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Contacts entre hommes et animaux sauvages : « Tout est en place pour de nouvelles épidémies »

Capture de chauve-souris
De nombreuses maladies infectieuses proviennent du passage d’un virus d’un animal sauvage à l’humain comme cela semble le cas pour le Covid-19. Responsable de ce contact, l’homme doit apprendre à gérer son exploitation des milieux naturels, rappelle Martine Peeters, virologue et spécialiste du VIH et Ebola à l’Institut de la recherche et du développement (IRD).
L’actuelle épidémie n’est-elle qu’une répétition d’épisodes déjà connus comme le VIH ou Ebola ?
Le schéma est le même. Par contact sanguin, tissus ou organes infectés, salivaire ou aérien, un virus passe d’un animal sauvage à un homme soit directement ou indirectement par l’intermédiaire d’un autre animal. On connaît désormais très bien le mécanisme qui a déclenché la dispersion du sida dans le monde entier. Le virus provient de grands singes. Il a affecté l’homme dès le début du XXe siècle. Mais très probablement avant sa dissémination dans le monde, il s’agissait de cas sporadiques dans des villages isolés et sans contact avec le monde extérieur. La contamination restait confinée à quelques individus sans diffusion épidémique.
*Comment s’établit ce passage ?
C’est très difficile à expliquer parce qu’on ne peut pas réellement reconstituer ce qui a pu se passer où et quand au fond de la jungle. Pour le VIH, on pense que le contact avec les tissus ou fluides contaminés pendant la chasse et le dépeçage de grands singes a été à l’origine du passage du virus à l’homme.. Pour le virus Ebola, le réservoir soupçonné est la chauve-souris qui est beaucoup chassée et consommée dans les pays d’Afrique de l’Ouest. Mais nous ne connaissons toujours pas son rôle avec certitude, car l’homme peut aussi s’infecter à partir d’un hôte intermédiaire. Cela a été décrit dans plusieurs épidémies au Gabon où le contact avec les cadavres de grands singes décédés contaminés par le virus Ebola était le point de départ de la contamination humaine. La mort des grands singes par le virus Ebola montre aussi qu’ils ne sont pas un réservoir pour Ebola. Plusieurs études ont montré que les chauve-souris abritent une multitude de coronavirus dont le mode de transmission reste à définir.
Pour comprendre les transmissions, il est aussi important de mieux connaître les habitudes des villageois, les méthodes de chasse, la façon dont le gibier est traité.
Avec l’aide de chercheurs africains, l’IRD procède à des enquêtes de terrain pour mieux décrire ces pratiques.
(Sciences et avenir)
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