Vote de confiance: Ce qu’il faut retenir du discours de Elyes Fakhfakh

Lors de son discours prononcé dans le cadre de la séance plénière consacrée au vote de confiance eau gouvernement, le chef du gouvernement désigné Elyes Fakhfakh a affirmé qu’après 9 ans de transition politique, la Tunisie n’a pas encore réalisé sa transition économique et sociale.

« Nous ne sommes pas là uniquement pour obtenir le vote de confiance, mais nous aspirons à profiter de ce moment historique pour édifier un avenir meilleur. Le peuple a dit son mot et nous sommes appelés à faire preuve de crédibilité, à lutter contre la corruption et à fournir les conditions d’une vie digne. Aujourd’hui, après neuf ans de la transition politique dont nous sommes tous fiers et après les consensus autour de la constitution et la réussite des échéances électorales pluralistes, nous sommes toujours loin de la transition économique et sociale. Nous sommes face à un virage historique et nous sommes appelés à faire preuve de davantage de vigilance et d’aptitude pour ne pas rater une chance de réussir et pour que nous ne perdons pas les acquis de la transition politiques et les libertés dans notre pays » a-t-il lancé.

Et d’ajouter: « Nous sommes aujourd’hui réunis autour d’un contrat beaucoup plus puissant et profond que l’accord de confiance. Nous considérons que ce dernier, bien qu’il soit d’une importance constitutionnel irréprochable, il n’est pas assez suffisant. Nous nous engageons à ce que ce gouvernement qui se veut le gouvernement de la clarté et de la restauration de la confiance, veille au respect de ce contrat. »

Elyes Fakhfakh a affirmé que la Tunisie fait aujourd’hui face à plusieurs défis dont notamment le chômage qui touche près de 1 million de jeunes tunisiens âgés entre 15 et 25 ans.

« La Tunisie compte aujourd’hui près de 1 million de jeunes âgés entre 15 et 25 ans qui sont dans une situation douloureuse étant donné qu’ils ne sont pas inscrits dans des écoles ou des centres de formation. Ils ne travaillent pas non plus. Le résultat est effrayant du moment où le pays n’est pas en mesure de tirer profit de cette énergie et de ces ressources humaines dilapidées. »

Il a ajouté que les Tunisiens ont perdu leur confiance en l’Etat et considèrent désormais ce dernier comme faible et les hauts responsables comme inaptes de le réformer et ce, à cause de la corruption, de la cherté de la vie, de la détérioration du pouvoir d’achat, du système éducatif et de la santé publique. Il a ajouté que cette situation est inacceptable et sera très prochainement résolue.  « La majorité des Tunisiens considèrent que les portes sont aujourd’hui fermées  et pensent que le pays est en paralysie totale » a-t-il affirmé. Et d’ajouter:’ Personne ne peut nier que la première solution aux yeux de nos jeunes est désormais l’immigration pour chercher d’autres horizons » a-t-il affirmé.

Il a par ailleurs affirmé que la Tunisie a aujourd’hui besoin des sacrifices pour pouvoir réaliser des triomphes. « La Tunisie ne pourra pas avancer vers la réussite en l’absence des sacrifices » a-t-il indiqué. Et d’ajouter: » la résolution de la situation nécessite un gouvernement puissant en mesure de faire des sacrifices, un parlement coopératif avec le gouvernement qui le contrôle et le soutient, des responsables politiques qui croient en l’Etat loin des calculs politiques, une administration, des employés et des hauts cadres compétents et neutres qui ne servent que l’intérêt public. »a-t-il lancé.

Elyes Fakhfakh a affirmé que les organisations nationales, les partis politiques et les investisseurs continueront à jouer pleinement leur rôle national pour remédier à la situation.

Par ailleurs, le chef du gouvernement désigné a indiqué que son gouvernement vient d’identifier les priorités les plus urgentes qui ne peuvent plus attendre.

« Nous allons nous pencher sur ces points dés l’octroi de la confiance du parlement et nous allons réaliser des pas importants dés la première année. Nous avons mis à l’ordre ces priorités selon leur degré d’importance et elles se répartissent ainsi;

  • La lutte contre le crime et les moyens d’esquiver la loi
  • la lutte contre la hausse des prix, les pratiques frauduleuses et la garantie des conditions d’une vie digne
  • fournir une bouffée d’oxygène à l’économie et protéger les PME
  • Démanteler le système de corruption et la mise en place d’une culture durable d’intégrité et lutter contrer les voies de détournement des fonds publics
  • Fournir les ressources financières nécessaires pour l’année 2020
  • Préserver la valeur de la monnaie nationale et lutter contre le taux d’inflation
  • Traiter le dossier du bassin minier et des phosphates
  • Traiter les dossiers en suspens ayant été à l’origine du calvaire vécu par certaines catégories sociales dont essentiellement les ouvriers, les enseignants, et les instituteurs suppléants. »

 

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