Mliki: « Les onze démissionnaires n’iront pas dans un autre parti, et ne formeront pas un nouveau parti » 

Hatem Mliki
Hatem Mliki a affirmé jeudi soir sur Radio Express FM que le groupe des onze députés qui ont démissionné du bloc parlementaire de Qalb Tounes, et dont il fait partie n’iront pas dans un autre parti, ni formeront un nouveau parti.
« Notre groupe des onze démissionnaires partage les mêmes motivations qui l’ont amené à se retirer, a-t-il relevé. A Qalb Tounes, nous sommes arrivés à un point de non-retour parce que l’action de ce parti va à l’encontre de l’intérêt national. Nous avons démissionné après avoir épuisé toutes les tentatives parce que le parti a dévié de sa politique. En effet, dès le départ, Qalb Tounes s’était juré qu’il ne s’alliera jamais avec Ennahdha. Notre différend concerne des principes. Il a commencé par dire que c’est Ghannouchi qui a tué Chokri Belaid et qui est responsable du « tasfir » des jeunes tunisiens en Syrie. Et voilà maintenant Iyadh Elloumi qui vient nous dire: « Bouna Rached Ghannouchi, le père au cœur tendre. C’est le Kbir El Ila (chef de famille, le patriarche). C’est un changement à 180 degrés. Dans ce cas-là, il serait plus simple de rejoindre Ennahdha, puisque Qalb Tounes vote pour tout ce que Ennahdha vote« .
En fait, Elloumi avait accusé quelques jours plus tôt Mliki de n’avoir pas su encadrer les jeunes du parti, de servir son propre agenda et de se livrer au fameux tourisme politique.
* »Comment justifier le vote contre l’accord créant la zone de libre-échange africaine ? »
Poursuivant son analyse, Mliki épingle son ancien parti qui a, à ses dires, reproduit un même système politique inopérant.
« Qalb Tounes aurait pu être un parti moderniste sauf qu’il a privilégié le courant inverse, celui de la combine et des compromissions, estime-t-il. Sinon, comment justifier que Qalb Tounes vote contre une convention d’un intérêt national aussi vital que l’accord fondateur de la zone de libre-échange afro-continentale ? Depuis le jour  du vote, je n’ai pas remis les pieds à l’assemblée des représentants du peuple. Je ressens une grande amertume parce que mon parti m’a dit de ne pas voter pour le projet sur lequel l’Etat travaillait depuis longtemps. En fait, la gouvernance des partis politiques pose un grand problème en Tunisie.Il faut démonter la chaine de prise de décisions.« 
Répondant à son désormais ancien « coéquipier » au parti Qalb Tounes, Nabil Karoui, Hatem Mliki poursuit: « Il était allé jusqu’à dire que Kais Saïed lui rappelle Kadhafi, une sorte de Kadhafi 2. Cela est franchement inacceptable s’agissant du président de la République, tout de même. Si je dois rester seul pour défendre mes positions, je le resterai. Il y a des constantes qui s’appellent l’Etat et les citoyens et sur lesquelles il n’est pas question de transiger« .
Rappelons enfin que les onze membres de Qalb Tounes qui ont signé mardi 10 mars une lettre de démission de Qalb Tounes sont les suivants: Ridha Charfeddine, Khaled Gassouma, Naïma Mansouri, Amira Charfeddine, Safa Gheribi, Souhir Askri, Meriam Loghmani, Samira Biizig Slama, Hassène Belhaj Brahim, Imed Ouled Jibril et Hatem Mliki, donc.
H.A.
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