Le Liban se dote d’un nouveau gouvernement après des semaines de crise

Après des semaines d’incertitude, le Liban s’est doté mardi 21 janvier d’un nouveau gouvernement, dirigé par Hassan Diab.
Le nouveau premier ministre a promis que son gouvernement ferait tout son possible pour répondre aux revendications du mouvement de contestation qui agite le pays depuis plus de trois mois et réclame une refonte du système politique. « C’est un gouvernement qui exprime les aspirations des manifestants dans tout le pays, mobilisés depuis plus de trois mois, qui travaillera à répondre à leurs revendications : indépendance de la justice, recouvrement des fonds détournés, lutte contre l’enrichissement illégal », a-t-il déclaré peu après l’annonce de la formation de son cabinet.
Ce professeur d’ingénierie et ancien ministre de l’éducation, âgé de 60 ans et peu connu du grand public, a été désigné le 19 décembre, mais le Hezbollah et ses alliés politiques n’avaient jusqu’à présent pas réussi à s’entendre sur l’attribution des ministères.
Le nouveau cabinet comprend vingt ministres, dont l’économiste Ghazi Wazni, nommé aux finances, et Nassif Hitti, ex-ambassadeur auprès de la Ligue arabe, qui occupera le ministère des affaires étrangères. Le Courant du futur, le mouvement de Saad Hariri, n’est pas représenté dans ce gouvernement, pas plus que les Forces libanaises (chrétiennes) ni le Parti socialiste progressiste, dirigé par le druze Walid Joumblatt.
Affrontements dans le centre de Beyrouth
Le Liban est en proie à l’une des pires crises socio-économiques et financières depuis la fin de la guerre civile (1975-1990). Le pays vit depuis le 17 octobre au rythme d’un mouvement de contestation inédit contre l’ensemble de la classe dirigeante, accusée de corruption et d’incompétence, ayant entraîné la démission, le 29 octobre, du gouvernement de Saad Hariri.
Mais la contestation n’a pas faibli, et plus de trois cents personnes ont été blessées dans des affrontements entre manifestants et forces de sécurité qui ont embrasé le centre de Beyrouth dans la nuit de samedi à dimanche.
La chute de la livre libanaise et l’encadrement des retraits bancaires, conjugués à une forte inflation et à la progression du chômage, pèsent sur la vie quotidienne des Libanais.
Les manifestants exigeaient que le gouvernement comporte davantage d’experts que de politiciens, mais les partis se sont employés à maintenir leur influence. La communauté internationale a conditionné toute nouvelle aide financière à la formation d’un cabinet réformateur. Mais le rôle déterminant du Hezbollah, inscrit sur la liste des organisations terroristes par les Etats-Unis, pourrait dissuader certains pays.
(D’après Le Monde)
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