Les avocats interdits de collaborer aux médias

Me Mohamed El Hadfi, président de la cellule régionale des avocats de Tunis a déclaré mardi 12 novembre à radio Cap FM que l’action de son instance vise à organiser la participation périodique des avocats aux émissions de télévision et de radio de quelque nature que ce soit afin de respecter les textes de loi, et qu’il n’ y a pas d’interdiction absolue alors que le pays compte près de huit mille avocats.
« Chaque soir, on voit à la télé un plateau dont la moitié des participants sont des avocats qui participent en tant qu’animateur, ou chroniqueur. A la radio, c’est pareil. Le phénomène est devenu inquiétant. Même les hommes du métier, les journalistes eux-mêmes ont exprimé leur mécontentement. Sans parler des juges. Depuis septembre dernier, on a donné aux avocats concernés à choisir entre exercer leur métier, ou continuer à apparaître dans les médias. Il s’agit d’avocats animateurs liés par des contrats de travail, ce qui leur fait perdre leur indépendance. Cela n’a rien à voir avec la liberté d’expression. Les articles 1 et 23 de la loi 2011 organisant notre métier stipulent que les avocats ne peuvent pas cumuler leur métier avec d’autres. Il ajoute que les émissions auxquelles les avocats n’ont pas le droit de participer de façon fixe sont de toutes natures: politique, culturelle, sportive… Le métier d’avocat doit assurer l’indépendance, la professionnalisation du barreau et la probité, et c’est sur la base de ces trois exigences qu’on nous a élus à la cellule régionale de Tunis le 14 juillet 2019. Nous avons en fait rétabli une situation normale avec le consentement des 17 avocats concernés« .
Me El Hadfi précise qu’à la cellule de Tunis sont inscrits 4700 avocats.
« Nous sommes tenus de contrôler et de protéger le barreau et ses hommes de l’intérieur et de l’extérieur. Notre action touche directement les avocats de notre cellule. Depuis le 8 novembre, les 17 avocats concernés par ce cumul nous ont livré un engagement de ne plus faire des apparitions dans les médias. Nous les suivons de près« , souligne Me El Hadfi.
H.A.
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