L’APTBEF et l’UMAB incitent les institutions financières à s’impliquer dans des démarches RSE

L’Association Professionnelle Tunisienne des Banques et des Etablissements Financiers (APTBEF) et l’Union Mondiale des Banquiers Arabes (Organisation Sœur de l’Union des Banques Arabes) ont organisé les 20 et 21 février 2020 à Tunis un séminaire sur la RSE dans le secteur financier.
Dans son allocution d’ouverture, Mouna Saied, Déléguée Générale de l’APTBEF, a expliqué qu’il existe 10 principes de la RSE qui s’articulent autour de 4 axes à savoir : les droits de l’Homme, le droit international du travail, la protection de l’environnement et la lutte contre la corruption.  La Déléguée Générale a rappelé que l’APTBEF a signé depuis le 20 juin 2019 une convention de coopération avec le Pacte mondial des Nations-Unies pour se lancer dans une démarche RSE structurée et une feuille de route a été élaborée dont l’objectif étant d’accompagner les banques dans leur démarche RSE. Madame Saaied a ajouté que certaines banques n’ont pas tardé à exprimer leur souhait d’adhérer au Réseau Pacte mondial et que l’adhésion se fait de manière volontaire. L’implication des banques dans une démarche RSE structurée aura un effet étendu parce qu’à travers le secteur bancaire, il est possible de toucher et influencer d’autres institutions et même les clients.
Lors de son allocution,Ilhem Brini, représentante du Bureau du Coordonnateur Résident des Nations Unies en Tunisie, a expliqué « on constate qu’il y a vraiment trois enjeux majeurs si on cherche l’impact de la RSE sur la société, l’aspect reporting ou l’impact environnemental sur l’entreprise et sur son activité, le deuxième aspect portant sur l’image et la réputation et enfin l’harmonie sociale. La relation client-fournisseur a, certes un impact social mais aussi économique parce qu’elle permet de détecter les risques aux opportunités à long terme… ».
Sami Marrouki, président du réseau Pacte mondial Tunisie, a indiqué que l’application des 10 principes du Pacte mondial dépend aussi des Objectifs de développement durable (ODD).
En ce qui concerne la convention avec l’APTBEF, il a déclaré qu’un plan d’actions a été élaboré et sera bientôt mis en œuvre. La première action portera principalement sur la sensibilisation des premiers responsables des banques et des institutions financières. Ensuite, le réseau du Pacte mondial Tunisie accompagnera les banques adhérentes et engagées. Il a considéré dans le même contexte que le but de ce type d‘ateliers est de rapprocher les points de vue et de rapprocher les institutions afin de créer le maximum de synergies entre ce qui existe et le rôle des acteurs bancaires.
Dans son allocution lors de l’événement, Samira Belkadhi, responsable sociétal et environnemental et correspondant bailleurs de fonds de la BTK Tunis, a affirmé que la RSE n’est plus un choix pour les Banques Tunisiennes.
L’engagement RSE doit se faire au plus niveau de la hiérarchie de la Banque vu la transversalité de cette notion qui va aussi lui garantir la réussite une fois la démarche est mise en place.
Pour Belkadhi la RSE est avant tout une question d’éthique, de responsabilité envers la planète, les générations futures et de la société.  Elle affirme que la BTK a Intégré le critère de risque environnemental et sociétal dans la procédure d’octroi des crédits et concernant la démarche RSE une priorisation sur les axes d’intervention pour 2020 est en cours de réflexion.
Imen Ghariani, chef de département risque opérationnel et RSE au sein de l’Amen Bank a exposé la politique RSE adoptée par sa Banque et qui s’articule autour de quatre axes à savoir l’engagement environnemental et social par la mise en place d’un système de gestion environnemental et social, l’engagement envers les parties prenantes, l’engagement éthique et pratiques royales et l’engagement civique. Dans le cadre de l’engagement environnemental Walid Denguezli représentant d’Amen Bank a mis l’accent sur les différents risques environnementaux liés aux projets objet d’un financement.
Dr. Amine Mcharek, expert auprès de l’Organisation Aarabe des TICs (AICTO) a introduit le rôle des technologies digitales telles que le Big Data, Cloud computing, Intelligence Artificielle dans l’implémentation des stratégies RSE ainsi que des expériences de l’utilisation du Blockchain pour la microfinance au Brésil et au Nepal et des technologies mobiles pour l’inclusion financière. Il a aussi insisté sur l’importance d’établir une approche pour intégrer les technologies de digital Currency et Digital Fiat Currency, il a rappelé que le 3eme laboratoire au monde est établi par l’AICTO en Tunisie avant d’avancer le travail sur cette technologie. A la fin de son exposé, Dr. Mcharek a proposé un mapping des stratégies RSE avec les ODDs avec des exemples pratiques de KPIs.
Youssef Bechaouch, Chef du Département RSE et Solidarité Numérique chez Orange Tunisie, a présenté quant à lui la stratégie RSE de l’opérateur initiée dès 2012, avec l’adhésion au Pacte Mondial des Nations Unies. Il s’est en effet focalisé sur 3 initiatives d’inclusion (par le) numérique. D’abord Orange Digital Center, qui est un dispositif de soutien aux jeunes et aux startups, avec l’école du code et incubateur technologique, Orange Developer Center, le FabLab solidaire, EL FabSpace Lac, atelier de fabrication numérique et l’accélérateur de startups, Orange Fab Tunisie. Puis les écoles numériques, un programme lancé en partenariat avec le Ministère de l’éducation, qui permet grâce à une solution ludo-éducative technologique de faire cours autrement, dans plus d’une centaine d’écoles primaires sur tout le territoire et enfin le programme des Maisons Digitales pour appuyer l’autonomisation socioéconomique des femmes notamment rurales, avec des partenaires de la société civile, en les formant par et sur le numérique.
Pour sa part, khaoula Hanchi Chaabane, Responsable service efficacité opérationnelle et projets RSE à Banque Zitouna a présenté l’expérience de la Banque en matière de mise en place de la démarche RSE. Selon Mme Chaabane, la stratégie RSE doit être fondée sur la base de la matrice de matérialité qui reflète la pertinence des enjeux de la Banque et des parties prenantes. Elle a doit se baser sur une approche d’amélioration continue, participative et structurée. Les facteurs clés de succès pour réussir une démarche RSE impliquent notamment, l’engagement de la Direction générale, l’implication des collaborateurs, la construction d’un business model durable et la prise d’engagements publics sur le corps du business. Elle a annoncé, le lancement d’une plateforme d’appel à projets associatifs (www.kiyam.tn) permettant de faciliter la sélection des projets citoyens à subventionner et favorisant ainsi le renforcement de l’impact sur la société.

