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L’Iran réplique aux États-Unis en attaquant deux bases militaires en Irak

L’Iran a répliqué à l’assassinat de l’un de ses généraux en tirant une dizaine de missiles balistiques sol-sol, mercredi matin heure locale, sur deux bases aériennes en Irak où sont stationnés des soldats américains.
Le régime iranien a immédiatement mis en garde les États-Unis de ne pas répliquer à nouveau.
«Nous mettons en garde tous les alliés des États-Unis, qui accueillent son armée de terroristes, que tout territoire à partir duquel une agression serait lancée contre l’Iran sera ciblé», ont prévenu les Gardiens de la révolution dans un message transmis à l’agence d’information de l’État. Ils ont également menacé Israël.
Le gouvernement américain a confirmé les deux attaques survenues à la base aérienne Al-Assad, en Irak, et à la base d’Erbil, dans la région semi-autonome du Kurdistan irakien. Aucune information n’a encore été dévoilée concernant de possibles victimes.
Quelques heures après les tirs de missiles, le ministre des Affaires étrangères de l’Iran, Mohammad Javad Zarif, a qualifié la réplique de «mesure proportionnée de légitime défense». Sur Twitter, il a également déclaré que son pays «ne cherche pas l’escalade ou la guerre», mais qu’il allait «se défendre contre toute agression».
Utilisant lui aussi Twitter pour s’exprimer, le président des États-Unis, Donald Trump, a écrit que «tout va bien». «Nous avons les militaires les plus puissants et les mieux équipés partout dans le monde, de loin! Je ferai une déclaration demain matin», a-t-il ajouté.
Environ 1500 soldats américains et de pays alliés seraient actuellement mobilisés à la base aérienne Al-Assad. Parmi eux, se trouvent environ 70 militaires norvégiens et aucun n’a été blessé, a confirmé à l’Associated Press le porte-parole des forces norvégiennes, Brynjar Stordal.
C’est la télévision d’État en Iran qui a rapporté la nouvelle en premier, précisant que ces tirs feraient partie d’une opération de représailles en réaction à l’assassinat, par le gouvernement américain, du général iranien Qassem Soleymani. Il a été tué dans une attaque de drone menée vendredi dernier à Bagdad.
Le nouveau chef des Gardiens de la révolution, Hossein Salami a promis de venger la mort du général Soleymani.
Il n’a pas été possible pour le moment d’obtenir de commentaires des Forces américaines. La porte-parole de la Maison-Blanche, Stephanie Grisham a confirmé que le gouvernement était au courant.
«Le président a été informé, et il surveille la situation de près en concertation avec son équipe de sécurité nationale», a-t-elle déclaré.
La base aérienne Al-Assad est située dans la province d’Al-Anbar, dans l’ouest de l’Irak. Elle a été utilisée une première fois par l’armée américaine au moment de l’invasion de 2003 qui visait à renverser le régime de Saddam Hussein. Les troupes y sont ensuite revenues pour combattre les militants de Daech (le groupe armé État islamique) en Irak et en Syrie.
D’après la télévision d’État iranienne, l’opération nommée «Martyr Soleymani» a été lancée par la division aérospatiale des Gardiens de la révolution. Cette division est celle qui contrôle le programme balistique iranien.
L’assassinat du général Soleymani et la réplique de tirs balistiques par l’Iran représentent la première confrontation directe de l’époque récente entre Washington et Téhéran. Les deux États se sont souvent défiés par alliés interposés dans la région du Moyen-Orient.
Ces incidents rapprochent les deux pays du déclenchement d’un conflit armé. Les États-Unis et l’Iran sont ennemis depuis les jours qui ont suivi la Révolution islamique iranienne de 1979.
Plus tôt mardi 7 octobre, une bousculade durant la procession funèbre en mémoire du général des Gardiens de la révolution a entraîné la mort d’au moins 56 personnes, en plus d’en blesser environ 200 autres, d’après la télévision officielle iranienne.
La bousculade s’est produite à Kerman, la ville natale du général Qassem Soleymani, a déclaré le chef des services médicaux d’urgence, Pirhossein Koulivand.
La procession funèbre de lundi à Téhéran, la capitale, avait rassemblé des millions de personnes, selon la police iranienne.
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