Coronavirus: premier décès d’un médecin hospitalier en France

Un médecin hospitalier est mort après avoir été infecté par le nouveau coronavirus, a indiqué dimanche le ministre français de la Santé Olivier Véran, précisant qu’il s’agissait à sa « connaissance » du premier décès de ce type en France. « J’ai été informé hier (samedi) soir du décès d’un médecin hospitalier, c’est à ma connaissance (…) la première situation qui a frappé un médecin hospitalier », a déclaré M. Véran au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI. Il s’est refusé à donner des « informations plus précises », au nom de la volonté de la famille et du secret médical.
Selon France 3 Hauts-de-France, la victime est un médecin urgentiste de Compiègne, dans l’Oise, un des premiers départements à avoir été fortement touché en France, et est décédé après son transfert à Lille. Des informations confirmées à l’AFP de source proche du dossier. M. Véran, qui s’est « associé à la douleur de la famille », a relevé le « très lourd tribut payé par la grande famille des médecins aujourd’hui ».
Il a également « souligné le courage extraordinaire dont font preuve l’ensemble des médecins, des soignants, des pompiers, de toutes les personnes qui permettent de sauver des vies chaque jour ». Interrogé sur l’incidence de la pénurie de masques pour les personnels de santé, le ministre a déclaré que « ce que nous savons, c’est que la plupart des soignants qui vont contracter la maladie ne vont pas la contracter dans le cadre de leur mission hospitalière, mais en dehors ».
Tout en reconnaissant que les soignants « sont par définition ceux qui sont le plus en contact avec les malades », il a relevé qu’il « y a eu plusieurs cas de contamination dans une unité de médecins ou d’infirmières qui, bien qu’équipés en masques avaient pu être contaminés ».
« Le matériel de protection est absolument indispensable pour les soignants, mais avec ou sans matériel de protection, on peut être malade dans son exercice professionnel, on peut être malade quand on est soignant », a-t-il dit.
*20% de plus
La vague enfle et elle va durer. Face à l’épidémie de coronavirus qui a déjà tué plus de 560 personnes en France, pouvoirs publics et médecins gèrent l’urgence et préparent la suite, notamment la prolongation du confinement.
Les chiffres sont clairs: entre vendredi et samedi, le nombre de morts en France a bondi de près de 20%, pour atteindre 562. Et encore, ce bilan ne prend en compte que les patients décédés à l’hôpital, pas ceux morts en Ehpad ou chez eux. Le nombre de patients hospitalisés a atteint 6.172 (+18%), dont 1.525 cas graves en réanimation. « La vague est là », résume Emmanuel Macron, cité dans le Journal du Dimanche.
« C’est une guerre, elle va durer », poursuit le chef de l’Etat, qui détaille les priorités: « protéger les plus faibles (…) et notre système de santé », mais aussi gérer le « stress » de la société et se préparer à « affronter une crise financière sans précédent, une crise de l’économie réelle ».
Au sixième jour d’un confinement généralisé, les autorités ont préparé le terrain à la prolongation de cette mesure inédite, pour l’instant décrétée jusqu’à fin mars. De nombreuses voix dans le monde médical réclament déjà sa prolongation – comme l’Italie, désormais pays le plus touché au monde.
En Chine, d’où est partie l’épidémie, le confinement de Wuhan, son épicentre, aura duré quelque 60 jours.
« La situation va continuer à s’aggraver avant que les effets du confinement fassent leur effet », a rappelé samedi le ministre français de la Santé Olivier Véran. Il estime le nombre de personnes infectées en France à « entre 30.000 et 90.000 », fourchette large en raison des nombreuses personnes présentant peu ou pas de symptômes.
Les autorités ont demandé au conseil scientifique créé sur le Covid-19 de se prononcer sur « la durée » et « l’étendue » du confinement. Son avis est attendu lundi, mais tout laisse à penser qu’il se prononcera pour une prolongation, voire un renforcement des mesures.
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