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Elyes Fakhfakh : un début de mandat presque parfait

Lors d’une interview télévisée de plus de deux heures consacrée à la situation en Tunisie, face à la pandémie COVID 19 et les mesures prises contre la propagation du virus, le chef du Gouvernement Elyes Fakhfakh, en s’adressant au peuple tunisien, a précisé que la situation est plutôt rassurante, il a précisé que le respect des mesures préventives, essentiellement la mesure d’isolement et l’effort commun tout en appelant à la vigilance et au respect des mesures de protection et de prévention aux niveaux individuel et collectif permettront à la Tunisie d’éviter la propagation à grande échelle du covid-19.
Elyès Fakhfakh a paru comme un chef de guerre au chevet de la nation et a précisé que les aides sociales s’organisent afin de tendre la main aux Tunisiens dans le besoin, et ceux qui se sont retrouvés au chômage technique à cause du confinement, et que personne ne sera oublié, il a précisé aussi que l’état est en train de programmer le rapatriement  des Tunisiens encore bloqués à l’étranger et que 10.000 chambres ont été aménagées dans les hôtels, il termine par :« Nous ne voulons oublier personne l’important, c’est que nous restions soudés pour résister aux vagues susceptibles de nous secouer, de nous emporter même, et pour nous raffermir dans la recherche du seul intérêt de notre pays et de son peuple ».

Tous contre la corruption
Toute l’ambiance de l’interview a changé et le chef du Gouvernement devient tendu dés qu’il a été interpellé sur l’affaire de l’usine du député d’Al Badil Ettounsi qui selon des observateurs, aurait monopolisé la production de 2 millions de bavettes.
Le chef du gouvernement a alors répondu durement : « il ne s’agit que d’un effort entrepris par le ministre de l’Industrie et des PME vu l’urgence de la situation. Le ministre a évoqué une usine, Il était soucieux d’apporter une valeur ajoutée. Il a contacté l’industriel pour se renseigner sur les prix ».
Et de poursuivre sur le même ton « si je devais rédiger un décret-loi pour que l’usine en question soit consacrée à la production des bavettes pour la Tunisie, je l’aurais fait », et il termine en disant: « un responsable doit faire des efforts et  proposer. Nous anticipons, c’est notre responsabilité. La bureaucratie a tué le pays». Le Chef du gouvernement s’est montré dur pour défendre le ministre et son équipe.

Monsieur le chef du Gouvernement,
Personne ne doute aujourd’hui qu’il existe des hommes politiques intègres, des hommes de bonne volonté pour s’attaquer aux racines du mal et transformer les choses et réformer l’État, mais aujourd’hui les Tunisiens ont eu conscience des problèmes de corruption qui sévissent dans tout le pays, ils réalisent  l’ampleur du phénomène : copinage, affairisme, népotisme, vol, pots de vin, blanchiment d’argent, et que tout ça fait partie des rouages  de notre économie.
Vous n’êtes sans savoir que pendant l’année 2017 seulement, la corruption a coûté à l’État plus que 2000 millions de dinars au niveau des marchés publics.
Est ce que vous êtes au courant monsieur le chef du gouvernement que l’Instance nationale de lutte contre la corruption a souligné il y a 3 jours qu’une suspicion de corruption pesait sur deux marchés de fabrication de bavettes, notons que 11 alertes à ce sujet ont été adressées à la même instance ?
Est ce que vous savez que le président de la commission parlementaire de la réforme administrative, de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption, Monsieur Badreddine Gamoudi a déclaré que le ministre de l’industrie sera auditionné par la commission concernant l’affaire des bavettes ?
Vous devez savoir aussi qu’en matière de corruption notre pays figure depuis février 2018 aux côtés de l’Afghanistan, du Yémen et du Sri Lanka.
La corruption ce phénomène mondial qui engendre la pauvreté, entrave le développement et décourage l’investissement est bel et bien chez nous.
La corruption aujourd’hui a fragilisé même les systèmes judiciaire et politique qui devraient servir l’intérêt général. L’État de droit étant affaibli et la voix du peuple ignorée, comment s’étonner que les citoyens fassent de moins en moins confiance aux représentants de l’État et aux institutions nationales?
La lutte contre la corruption et la réforme de l’État sont les deux faces d’une même monnaie, l’une ne peut se faire indépendamment de l’autre ce qui doit aboutir naturellement à mettre en place les mesures de prévention, de contrôle et de sanction de la corruption. Le phénomène a atteint des proportions inquiétantes, instaurant de la peur et de la psychose dans notre pays. Nous avons tous aujourd’hui les yeux sur tout ce qui tourne et particulièrement sur ce qui ne tourne pas rond.
Aujourd’hui les faits de corruption au sein de notre manière de faire sont bien réels et personne de sérieux ne peut nier le phénomène.
C’est pour cela qu’aujourd’hui tout le monde guette tout le monde, il s’agit d’une guerre logistique contre la corruption dans notre pays où tout se sait.

*M.K Architecte

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