Gel désinfectant : prison pour tout commerçant n’ayant pas respecté les prix fixés par l’État

Face à l’incroyable ruée des citoyens vers les supermarchés – et ils les ont dévalisés ! -, le ministre du Commerce a assuré que tout sera mis en oeuvre afin de maîtriser la situation. C’était, rappelons-le, lors d’une conférence de presse organisée à son siège le matin de ce vendredi 13 mars 2020, durant laquelle le ministre s’était exprimé sur le sujet.

Hausse de la production, stocks stratégiques de lait et de céréales
Dans une déclaration accordée à Réalités Online, la Directrice générale du commerce intérieur et de la qualité des petits métiers, Karima Hammami, a indiqué que plusieurs mesures ont été prises en vue d’assurer l’approvisionnement du marché en produits de base. Ce sont, en fait, les produits qui subissent la plus grande pression, et ce bien avant l’éclatement de la crise du coronavirus : pâtes, couscous, farine, semoule. « Une pénurie a été constatée pour ces produits étant donné que les citoyens ont voulu constituer leurs propres stocks », a-t-elle déclaré.
Dans ce contexte, les producteurs vont augmenter le rythme de leur production. Ainsi, dès le samedi 14 mars 2020, l’approvisionnement du marché va reprendre. D’un autre côté, poursuit la Directrice générale du commerce intérieur, l’Office des Céréales dispose d’un stock stratégique suffisant pour 2 mois (blé dur, blé tendre). « Nous avons aussi constaté une forte demande pour les dérivés des céréales. De ce fait, nous avons augmenté les quotas pour les minoteries, atteignant désormais les 30 000 quintaux aussi bien pour le blé dur que pour le blé tendre. Pour le lait, la demande n’est pas très importante. Néanmoins, nous avons constitué un stock stratégique de 30 millions de litres, en plus du lait importé. C’est aussi valable pour les volailles », a encore expliqué Karima Hammami.

Gel désinfectant : l’État intervient (enfin)
D’autre part, la Directrice générale du commerce intérieur a été interpellée au sujet de la pénurie du gel désinfectant et des masques de protection. Sur ce plan, un arrêté ministériel a été signé et publié depuis la soirée du jeudi 12 mars 2020. Il est relatif, selon un document que nous avons obtenu, à la fixation des prix du gel désinfectant. « Nous avons axé notre action sur le gel car il constitue un moyen très efficace pour lutter contre la propagation du coronavirus », a précisé Karima Hammami.
Selon l’arrêté ministériel, le prix du gel désinfectant de 100 ml est fixé à 3,300 TND pour la vente en détails (2,750 TND pour le gros et 2,500 TND pour le producteur). Pour le reste, voici la grille tarifaire :

  • 125 ml : 4,125 TND pour la vente aux détails, 3,438 TND pour la vente en gros et 3,125 TND pour les producteurs
  • 250 ml : 8,250 TND pour la vente aux détails, 6,875 TND pour la vente en gros et 6,250 TND pour les producteurs.

Dans cette optique, la marge bénéficiaire a été fixée à 25 TND/litre pour les industriels, à 10% pour les commerçants de gros et de 20% pour les commerçants en détails. Tout commerçant ne respectant pas l’arrêté ministériel est passible d’une amende et d’une peine de prison selon Karima Hammami.
Qu’en est-il, par ailleurs, de la lutte contre les circuits parallèles ? Selon la Directrice générale du commerce intérieur, des actions sont menées afin de préparer l’approvisionnement du marché pour le Mois du Ramadan. Concernant le coronavirus, les produits frais ne sont pas vraiment touchés par la pénurie car ils sont périssables, donc difficile à stocker. « Un plan d’action est en cours de préparation. Il devrait comprendre des mesures qui seront prises par les différents ministères. Elles portent, entre-autres, sur la fermeture de certains espaces publics », a conclu Karima Hammami.

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