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Algérie: La médecin enceinte morte du COVID a demandé à trois reprises de bénéficier d’un congé exceptionnel

Le ministre algérien de la santé, le Pr Abderrahmane Benbouzid, en visite samedi matin à Sétif, a indiqué qu’ «il est inadmissible» qu’une femme médecin enceinte de huit mois continue à exercer au niveau d’un service aussi sensible que celui des urgences.
Le ministre, qui se rendait dans le domicile familial du médecin enceinte, Wafa Boudissa, décédée vendredi à l’EPH Abdallah Cheghoub d’Ain El Kébira, à une vingtaine de kilomètres au nord du chef-lieu de la wilaya de Sétif, à l’âge de 28 ans, des suites d’une contamination au Covid-19, a souligné que «des mesures seront prises à l’issue de l’enquête ouverte, ce samedi, par l’inspecteur général du département de la santé au niveau de l’établissement public hospitalier de Ras El Oued», dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj, où exerçait la défunte.
Selon son mari, Smara Chawki, contacté par Liberté, le Dr Wafa Boudissa «était très consciente du danger et des risques qu’elle encourait, mais elle ne pouvait rien faire face à l’entêtement de l’administration», étant donné que «le premier responsable de l’hôpital de Ras El Oued a rejeté  à trois reprises sa demande d’un congé exceptionnel».
«Le directeur a refusé de faciliter la tâche à ma femme. Devant l’absence de transport de et vers Sétif à cause des mesures prises par le gouvernement ainsi que l’état de santé de mon épouse et sa grossesse, j’ai opté pour la location d’un appartement au niveau de Ras El Oued où j’ai emménagé le premier jour du ramadan, cependant la mort l’a arrachée à la vie avec mon enfant que nous avons tant attendu », témoigne Smara Chawki.

*Morte après une semaine d’hospitalisation
En effet, la défunte qui a rendu l’âme après une semaine d’hospitalisation à l’unité Covid 19 de l’hôpital Abdallah Chaghoub d’Ain El Kébira, n’a pas bénéficié des mesures de prévention – remises en cause d’ailleurs par les professionnels de la santé – contenues dans deux instructions émanant du ministère algérien de la santé N° 18 du 26 Avril 2020 complétant la note numéro 13 du  31 mars 2020, et qui stipulent que les femmes enceintes au troisième trimestre doivent être dispensées des services dédiés à l’infection COVID 19.
Le président du syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique, Lyès Merabet, a indiqué de son côté à Liberté web  que son syndicat a présenté le 26 mars dernier des propositions au ministère de la santé afin  de faire bénéficier les femmes soignantes et aide soignantes enceintes d’un congé exceptionnel Covid 19, mais qu’«après un mois de notre proposition remise au ministère, nous avons été destinataires de l’instruction N° 18 du 26 avril, instruction qui a fait fi de nos doléances».
Le Dr Lyès Merabet,  a aussi déploré le fait que son syndicat ne soit pas représenté au niveau de l’hôpital de Ras El Oued afin de pouvoir consulter le dossier de la défunte,  indiquant que «la direction de l’hôpital avait toute la latitude pour étudier le cas de la consœur et la libérer durant des délais qui ne mettaient pas en danger sa vie et celle de son bébé».

(Liberté Algérie)

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