique

Asphyxié depuis le début de la crise sanitaire alors qu’il peinait à redécoller depuis 2017, le secteur du tourisme a finalement eu droit à sa part d’aide de la part du gouvernement. L’annonce a été faite par le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Mohamed Ali Toumi, comme nous l’avons mentionné hier. Au total, 5 grandes mesures ont été annoncées.

Les conditions à remplir pour profiter de la ligne de crédits de 500 millions de dinars
Qu’en est-il, tout d’abord, de ce plan d’aide de 500 millions de dinars ? L’enveloppe s’inscrit dans l’optique d’un mécanisme créé en vertu du décret-loi numéro 2020-6, relatif à la garantie des crédits octroyés par les banques, destinés aux entreprises touchés par la crise sanitaire. L’État va garantir 100 millions de dinars.
Les entreprises bénéficiaires doivent répondre à certains critères. Tout d’abord, elles doivent enregistrer une baisse minimale de 25% de leurs chiffres d’affaires en mars 2020 par rapport à mars 2019. Ou alors, elles doivent afficher un chiffre d’affaires en baisse de 40% en avril 2020 par rapport à avril 2019. Le second critère est relatif au classement de l’entreprise par la Banque Centrale de Tunisie (BCT). Ainsi, ce sont les entreprises classées de 0 à 3 qui sont concernées. Pour la catégorie 4, l’examen se fera au cas par cas.
Pour le taux d’intérêt, celui-ci ne dépassera pas le TMM en vigueur. Les entreprises pourront profiter de ce mécanisme jusqu’en mars 2021. Il existe, toutefois, une autre condition à remplir : l’entreprise impactée ne doit faire aucun licenciement et elle doit verser l’intégralité des salaires. Autre élément à mentionner : les crédits qui seront débloqués ne dépasseront pas les 25% du chiffre d’affaires réalisé en 2019 – dans la limite de 1 million de dinars pour chaque unité hôtelière.

Les entreprises les plus en difficultés plus ou moins délaissées ?
Avant de passer aux autres mesures, il convient de revenir sur l’examen au cas par cas des dossiers des entreprises de la catégorie 4. En fait, selon les précédentes précisions de l’économiste Ezzeddine Saïdane, cette catégorie comprend les entreprises en grande difficulté. Ce qui est plutôt étrange, c’est qu’on a décidé d’accorder automatiquement les crédits à des entreprises qui sont en bien meilleure situation financière (catégorie 0 et 3), même si les entreprises 2 et 3 sont tout de même considérées en difficulté, mais à moindre degré que celles de la catégorie 4.

Les artisans ne sont pas en reste
D’autres mesures ont été annoncées par le ministre du Tourisme et de l’Artisanat. Les dispositions du projet de décret gouvernemental, portant sur les conditions à remplir pour bénéficier de la ligne de crédits de 300 millions de dinars sur les ressources de l’État, seront révisées. L’enveloppe, rappelons-le, devrait permettre de refinancer les crédits de rééchelonnement débloqués par les banques au profit des PME impactées par la crise sanitaire. Il s’agit, en fait, de supprimer les contraintes du minimum d’investissement requis. Ainsi, le nombre des entreprises bénéficiaires est élargi.
Les autorités publiques vont aussi consolider la ligne de financement du besoin en fonds de roulement. Chose qui sera faite par le biais d’une enveloppe de 10 millions de dinars. Cette mesure s’inscrit dans l’optique de l’accord-cadre de 2020, conclu entre la Banque Tunisienne de Solidarité (BTS) et l’Office National de l’Artisanat (ONA). Le dispositif est destiné aux artisans. Il s’agit de leur permettre de faire face aux besoins pressants (salaires, loyer). Les artisans pourront, d’un autre côté, reporter le paiement des loyers des commerces se trouvant dans les villages de l’artisanat – relevant de l’ONA -, et ce pour la période mars 2020 et mars 2021.
Enfin, un groupe de travail de haut niveau sera constitué. Il sera composé par la présidence du gouvernement, le ministère du Tourisme et de l’Artisanat, le ministère des Finances, le ministère de la Justice et de la BCT. Sa mission consistera à évaluer les mesures prises pour la restructuration financière du secteur touristique. Il s’agit, aussi, de formuler des propositions et des solutions.

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