Ben Salem: « J’en veux à Ksiksi parce qu’elle s’adressait à des gens écervelés et qui ne croient pas à la démocratie ! »

Commentant le dernier litige à l’assemblée des représentants du peuple Jamila Ksiksi-Abir Moussi, le dirigeant d’Ennahdha Mohamed Ben Salem a déclaré mardi sur le plateau de Politica, à radio Jawhara FM: « J’en veux un peu à Ksiksi, tout simplement parce qu’on reproche quelque chose quand on s’adresse à des gens sensés. Or, Ksiksi s’est adressée à des gens écervelés, qui sont habitués à dire des choses insensées et qui ne croient pas à la démocratie« , a-t-il insisté.
Prié d’exprimer son opinion à propos de ce qui se passe actuellement au parlement, il a vivement regretté les incidents des derniers jours.
« Nous n’aurions pas aimé que l’assemblée des représentants du peuple parte d’un aussi mauvais pied, mais c’est la démocratie, a-til observé. Avant nous, il y a eu des gens comme Ahmed Mestiri, des gauchistes et des gens d’Ennahdha qui ont défendu la démocratie. Il y a sans doute des Etats dans la région qui n’aiment pas que l’expérience démocratique tunisienne réussisse, et qui mettent de l’argent pour parvenir à leurs fins. Je suis favorable à l’application de la loi pour protéger la démocratie« .
En ce qui concerne les partenaires de son parti en cette phase de formation du gouvernement, Ben Salem a relevé « qu’Ennahdha a besoin du Courant démocratique, d’Echaâb, de Tahya Tounes et de la coalition El Karama parce qu’elle doit compter sur une large majorité« .
* »Jemli refusait de toucher son salaire »
 Le dirigeant d’Ennahdha a par ailleurs évoqué la personnalité du chef du gouvernement désigné Habib Jemli.

« J’ai fait la connaissance de Jemli lorsque j’étais ministre de l’Agriculture, il venait alors d’être proposé au poste de secrétaire d’Etat au même ministère, mais ce n’était pas moi qui l’ai proposé. En ce temps-là, j’ai découvert un homme équilibré qui sait vous écouter attentivement. Il n’y a eu aucun problème entre nous deux tout le long des deux années où il occupa ce poste. C’était un bosseur qui passait des heures et des heures au travail sans répit, parfois même 14 heures par jour. J’ai été vraiment surpris de découvrir qu’il refusait de percevoir son salaire durant la première année où il travailla au ministère. Il expliquait son attitude par le fait qu’il n’avait pas besoin des trois mille dinars, montant de son salaire, et que tout ce qui l’intéressait consistait à servir l’Etat. Par la suite, on a trouvé un accord afin que son salaire soit versé à la trésorerie générale. Comme homme d’Etat, je garde d’excellentes impressions sur lui. Lorsque le conseil de la Choura d’Ennahdha proposa le nom de Jemli pour composer le gouvernement, j’ai voté pour lui parmi la dizaine de noms proposés. Il y a eu des tentatives pour imposer d’autres noms pour ces fonctions. Mais, finalement, la décision finale a été en sa faveur. Il y a eu une tentative au sein de la direction d’Ennahdha pour changer le choix de Jemli au dernier moment, et pour opter pour le troisième sur la liste« .
* »Peur de voir arriver à Ennahdha ce qui était arrivé à Nidaa Tounes »
Répondant à une question touchant à la nomination de Habib Khedher chef de cabinet de Rached Ghannouchi, il a dit: « Je ne suis pas au courant que Habib Khedher appartient à la famille de Ghannouchi. D’ailleurs, les appartenances familiales sont une catastrophe. Si cela arrivait à Ennahdha, ce serait très grave, et il faudrait alors s’y opposer. Nous avons raté des occasions de développer notre parti. Il faut s’opposer aux maladies qui risquent de l’affaiblir. J’ai réellement peur de voir arriver à Ennahdha ce qui était arriver à Nidaâ Tounes« .
Ben Salem a conclu en évoquant son avenir: « Je préfère entrer actuellement dans une pré-retraite. Il ne s’agit pas de démissionner d’Ennahdha qui doit donner l’exemple en terme de démocratie et de respect de la loi. Ce qui s’est passé à propos des candidatures à la députation à l’ARP ne doit plus se répéter au sein de notre Mouvement« .
H.A.
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