Lors de son intervention, Adel Bouguerra, responsable de la Direction Marketing et expérience client, Pôle Commercial de la BNA BANK, a expliqué que même si aujourd’hui le nom de la banque est associé au secteur agricole, nombreux sont les secteurs, sous-secteurs, branches d’activités et autres niches qui ont bénéficié de l’apport financier et souvent technique de la BNA. Cette démarche qui s’inscrit dans l’ADN de notre institution a révélé un esprit citoyen et responsable de la banque vis-à-vis des générations futures et des zones défavorisées.
La BNA, à l’instar des banques citoyennes de par le monde, a eu le plaisir d’annoncer et de partager, en 2017, avec la place de Tunis un moment historique ayant trait à l’arrivée d’un nouveau-né dans le paysage de la responsabilité sociétale : La FONDATION BNA ; créée pour soutenir, essentiellement mais pas exclusivement, des projets favorisant l’Education, la Culture, la protection de l’environnement, la Solidarité, l’Entrepreneuriat, le Développement Régional, les Valeurs de l’Olympisme et du Sport.
« Notre objectif est de relever ce grand défi que nous lançons ensemble au profit de notre pays : Perpétuer la consonance historiquement sociétale de la BNA », a-t-il déclaré.
Le représentant du Ministère des Affaires Locales et de l’Environnement, Chokri MEZGHANI, a présenté les cadres stratégiques de la feuille de route nationale pour la transition vers une économie verte et inclusive. Parmi les stratégies élaborées en relation avec le Développement Durable depuis la tenue du sommet de la Terre Rio+20 en 2012 jusqu’à présent, M. MEZGHANI a passé en revue la stratégie nationale sur le changement climatique (2012), la stratégie nationale du développement durable (2014), la stratégie nationale de l’économie verte (2016), la stratégie nationale sur les modes de consommation et de production durables (2017) et enfin la stratégie nationale de la responsabilité sociétale des entreprises et des organisations (2018).
Il a également exposé les engagements de la Tunisie à l’échelle internationale notamment l’agenda de développement des Nations Unies 2016-2030 avec ses 17 objectifs de développement durable, ses 169 cibles et ses 232 indicateurs, ainsi que l’accord de Paris sur le climat de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

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