Présidentielle anticipée : second tour en sursis ?

Le ciel de la présidentielle anticipée, au démarrage de la campagne pour le deuxième tour, s’assombrit de plus en plus et les bruits qu’on entend ça et là ne sont pas réconfortants et encore moins encourageants.
Comme c’était le cas pour le premier tour, le processus se poursuit en l’absence du second candidat à ce tour final sur le chemin de Carthage, ce lieu rendu par ses différents et successifs locataires, plus qu’un symbole de la souveraineté nationale, un centre de pouvoir. Même si, il faut le reconnaître, Ennahdha a fait en sorte que ce pouvoir soit transféré ailleurs, entre le Bardo et à un degré moindre la Kasbah.
Et c’est , en fait, tout l’enjeu de cette élection et son impact sur les législatives qui alimentent les craintes des partis politiques, balayés par l’électorat le 15 septembre dernier.
Aujourd’hui, de nouvelles appréhensions voient le jour surtout après le rejet par la Cour d’appel de Tunis de la demande de libération du candidat au second tour de la présidentielle, Nabil Karoui. Ce qui n’a pas manqué d’alimenter encore plus la controverse juridique et constitutionnelle et les choses risquent de se compliquer encore plus au cas où NK gagnait les élections.
Parmi ces appréhensions, l’on commence à craindre l’annulation pure et simple du deuxième tour, vu que la justice refuse toujours de se prononcer sur le cas Karoui,  ou encore par le fait d’un recours de ce dernier pour absence d’équité et d’égalité des chances avec son adversaire.
Fait marquant et qui alimente encore plus les suspicions, l’annonce dans les prochaines heures d’une déclaration du chargé des fonctions de président de la république, Mohamed Ennaceur, à l’adresse des tunisiens pour annoncer un éventuel prolongement de l’intérim. Cette déclaration survient après une rencontre d’Ennaceur avec nombre de constitutionnalistes et de personnalités. La conclusion tirée est que l’on se prépare au report de ce deuxième tour sinon son annulation.
Autre indice, c’est l’intense activité et la multitude de rencontres de haut niveau qui ont meublé ces deux derniers jours. En effet toutes les organisations nationales ont été sollicitées par la présidence de la république qui n’a pas caché son inquiétude de la situation qui prévaut actuellement née de l’affaire Karoui.
Sans oublier les rencontres du candidat Saïed avec le secrétaire général de la centrale syndicale et les membres du BE de l’UTICA. Rencontres médiatisées laconiquement alors que leur contenu est d’une importance majeure pour la suite du processus électoral.
Plus encore, des fuites font part de contacts entre KS et des représentants de l’exécutif. Tout cela verse dans le sens que quelque chose se trame pour trouver une issue à l’impasse constitutionnelle et juridique dans laquelle s’est embourbé le processus électoral de la présidentielle anticipée.
Si une décision difficile devrait être prise, il faudra qu’elle soit collégiale, le résultat d’une large consultation.
Ce qui semble se faire à travers les consultations qui se déroulent actuellement

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