Pour Abdelkarim Harouni, le gouvernement Fakhfakh n’aurait jamais vu le jour sans Ennahdha !

Le nouveau gouvernement d’Elyes Fakhfakh est finalement entré en fonction après avoir obtenu la confiance de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) à l’aube du jeudi 27 février 2020 après près de 14 heures de débats. Ennahdha, l’un des partis à avoir exprimé tant de réticentes, a fini par céder suite à la claque constitutionnelle qu’il a reçue de la part du président de la République, Kaïs Saïed.
Cependant, le parti islamiste ne semble pas vouloir lâcher prise et veut souligner, à tout prix, son « poids important » sur la scène politique. « Le gouvernement n’aurait jamais vu le jour sans Ennahdha », a déclaré, non sans arrogance, le président du Conseil de La Choura, Abdelkarim Harouni, sur Jawhara FM en cette fin de semaine. C’est, sans doute, une manière pour le parti de tenter de faire valoir sa position de parti dominant après l’humiliation qu’il a subie juste après sa tentative de putsch constitutionnel.
Ennahdha a laissé entendre, par la voix de ses ténors, qu’il compte mener la vie dure au gouvernement d’Elyes Fakhfakh, et que s’il lui a accordé sa confiance, c’était uniquement pour préserver la stabilité du pays. Il a, par ailleurs, appelé, toujours par la voix de son champion Abdelkarim Harouni, d’autres partis politiques à élargir la base parlementaire du gouvernement, ce qui devrait permettre d’adopter les lois et les réformes. Comme par magie, le parti se transforme en rassembleur, soucieux de l’intérêt de la nation. Un surprenant changement de position, compte tenu des événements qui ont eu lieu depuis la victoire d’Ennahdha aux élections législatives et la désignation de Habib Jamli en novembre 2019. C’est un long feuilleton qu’il est inutile de retracer. Le parti semble avoir du mal à se défaire de son opportunisme. Il faut comprendre, quelle que soit la famille politique, que l’heure n’est plus aux tiraillements et aux calculs politiques : la Tunisie a besoin de chaque composante de l’espace public pour avancer. Est-ce trop demander ?

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