Coronavirus: l’Elysée renforce la protection autour de Macron

Avec au moins 25 décès et 1.412 cas de Covid-19 confirmés, la France reste le deuxième pays européen le plus touché derrière l’Italie. Le gouvernement continue d’organiser la lutte contre le nouveau coronavirus qui a contaminé le ministre de la Culture Franck Riester et se répercute sur l’économie dont les signaux de ralentissement sont inquiétants.
L’Elysée a nettement renforcé depuis ce mardi les mesures de protection contre le coronavirus autour d’Emmanuel Macron et de ses collaborateurs, en limitant visites et réunions, mais le chef de l’Etat compte poursuivre ses déplacements, a indiqué l’Elysée, confirmant des informations de France Inter. Pour « préserver l’espace de travail du président », plus aucune réunion n’est organisée dans ses bureaux et une attention est portée aux objets qu’il touche, comme les stylos, blocs ou dossiers. Globalement « un espace est maintenu autour de lui », explique l’Elysée.
Des mesures de protection renforcées s’appliquent aussi aux 800 employés du palais et en particulier aux plus proches collaborateurs d’Emmanuel Macron. Ainsi, les visites publiques sont suspendues, les invités pour des déjeuners ou dîners réduits au strict nécessaire. Tout visiteur se voit systématiquement demander s’il a été exposé à des cas contact ou s’est rendu dans des zones de cluster.
Outre les « mesures barrières » en place depuis une dizaine de jours — plus d’embrassade ni de serrage de main, etc –, les réunions dans les bureaux sont désormais proscrites et les chaises davantage espacées. Des salles de réunion dédiées sont instituées, avec nettoyage entre chaque réunion. Les principaux collaborateurs du chef de l’Etat français sont soumis à des mesures de vigilance renforcées: ils doivent faire plus attention dans les transports, aller moins au cinéma ou au théâtre, etc. Un plan de continuité d’activité a déjà été mis en place, avec un système de binômes. Les membres du personnel ayant été en contact avec un cas contact ou s’étant rendus dans un cluster sont priés de rester chez eux, ce qui est le cas pour trois personnes du Palais, « mais il n’y a aucun cas à l’Elysée », souligne la présidence. « Mais le chef de l’Etat n’entend pas vivre confiné, il veut continuer à se déplacer », ajoute son entourage.
*Léger rebond de la Bourse
La Bourse de Paris pansait timidement ses plaies mardi matin au lendemain de sa pire séance en douze ans, à la faveur d’un léger rebond des cours du pétrole, en misant sur une réponse d’ampleur des gouvernements et banques centrales face à la crise du coronavirus. A 9H45, l’indice CAC 40 prenait 2,90% à 4.844,62 points. Lundi, la place parisienne avait connu sa pire séance depuis la dernière grande crise financière, s’effondrant de 8,39% à 4.707,91 points. Elle avait alors porté ses pertes sur l’année à plus de 21%.
*Plus de fonds pour l’hôpital
Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a jugé mardi « impératif de voter dans les prochaines semaines une loi de finance rectificative » qui permette de débloquer des fonds pour l’hôpital public qui fait face à la crise du nouveau coronavirus. Alors qu’en Italie l’ensemble de la population est désormais priée de rester chez elle, il a relevé sur Radio Classique qu’en France, où « pour l’instant la crise est bien gérée », « aujourd’hui notre système de santé est au bord de la crise de nerfs ».
« Il y a besoin d’entendre ce que disent les soignants qui sont depuis près d’un an en grève, il serait impératif de voter dans les prochaines semaines un collectif budgétaire, une loi de finance rectificative, qui permette d’aller au devant des soignants et de leur donner les moyens dont ils ont besoin« , a estimé M. Faure. Il a comparé les pratiques en Italie, « où on sélectionne les patients car on n’a pas les moyens de les soigner tous« , à « une médecine de guerre« , une situation « très grave« . Le ministère de la Santé avait annoncé le 3 mars que les hôpitaux publics et les cliniques privées allaient récupérer 260 millions d’euros correspondant aux crédits « non consommés » en 2019, une somme qui venait s’ajouter aux 415 millions mis en réserve début 2019 et « dégelés » en décembre.
Le ministère avait en outre annoncé qu’il allait « accélérer le calendrier du versement des dotations pour 2020″: 3,5 milliards d’euros, soit « une partie des crédits » votés, seront « versés dès avril, et non pas fin mai comme c’est habituellement le cas ».
*Les politiques appellent à aller voter malgré le coronavirus
« Venez voter avec des gants, avec des bonnets, avec des masques, mais venez voter!« . A l’instar du député LR Eric Woerth, les politiques appellent mardi à ne pas sacrifier dimanche les élections municipales malgré la crise du coronavirus. « Je voudrais inciter les électeurs à venir voter » car « le coronavirus durera ce qu’il doit durer, mais les élections, on confie la gestion pendant six ans à une équipe municipale », a expliqué sur Public Sénat le député de l’Oise.
« Si les élections n’ont pas lieu, alors il faut tout fermer« , a-t-il ajouté. « Il faut tout faire pour que la participation soit maximale, que le scrutin ne soit pas impacté« , a abondé sur RFI Pierre Person, député de Paris et numéro 2 de LREM.
« Il faut tout faire pour rassurer nos concitoyens et on a mis en place notamment des procurations facilitées pour les personnes qui souhaitent aujourd’hui rester chez elles et faire porter leur voix quand même dans les urnes », a-t-il précisé. « Il faut que l’élection, qui est un moment démocratique essentiel après une campagne de plusieurs mois, puisse se tenir, et puisse se tenir dans de bonnes conditions autant que faire se peut dans la situation que nous connaissons aujourd’hui », a plaidé le candidat EELV à Paris David Belliard, sur Europe 1.
*Le trafic pourrait être adapté à la SNCF et à la RATP
La crise du coronavirus pourrait entraîner des adaptations dans la desserte de la SNCF et de la RATP, a prévenu mardi le secrétaire d’Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, écartant en revanche une suspension pure et simple du trafic. « On peut s’attendre avec le pic épidémique à avoir plus de personnes absentes dans ces deux grandes entreprises publiques, d’avoir peut-être 15% ou 20% de gens absents », a souligné M. Djebbari sur RTL.
« Et donc comme on l’avait fait pendant la grève nous gérerons l’absentéisme, peut-être en réduisant la fréquence sur certaines lignes, peut-être en priorisant certaines autres lignes », a-t-il ajouté. Ces mesures d’adaptation, sur lesquelles le gouvernement, la RATP et la SNCF travaillent d’ores et déjà, se feront « au jour le jour, en fonction des gens disponibles », a toutefois prévenu le secrétaire d’Etat. Interrogé sur les conséquences d’un passage au « stade 3 » de l’épidémie de Covid-19, Jean-Baptiste Djebbari a cependant exclu l’hypothèse d’un arrêt pur et simple des transports publics.
« Il y a un caractère essentiel au maintien des transports puisque les Français vivent de leur métier. D’ailleurs, en Italie, ils ne font pas différemment: c’est la vie sociale qui est réduite, mais la vie économique, les déplacements professionnels, sont bien permis », a-t-il rappelé.
M. Djebbari avait évoqué la semaine dernière de possibles « restrictions » en cas de pic épidémique, « soit sur un plan géographique, soit en donnant priorité par exemple à un certain nombre de trains, en Ile-de-France ou ailleurs ».
(Challenges, avec AFP et Reuters)
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