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Financement du plan de sauvetage anti-COVID-19 : l’État va-t-il encore emprunter à l’étranger ?

Dans cette crise sanitaire du COVID-19 (SARS-CoV-2), l’un des plus grands défis est de trouver les fonds nécessaires pour financer le plan de sauvetage des ménages, des entreprises et de l’économie en général. Les caisses de l’État – déjà vides – ont été sur-sollicitées depuis mars 2020.
Les modalités et les moyens de financer le budget de l’État ont justement été exposé(e)s lors d’une séance de travail ministérielle selon un communiqué publié par la présidence du gouvernement ce dimanche 31 mai 2020. La séance, à titre d’information, a eu lieu samedi 30 mai 2020. Elle a porté sur le plan de re-décollage de l’économie, les secteurs d’activités concernés et les modalités de financement de ce plan.
Il faut rappeler que l’État a eu un recours massif aux emprunts à l’étranger. Les besoins actuels, pour faire face aux répercussions de la crise sanitaire, sont estimés à 6 milliards de dinars. Et encore : selon plusieurs experts, à l’instar d’Ezzeddine Saïdane, il faudra beaucoup plus pour que la machine économique puisse redémarrer.
Toutefois, les emprunts constituent-ils le meilleur moyen de renflouer les caisses de l’État ? A l’heure actuelle, la Tunisie a emprunté, au moins, 3,14 milliards de dinars, si l’on compte les 600 millions d’euros de l’Union Européenne (UE), les 743 millions de dollars du Fonds Monétaire International (FMI) et l’emprunt en devises contracté auprès de 12 banques de la place – et ce n’est pas tout, bien entendu -.
Les économistes déconseillent fortement ce genre d’emprunts en devises, surtout s’ils sont déployés pour les dépenses de fonctionnement de l’État, notamment le paiement des salaires. Il n’y a pas de mal à emprunter de l’argent car, avec la crise sanitaire, la quasi totalité des pays impactés présente un énorme besoin de financement. Or, si on emprunte des millions de dollars pour des dépenses vides, sans retombées économiques futures, on ne fera que tourner en rond et on sera obligé d’emprunter encore et encore. Il faut, en fait, emprunter pour investir, soutenir les secteurs d’activités clés de l’économie tunisienne (agriculture, tourisme, éducation, santé, industrie…). Tout ceci n’est pas un secret, mais il faudra passer à l’action. Espérons que les ministres, lors de la séance de travail du samedi, n’ont pas envisagé de nouveaux emprunts pour assurer le fonctionnement de l’État.

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