Passation de pouvoir : les grands chantiers qui attendent Elyes Fakhfakh

C’est ce vendredi 28 février 2020 que la passation de pouvoir entre le gouvernement sortant de Youssef Chahed et le gouvernement entrant d’Elyes Fakhfakh a eu lieu. Comme le veut la tradition, c’était lors d’une cérémonie organisée à Dar Dhiafa à Carthage.
C’était, également, l’occasion pour les deux Chefs de prononcer leurs discours respectifs. Voulant endosser le costume d’un Chef du gouvernement expérimenté, Youssef Chahed a appelé son successeur à tenir bon, surtout en ce qui concerne la lutte contre la corruption. « J’ai payé très cher lorsque l’on s’était engagé dans la guerre contre la corruption. Si vous poursuivez le combat [s’adressant à Elyes Fakhfakh], on ne vous laissera pas tranquille. On tentera de vous empêcher de travailler ! Mais tenez bon ! », a lancé Youssef Chahed.

Le Chef du gouvernement sortant a également assuré qu’il sera à la disposition de son successeur en cas de besoin, et ce pour la « moindre information ou le moindre renseignement », et d’ajouter : « j’ai écouté votre discours devant l’ARP (Assemblée des Représentants du Peuple). Je suis heureux d’effectuer la passation de pouvoir avec un Chef du gouvernement de ma génération, qui croit en la continuité de l’Etat ».

Les piques d’Elyes Fakhfakh à Ennahdha
De son côté, le nouveau Chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh, a choisi d’adresser des piques aux futurs détracteurs de son gouvernement. « Je ne suis pas venu ici pour quitter aussitôt. Je suis là pour rester », a-t-il lancé à ceux qui ont prédit la mort rapide de son gouvernement. Ce n’est pas sans rappeler les piques de Habib Essid, ancien Chef du gouvernement, qui, lors de son départ, s’était indirectement attaqué à Ennahdha qui serait à l’origine de son départ. Aujourd’hui, Elyes Fakhfakh s’adresse, certes, à ses détracteurs, mais surtout à Ennahdha qui a laissé entendre, par la voix de ses ténors, qu’elle mènera la vie dure au gouvernement une fois entré en fonction. « Je veux continuer à diriger le gouvernement. Ce n’est pas par amour pour le pouvoir, mais c’est parce que le pays est exténué à cause du changement fréquent des gouvernements. Il faut garantir la stabilité gouvernementale », a encore déclaré Elyes Fakhfakh.

La Tunisie a, plus que jamais, besoin de stabilité
Après la passation de pouvoir entre les Chefs du gouvernement, suivra celle qui sera opérée entre les ministres. Ainsi, le gouvernement Fakhfakh pourra officiellement entrer en fonction. Voilà qui met fin à près de 4 mois d’altercations, de tension et de combines déguisées en « interprétations de la Constitution ». Plus que jamais, la Tunisie a besoin de stabilité. Or, aujourd’hui, c’est d’une stabilité fragile dont on parle étant donné que des partis, comme Ennahdha, semblent avoir l’attention de mener la vie dure au gouvernement dans les prochains mois.
Ne jugeons pas l’action du gouvernement Fakhfakh trop vite. Compte tenu du vaste chantier que cette nouvelle équipe doit entamer. Nul doute que la tâche sera très difficile. Les priorités, nous les connaissons et on nous les a répétées à maintes reprises, à chaque discours : l’emploi, la santé, l’éducation, la sécurité… L’heure est à l’action. Laissons, plutôt, les chiffres et la réalité parler de l’action gouvernementale, et non les critiques destructives. La Tunisie mérite que l’on travaille pour elle.

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